UNE FORME D’HUMANITE
Le glissement de plume d’un journaliste de la place, décrivant le travail de Claude Viallat, affirmait la « figuration résolument antropomorphe» des formes organisées avec obstination depuis l’Eté 1966: votre étonnement sera complet à la visite des expositions !
En effet, la forme « quelconque» , que le hasard offrit à Claude un jour et qui fait depuis 40 ans la structure de son travail, ne peut évoquer à quiconque une forme humaine (ni animale d’ailleurs); et ceci a son importance ici au Mali où l’Islam a posé aux artistes des règles aussi exigeantes que celles que Claude s’impose chaque jour.
Aucune figuration d’être vivant, et aucune forme végétale non plus dans le travail présenté à Bamako par Claude Viallat..
Simplement le jeu des vides et des pleins, le rythme des couleurs: une liberté offerte au regard, construite chaque jour au sol de l’atelier de Nîmes par une démarche décidée continue. On parle de Matisse (à cause des papiers découpés de ce très grand artiste) et Claude ne rejette certes pas la familiarité avec celui-la. Mais on pourrait aussi évoquer les volutes répétées à l’infini de telle frise grecque, égyptienne ou mozarabe, ou aussi les caissons tracés un à un aux plafonds des palais Mudejar: familiarité des travaux de la main, rigueurs acceptées de l’artisan et de l’artiste.
Celui qui cherche à se reconnaitre à tout prix dans l’oeuvre d’art qu’on pose à son regard est ici poussé à l’intime, à l’intimité de la peinture et de l’humanité: du courage…
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