Articles avec le tag ‘or’

ALERTE MERCURE AU MANDE: MOBILISATION EFFICACE.

Mardi 13 mars 2012

Une sérieuse mobilisation a immédiatement suivi l’alerte « Comme le serpent…»  que nous lancions fin Novembre pour un contrôle strict de l’extraction de l’or dans la fleuve Niger au Mandé: il fallait stopper tout de suite l’utilisation massive du mercure.
Nous avons relaté les interventions au fur et à mesure, qui témoignaient d’une réelle volonté d’agir, tant au niveau de la population et des autorités traditionnelles qu’à celui des autorités de l’Etat Malien représenté par le Préfet Diabate dans le Cercle de Kangaba.

Une récente visite sur place nous a permis de confirmer la rapide modification des systèmes de production: les dragues utilisant le mercure font maintenant appel à des groupes de femmes (notamment dans la population somono du fleuve) pour laver le sable et trier l’or en paillettes « à la battée»  sans mercure.
Donc du travail pour la population, sans danger de pollution massive.

Le Préfet Diabaté est très actif sur ce problème: il va réunir à Kangaba, avec l’aide des maires et des chefs de village de la zone tous les propriétaires exploitants de dragues, pour une information sur les dangers du mercure, la réglementation de l’exploitation de l’or par dragage du fleuve et les contrôles et sanctions qui seront mis en place par les autorités.
Nul doute que les différents ministères concernés soient associés à cette action.

Merci à chacun d’avoir agi fort au Mandé et de persévérer attentivement pour le futur des enfants.
On peut espérer maintenant.

KelaMichel

ALERTE NIGER: Une catastrophe pour le Périmètre de Cultures Irriguées de Kangaba?

Vendredi 23 décembre 2011

Créé et développé depuis quelques années au bord du Fleuve, à proximité immédiate de Kangaba, un important périmètre de culture irriguée sur plusieurs dizaines d’hectares a mobilisé les investisseurs privés avec l’assistance des services publics du Cercle de Kangaba et de l’Etat malien.

La dynamique créée par cet important investissement est évidente, et confortée par l’ouverture cette année de la route bitumée Kangaba-Bamako qui va faciliter l’acheminement des produits agricoles de la zone vers la Capitale et au-delà.

Les risques de pollution massive et de contamination par pollution du Fleuve peuvent compromettre les développements et l’existence même de ce programme (difficulté à vendre des produits agricoles suspects de contamination, interdiction à la vente…) et ruiner les importants investissements publics et privés engagés sur le Périmètre.
De réels espoirs sont ainsi menacés, tant au plan économique qu’au plan humain…

Les initiateurs et les exploitants de ce Périmètre Irrigué de Kangaba sont directement concernés par les graves questions que pose l’exploitation massive des sables aurifères du Haut-Niger.

On nous annonce pourtant (janvier 2012) que ces mêmes investisseurs célébrés sont aussi les premiers investisseurs des sables aurifères du Joliba: alors, peut-on se couper soi-même les jambes, et porter la mort autour de soi en finançant de nombreuses machines au nom de l’Or?

A chacun de faire tout le possible pour éviter d’être frappé par la catastrophe lucidement engagée par l’avidité de quelques fous.

KelaMichel

Comme le Serpent …

Mardi 15 novembre 2011

K.K.

CE TEXTE A ETE INTEGRALEMENT PUBLIE, DEBUT DECEMBRE, PAR MALI HEBDO.

Au pays de Koyouman Konate…

Le fleuve Niger est le sang du Mandé, du Mali et d’une grande partie de l’Afrique de l’Ouest, ainsi proclamé par ceux qui sont nés là et par de nombreuses conférences « internationales»  rutilantes de bonne volonté.
On étudie donc à grands frais le problème d’une pollution de l’Eau qui fait vivre: les eaux de lessive de Bamako ou la prolifération des sacs plastiques qui étouffent les caïmans sous les yeux des bailleurs de fonds sont ainsi courageusement dénoncées…

Autour de notre village, là où le Niger s’appelle Joliba, on connait depuis toujours l’Eau du Fleuve comme un véritable médicament à puiser librement par bidons entiers pour soigner les femmes enceintes et les bébés et tenter de prolonger encore un peu la vie des vieillards qu’on respecte. Certains ont pourtant remarqué que des étrangers qui travaillent sur le fleuve depuis cette année, font venir de loin à grands frais l’eau de forage qu’ils boivent: surtout pas une goutte d’eau du Joliba, pourquoi?

Peut-être parce que depuis le début de l’année 2011, le serpent continu de leurs dragues puissantes(plus de 4O engins mécanisés) est venu au Mandé, qui creuse le lit du Fleuve de la frontière de Guinée (Joulafondo) à Bancoumana 60 kms en aval: on exploite l’or, on pollue le Fleuve au mercure.
Un groupe coréen a lancé le premier 5 grosses dragues à proximité de Kangaba, les autres ont suivi discrètement…
L’eau du Fleuve doit-elle donc devenir un poison silencieux pour les poissons, les plantes, les animaux et les habitants du Mandé?
Non, la vénération du Serpent ni celle de l’or ne doivent mener ainsi l’homme à sa Mort.

Certains « informent»  sans rire qu’il s’agit seulement de nettoyer le lit trop ensablé du Fleuve, d’autres indiquent que c’est « le bruit des moteurs»  qui a fait fuir les poissons et les pêcheurs-bozzos ( cette année ils ont quitté la zone avec près de 2 mois d’avance ) d’autres encore, à propos de lavage au mercure des sables aurifères, croient pouvoir affirmer que les produits employés par le Grand Serpent sur le Fleuve n’ont rien de commun avec ce poison et ne présentent aucun danger…

Bonnes nouvelles, car sinon la contamination proliférante va pourrir tout le pays.

Est-il vraiment utile, pour l’Histoire, de savoir si le Grand Serpent Amoureux des dragues du Mandé est le fils du Bida du Wagadu ou plus probablement l’avatar africain du serpent Khâ de Rudyard Kipling qui entraine en silence ses proies dans un sommeil fatal?

Nous, nous ne savons rien. Inviter quelques uns des nouveaux bateliers de l’or à un festin de poissons pêchés tout près de leur engin permettrait peut-être d’interprèter une abstinence trop argumentée?

Mais c’est d’abord l’affaire des savants (en Français « ceux qui savent» ) du Mali et du monde entier de connaitre…
C’est aussi l’affaire aussi des ONG et de leurs prochains colloques de nous parler.
Les « chefs de terre» , les somonos et les notables, l’association N’ko et la presse multimedia sont informés…

Pour le droit de chacun des enfants , et de ses descendants pour 1000 ans, de vivre en sûreté au bord de son Fleuve, au Mandé..

Donsoko, il est temps.+

KelaMichel

+Depuis sa publication, la thématique de ce article a été constamment reprise dans plusieurs colloqueset sur le Net.