Articles avec le tag ‘mercure’

Vocabulaire: Hop ! Un « flacon»  de mercure…

Lundi 13 février 2012

Allez! A la bonne vôtre…
Qu’importe le flacon, pourvu qu’on aie l’ivresse: un coup de « flacon»  et hop!
Stop ne plaisantons pas, car « on ne blague pas»  avec le mercure.

Nous avons déjà disserté ici sur les torsions vocabulaires du Français d’Afrique qui, en enrichissant peu à peu cette langue, doivent inciter à une alerte constante le visiteur francophone au Mali.
Cette fantasia vocabulaire n’est pourtant pas le seul fait des joyeuses initiatives du continent: ainsi à propos du mercure dont les dangers pour les populations du Mandé ont provoqué notre alerte récente « Comme le serpent…» .

L’Espagne est leader mondial de l’industrie et du commerce de mercure.

En documentant cet aspect, nous apprenons que les fûts de plus de 35 kgs qui conditionnent ce terrifiant métal et permettent sa diffusion jusqu’au Mandé sont spécifiquement baptisés « flacons»  par les francophones.

Suivant le Petit Larousse, un flacon est pourtant une petite bouteille qui contient une petite quantité d’un produit (poudre ou liquide, ou comprimés pharmaceutiques, ou alcool bien sûr) et on peut s’étonner qu’un container de 35 kgs de produit dangereux soit ainsi benoîtement baptisé « flacon» .
Ainsi un document de transit, de commerce ou d’importation décrivant une charge de 100 flacons de mercure évoquera-t-il un simple carton à main pour le public alors qu’il annonce 3,5 tonnes d’un produit dangereux réglementé.

Cette forme d’invention vocabulaire est-elle vraiment innocente? En tous cas, la « blague»  ne peut vraiment faire rire que ceux qui vivent très loin du Haut-Niger, très loin du Mandé et des dragues criminelles que nous dénonçons.

Ou bien, quelques « flacons»  de plus ou de moins ?…Quelques vies de plus ou de moins.
Sans grande importance n’est-ce-pas?

KelaMichel

Mandenkaw ka sebe mara yoro: la bibliothèque tam-tam…

Lundi 30 janvier 2012

On peut s’étonner que le livre semble souvent très loin des articles que nous publions ici: chacun des sujets simplement évoqués est pourtant un bébé de la Bibliothèque du Mandé à Kela.

Car une bibliothèque, partout, est une porte ouverte sur la vie, toujours bien au-delà des images traditionnelles de Culture et de Connaissance.
Le vrai nom de la Bibliothèque du Mandé est malinké, et on dit MANDENKAW KA SEBE MARA YORO.
Cette simple affirmation, et la décision originelle de faire de cette bibliothèque un medium pour dire et écouter le Mandé, posent clairement la démarche engagée depuis l’an 2000.

Les livres sont à Kela, venus de partout et qui traitent des sujets les plus divers dans toutes les langues.
Kela est au centre du Mandé depuis plus de 1000 ans sans doute et les griots ont porté leur connaissance du Mandé et de son Histoire très loin. Leur place est donc au centre du jeu, pour les récits du passé comme pour ce qui fabrique chaque jour l’Histoire de demain.
La bibliothèque est là pour appuyer cette fonction sociale essentielle, sans aucune fausse pudeur mais toujours dans le respect des hommes et des enfants qui sont nés là.

Ainsi, peu à peu, malinké de loin, on approche KELAMALI.COM depuis les USA, le CANADA, l’EUROPE ou la CHINE, pour connaitre plus vite les nouvelles du village, obtenir un contact perdu avec la famille au Mandé, agir si possible: un KEITA du Canada appuya ainsi fortement, à sa manière très efficace, l’action que nous avons engagée fin Novembre pour chasser le MERCURE mortel de notre Fleuve…

Loin de nous, quelquefois JELIMANGO, l’idée de prendre une place ou de déranger l’ordre qui fait la force du Mandé.

Notre TAM-TAM (disons TABALE) est simplement au service de tous.

KelaMichel

AU SECOURS DU JOLIBA: MERCI.

Lundi 23 janvier 2012

Tout bouge très vite désormais, autour de notre alerte sur la pollution au mercure du Joliba.

1. On a vu 3 dragues démontées quitter le fleuve et le Mandé.
2. Mr KEITA de Kangaba, qui va y créer un Lycée, vit au Canada depuis 3O ans: informé, il a fait le voyage au Mandé et s’est fait accompagner de techniciens des Ministères à son passage à Bamako (photos, analyses de l’eau, visite au fleuve…): il a parlé à sa famille, aux mansarens et aux notables avec beaucoup de force, contre la mécanique de mort du mercure des dragues et convaincu les « grandes personnes»  d’agir très vite.
3. Le Gouvernement du Mali a missionné une équipe du Ministère des Finances pour contrôle général très pointilleux des exploitants de dragues sur le fleuve dans le Cercle de Kangaba. D’autres Ministères doivent probablement intervenir bientôt.

Nul doute que le Commandant DIABATE, Préfet du Cercle de Kangaba, soit un peu à l’initiative de certaines de ces actions qui peuvent éloigner définitivement la menace.
Merci donc, Monsieur le Préfet, et merci à chacun de ceux qui ont fait à leur mesure…

Nous devons préciser que toutes les dragues en activité n’utilisent pas le mercure: beaucoup d’exploitants malinkés utilisent leur drague à la manière de celle qui exploitait naguère devant Selin: le sable extrait par les godets est lavé « à la battée»  par des équipes de femmes ou de peuls (4 ou 5 personnes par drague) comme on exploitait l’or du Bouren depuis bien avant Sunjata… et sans aucun autre danger pour le pays que celui de la violence cupide.

On nous informe par ailleurs que le « serpent de dragues»  que nous avons dénoncé ne connait pas de frontière: en Guinée, en amont de Julafundo, de nombreuses dragues sont en place aussi: les contrôles nationaux et internationaux installés dans le cadre juridique du PARC NATIONAL DE GUINEE vont certainement veiller à bon ordre chez nos cousins malinkés du Joliba guinéen.
Car le Niger est un seul Fleuve, de la Guinée à son delta tristement célèbre du Nigeria.

KelaMichel

Comme le Serpent …

Mardi 15 novembre 2011

K.K.

CE TEXTE A ETE INTEGRALEMENT PUBLIE, DEBUT DECEMBRE, PAR MALI HEBDO.

Au pays de Koyouman Konate…

Le fleuve Niger est le sang du Mandé, du Mali et d’une grande partie de l’Afrique de l’Ouest, ainsi proclamé par ceux qui sont nés là et par de nombreuses conférences « internationales»  rutilantes de bonne volonté.
On étudie donc à grands frais le problème d’une pollution de l’Eau qui fait vivre: les eaux de lessive de Bamako ou la prolifération des sacs plastiques qui étouffent les caïmans sous les yeux des bailleurs de fonds sont ainsi courageusement dénoncées…

Autour de notre village, là où le Niger s’appelle Joliba, on connait depuis toujours l’Eau du Fleuve comme un véritable médicament à puiser librement par bidons entiers pour soigner les femmes enceintes et les bébés et tenter de prolonger encore un peu la vie des vieillards qu’on respecte. Certains ont pourtant remarqué que des étrangers qui travaillent sur le fleuve depuis cette année, font venir de loin à grands frais l’eau de forage qu’ils boivent: surtout pas une goutte d’eau du Joliba, pourquoi?

Peut-être parce que depuis le début de l’année 2011, le serpent continu de leurs dragues puissantes(plus de 4O engins mécanisés) est venu au Mandé, qui creuse le lit du Fleuve de la frontière de Guinée (Joulafondo) à Bancoumana 60 kms en aval: on exploite l’or, on pollue le Fleuve au mercure.
Un groupe coréen a lancé le premier 5 grosses dragues à proximité de Kangaba, les autres ont suivi discrètement…
L’eau du Fleuve doit-elle donc devenir un poison silencieux pour les poissons, les plantes, les animaux et les habitants du Mandé?
Non, la vénération du Serpent ni celle de l’or ne doivent mener ainsi l’homme à sa Mort.

Certains « informent»  sans rire qu’il s’agit seulement de nettoyer le lit trop ensablé du Fleuve, d’autres indiquent que c’est « le bruit des moteurs»  qui a fait fuir les poissons et les pêcheurs-bozzos ( cette année ils ont quitté la zone avec près de 2 mois d’avance ) d’autres encore, à propos de lavage au mercure des sables aurifères, croient pouvoir affirmer que les produits employés par le Grand Serpent sur le Fleuve n’ont rien de commun avec ce poison et ne présentent aucun danger…

Bonnes nouvelles, car sinon la contamination proliférante va pourrir tout le pays.

Est-il vraiment utile, pour l’Histoire, de savoir si le Grand Serpent Amoureux des dragues du Mandé est le fils du Bida du Wagadu ou plus probablement l’avatar africain du serpent Khâ de Rudyard Kipling qui entraine en silence ses proies dans un sommeil fatal?

Nous, nous ne savons rien. Inviter quelques uns des nouveaux bateliers de l’or à un festin de poissons pêchés tout près de leur engin permettrait peut-être d’interprèter une abstinence trop argumentée?

Mais c’est d’abord l’affaire des savants (en Français « ceux qui savent» ) du Mali et du monde entier de connaitre…
C’est aussi l’affaire aussi des ONG et de leurs prochains colloques de nous parler.
Les « chefs de terre» , les somonos et les notables, l’association N’ko et la presse multimedia sont informés…

Pour le droit de chacun des enfants , et de ses descendants pour 1000 ans, de vivre en sûreté au bord de son Fleuve, au Mandé..

Donsoko, il est temps.

KelaMichel