Articles avec le tag ‘Mali’

AU SECOURS DU JOLIBA: MERCI.

Lundi 23 janvier 2012

Tout bouge très vite désormais, autour de notre alerte sur la pollution au mercure du Joliba.

1. On a vu 3 dragues démontées quitter le fleuve et le Mandé.
2. Mr KEITA de Kangaba, qui va y créer un Lycée, vit au Canada depuis 3O ans: informé, il a fait le voyage au Mandé et s’est fait accompagner de techniciens des Ministères à son passage à Bamako (photos, analyses de l’eau, visite au fleuve…): il a parlé à sa famille, aux mansarens et aux notables avec beaucoup de force, contre la mécanique de mort du mercure des dragues et convaincu les « grandes personnes»  d’agir très vite.
3. Le Gouvernement du Mali a missionné une équipe du Ministère des Finances pour contrôle général très pointilleux des exploitants de dragues sur le fleuve dans le Cercle de Kangaba. D’autres Ministères doivent probablement intervenir bientôt.

Nul doute que le Commandant DIABATE, Préfet du Cercle de Kangaba, soit un peu à l’initiative de certaines de ces actions qui peuvent éloigner définitivement la menace.
Merci donc, Monsieur le Préfet, et merci à chacun de ceux qui ont fait à leur mesure…

Nous devons préciser que toutes les dragues en activité n’utilisent pas le mercure: beaucoup d’exploitants malinkés utilisent leur drague à la manière de celle qui exploitait naguère devant Selin: le sable extrait par les godets est lavé « à la battée»  par des équipes de femmes ou de peuls (4 ou 5 personnes par drague) comme on exploitait l’or du Bouren depuis bien avant Sunjata… et sans aucun autre danger pour le pays que celui de la violence cupide.

On nous informe par ailleurs que le « serpent de dragues»  que nous avons dénoncé ne connait pas de frontière: en Guinée, en amont de Julafundo, de nombreuses dragues sont en place aussi: les contrôles nationaux et internationaux installés dans le cadre juridique du PARC NATIONAL DE GUINEE vont certainement veiller à bon ordre chez nos cousins malinkés du Joliba guinéen.
Car le Niger est un seul Fleuve, de la Guinée à son delta tristement célèbre du Nigeria.

KelaMichel

MALIHEBDO: UN JOURNALISME RIGOUREUX.

Mardi 6 décembre 2011

Comme annoncé par son fondateur Zoubeyrou Maïga, le n°2 de MALI HEBDO paru ce lundi fait une large place aux dangers que court le fleuve Niger du Mandé.
Manchette en première page et reproduction intégrale de notre alerte en page 7 consacrée par ailleurs au rapport annuel de la FAO (ONU) sur l’Eau et les Terres.
Une page d’alarme.

L’ensemble du numéro, parfaitement réalisé (typo, photos, graphisme, orthographe, équilibre des sujets), témoigne d’une équipe solide et très professionnelle: un vrai travail de journalisme, tel qu’on le pratique quelquefois ailleurs dans le monde.
Nul doute que l’avenir place MALI HEBDO en tête des organes d’information respectés du Mali et de la Sous-région.
Pour l’heure, merci à Zoubeyrou et à toute l’équipe d’avoir eu les premiers le courage de lancer l’alerte sur la lourde menace qui pèse aujourd’hui sur le Mandé.
Mais déjà ils ne sont plus seuls dans ce combat à nos côtés.

KelaMichel

Comme le Serpent …

Mardi 15 novembre 2011

K.K.

CE TEXTE A ETE INTEGRALEMENT PUBLIE, DEBUT DECEMBRE, PAR MALI HEBDO.

Au pays de Koyouman Konate…

Le fleuve Niger est le sang du Mandé, du Mali et d’une grande partie de l’Afrique de l’Ouest, ainsi proclamé par ceux qui sont nés là et par de nombreuses conférences « internationales»  rutilantes de bonne volonté.
On étudie donc à grands frais le problème d’une pollution de l’Eau qui fait vivre: les eaux de lessive de Bamako ou la prolifération des sacs plastiques qui étouffent les caïmans sous les yeux des bailleurs de fonds sont ainsi courageusement dénoncées…

Autour de notre village, là où le Niger s’appelle Joliba, on connait depuis toujours l’Eau du Fleuve comme un véritable médicament à puiser librement par bidons entiers pour soigner les femmes enceintes et les bébés et tenter de prolonger encore un peu la vie des vieillards qu’on respecte. Certains ont pourtant remarqué que des étrangers qui travaillent sur le fleuve depuis cette année, font venir de loin à grands frais l’eau de forage qu’ils boivent: surtout pas une goutte d’eau du Joliba, pourquoi?

Peut-être parce que depuis le début de l’année 2011, le serpent continu de leurs dragues puissantes(plus de 4O engins mécanisés) est venu au Mandé, qui creuse le lit du Fleuve de la frontière de Guinée (Joulafondo) à Bancoumana 60 kms en aval: on exploite l’or, on pollue le Fleuve au mercure.
Un groupe coréen a lancé le premier 5 grosses dragues à proximité de Kangaba, les autres ont suivi discrètement…
L’eau du Fleuve doit-elle donc devenir un poison silencieux pour les poissons, les plantes, les animaux et les habitants du Mandé?
Non, la vénération du Serpent ni celle de l’or ne doivent mener ainsi l’homme à sa Mort.

Certains « informent»  sans rire qu’il s’agit seulement de nettoyer le lit trop ensablé du Fleuve, d’autres indiquent que c’est « le bruit des moteurs»  qui a fait fuir les poissons et les pêcheurs-bozzos ( cette année ils ont quitté la zone avec près de 2 mois d’avance ) d’autres encore, à propos de lavage au mercure des sables aurifères, croient pouvoir affirmer que les produits employés par le Grand Serpent sur le Fleuve n’ont rien de commun avec ce poison et ne présentent aucun danger…

Bonnes nouvelles, car sinon la contamination proliférante va pourrir tout le pays.

Est-il vraiment utile, pour l’Histoire, de savoir si le Grand Serpent Amoureux des dragues du Mandé est le fils du Bida du Wagadu ou plus probablement l’avatar africain du serpent Khâ de Rudyard Kipling qui entraine en silence ses proies dans un sommeil fatal?

Nous, nous ne savons rien. Inviter quelques uns des nouveaux bateliers de l’or à un festin de poissons pêchés tout près de leur engin permettrait peut-être d’interprèter une abstinence trop argumentée?

Mais c’est d’abord l’affaire des savants (en Français « ceux qui savent» ) du Mali et du monde entier de connaitre…
C’est aussi l’affaire aussi des ONG et de leurs prochains colloques de nous parler.
Les « chefs de terre» , les somonos et les notables, l’association N’ko et la presse multimedia sont informés…

Pour le droit de chacun des enfants , et de ses descendants pour 1000 ans, de vivre en sûreté au bord de son Fleuve, au Mandé..

Donsoko, il est temps.

KelaMichel

BIBENDUM ET BAMBOULA: PARLER FRANCAIS…

Samedi 29 octobre 2011

Bibendum et Bamboula ensemble, le "donso" du sculpteur malien Yaya Coulibaly peut lire tranquillement son message à la jeunesse d'Afrique.Bibendum et Bamboula ensemble, le « tenue»  (militaire) de Yaya Coulibaly délivre à chacun son message de culture et de livres au coeur de la Bibliothèque du Mandé.

Non, nous ne saurions sans doute parler avec compétence des difficultés de la langue malinké, que 12 ans de fréquentation continue au village nous permettent seulement de « baragouiner»  pour dire et comprendre un peu.
Il s’agit simplement d’alerter sur le confort apparent qu’offre au voyageur francophone l’effort que font nos amis maliens depuis l’enfance pour communiquer en Français: malgré l’officialisation un peu contrainte en langue officielle de la République du Mali, et l’enseignement dans cette langue de l’histoire du pays, de la mathématique et des sciences naturelles (oui!) aux enfants qui fréquentent l’Ecole Fondamentale, ce Français n’est pas leur langue: dans la famille et dans la vie quotidienne on parle et on entend parler malinké, bambara, peul ou songhai… et notre baobab s’appelle SIRA.

Ceux qu’on a moqués pour l’amusant langage « petit nègre»  au temps du chocolat BANANIA et trop souvent encore aujourd’hui, utilisent la langue étrangère et l’enrichissent efficacement: ils nous imposent l’effort d’un vocabulaire nouveau dans « notre»  langue.
Nos amis québécois ou belges tolèrent cette problématique souvent débattue avec eux…

L’illustration évidente de notre discours un peu prétentieux est partout sur les murs de Bamako où des « dessinateurs»  (traduire: publicitaires amateurs) souvent très créatifs interprètent librement le BIBENDUM célèbre de MICHELIN, comprenne qui voudra: leurs panneaux artistiques disent tout ce qu’il faut pour résoudre au Mali les problèmes de pneumatiques et souvent beaucoup mieux que les logos officiels de la marque Michelin.

Le ronron d’une langue familière engage ainsi trop souvent les francophones dans les impasses d’une sémantique qu’ils ne font pas l’effort d’assimiler: ces travers sont inconnus aux anglophones, aux japonais et aux lusophones puisque leur langue n’est pas enseignée ici aux enfants.
Mais pour nous français qui savons (parait-il) le Français mieux que personne, ce confort de l’oreille mène à une paresse de l’esprit qui installe très souvent un système d’incompréhension mutuelle qui n’a rien de cocasse.
Nous avons personnellement connu ici trop de colères inutiles (et quelquefois dangereuses) à partir d’un mot français apparemment familier: mal interprétée de part et d’autre, la langue peut être un brouillard de mots qui impose traduction et grande attention à l’autre.

Au delà des bons sentiments et des sourires « dents blanches»  partagés, celui qui vient doit se méfier du « petit nègre»  s’il veut vraiment communiquer et construire.
A charge de réciprocité attentive, bien sûr…

KelaMichel