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DE GRANDS NOMS, DU SPECTACLE NUIT ET JOUR

Lundi 30 janvier 2012

On annonce pour début Mars 4 jours de sagesse et de folies au Mandé: le Premier Festival de Kurukan Fuga: sur le site même où Sunjata Keita réunit, dit-on, ses meileurs alliés, pour édicter les (44?) articles de la Charte du Mandé.
Les aménagements prévus seront spectaculaires, depuis la scène géante des grands concerts jusqu’aux espaces animés d’exposition-vente où des commerçants sélectionnés seront accueillis à modeste contribution, et les cases de toile du Village du Festival pour accueillir et loger les artistes.

Le secret du programme est bien gardé, dans l’attente d’ouverture complète du site web www.kurukanfuga.com qui lèvera le voile peu à peu.

Mais on peut dire déjà que la Guinée, la Mauritanie et le Niger, le Sénégal et le Burkina-Faso sans doute et peut-être la Gambie malinké présenteront à Kurukan Fuga leurs meilleures troupes de Musique et de Danse, et que Kela n’a pas l’intention de laisser la vedette à ses « étrangers» .
Chaque matin, une Conférence savante de 4 jours réunira dans la grande salle de l’I.F.M de Kangaba des sommités de la Culture et de l’Histoire du Mandé pour développer et préciser la réalité de la réunion autour de Sunjata, essayer d’établir le contenu consensuel de la Charte du Mandé et développer largement les perspectives de son enseignement dans le monde moderne.
On cite les noms des traditionnalistes DANSOKO CAMARA et SIRIMAN KOUYATE, on a sollicité la participation de l’historien guinéen DJIBRIL TAMSIR NIANE : les savants remarquables que compte le Mali seront là aussi bien sûr.
Souhaitons que les budgets permettent à N’Dji Diakite, le Directeur tenace du Festival (créateur par ailleurs du Festival des Percussions de Bamako qui engage sa 8 eme édition), de réaliser toutes ses ambitions pour que ce moment rare porte très loin la voix, l’image et la gloire du Mandé: il est disponible dès maintenant tous les jours à la MAISON DES JEUNES à Bamako: 00223/ 78857060 et 66784089.
…Et nous ne doutons pas que les griots de Kela, autour de Kasse Mady Diabate, disputent à force de talent les médailles d’honneur proposées au concours de leurs invités célèbres.

Pour ceux qui voudront profiter du séjour pour découvrir la réalité vivante de l’Histoire autour de Kela et de Kangaba, et connaitre quelques détails du Mandé, plusieurs programmes d’excursion seront proposés par les guides locaux, sous le contrôle des organisateurs du Festival.
La Bibliothèque du Mandé recommande tout particulièrement l’initiative de Mamadouba Kamissoko (00223/79435378) qui, à force de pirogues et de charette à âne, veut faire tout connaitre (à prix raisonnable) à ceux qui cherchent à savoir un peu plus.

Je serai bien sûr personnellement présent et à votre disposition, à Kurukan Fuga ou à la Bibliothèque du Mandé que vous allez peut-être découvrir enfin à cette occasion…

Bienvenue.

Michel Kuentz

Mandenkaw ka sebe mara yoro: la bibliothèque tam-tam…

Lundi 30 janvier 2012

On peut s’étonner que le livre semble souvent très loin des articles que nous publions ici: chacun des sujets simplement évoqués est pourtant un bébé de la Bibliothèque du Mandé à Kela.

Car une bibliothèque, partout, est une porte ouverte sur la vie, toujours bien au-delà des images traditionnelles de Culture et de Connaissance.
Le vrai nom de la Bibliothèque du Mandé est malinké, et on dit MANDENKAW KA SEBE MARA YORO.
Cette simple affirmation, et la décision originelle de faire de cette bibliothèque un medium pour dire et écouter le Mandé, posent clairement la démarche engagée depuis l’an 2000.

Les livres sont à Kela, venus de partout et qui traitent des sujets les plus divers dans toutes les langues.
Kela est au centre du Mandé depuis plus de 1000 ans sans doute et les griots ont porté leur connaissance du Mandé et de son Histoire très loin. Leur place est donc au centre du jeu, pour les récits du passé comme pour ce qui fabrique chaque jour l’Histoire de demain.
La bibliothèque est là pour appuyer cette fonction sociale essentielle, sans aucune fausse pudeur mais toujours dans le respect des hommes et des enfants qui sont nés là.

Ainsi, peu à peu, malinké de loin, on approche KELAMALI.COM depuis les USA, le CANADA, l’EUROPE ou la CHINE, pour connaitre plus vite les nouvelles du village, obtenir un contact perdu avec la famille au Mandé, agir si possible: un KEITA du Canada appuya ainsi fortement, à sa manière très efficace, l’action que nous avons engagée fin Novembre pour chasser le MERCURE mortel de notre Fleuve…

Loin de nous, quelquefois JELIMANGO, l’idée de prendre une place ou de déranger l’ordre qui fait la force du Mandé.

Notre TAM-TAM (disons TABALE) est simplement au service de tous.

KelaMichel

Au clair de la Lune…Calendriers et dictionnaire.

Samedi 28 janvier 2012

On sait comment chaque malien est attentif à la rigoureuse précision de SON heure: « Quinze heure et dix-sept minutes précisément» …par exemple: aucune contestation n’est admise.La justification de cette minutie règlerait l’heure de prier si l’on ignorait la très large plage de tolérance acceptée après l’appel du muezzin.
Il s’agit donc probablement d’une simple question de prestige personnel, régulièrement battue en brèche par le chaos -nous connaissons aussi en Occident- de rendez-vous systématiquement très approximatifs.

Au delà des simples manies minutées par nos amis africains, la vénération pour le calendrier (qui fait l’objet d’une chasse effrénée chaque Janvier) et le prestige dont on pare ici le dictionnaire marquent la vie quotidienne et les ambitions vocabulaires d’une opacité spectaculaire.

Ici la Lune (kalo) construit le Temps qui, ailleurs, suit le Soleil (tele).

Le calendrier d’abord, ou plutôt « les»  calendriers puisque la même affiche cartonnée associe dans son redoutable panthéon le comput musulman et le calendrier grégorien qu’elle juxtapose assez joyeusement: les mois et les jours de la vie quotidienne s’enchevêtrent donc systématiquement de « farafin kalo»  à « toubabou kalo» , et celui qui vous programme impérativement le 17 du mois prochain n’indique pas toujours le comput de référence.
Cet instrument majestueux, qui doit règler le temps qui vient et organiser un peu le vivre-ensemble, installe ainsi pour chacun un questionnement souvent problématique: mais toujours celui qui n’a pas gagné SON calendrier en début d’année se sentirait sans doute humilié s’il devait avouer la faute qui l’accable pour 12 mois désormais…
Chaque jour, d’ailleurs, l’apparition de la lune engage « le Blanc»  dans une grande confusion, puisque AUJOURD’HUI (bi) traditionnel débute dès le coucher du soleil: donc à l’heure du repas du soir (après la prière fitiri) on annonce « ce matin»  pour la matinée qui viendra au lever du soleil!
Et le DEMAIN (sini) renvoie dès lors à notre après-demain… Ne vous énervez donc pas d’un rendez-vous d’artisan que vous attendrez par erreur au lever du soleil.

Pour le dictionnaire, il suffit de dire qu’il est vénéré comme le Saint-Sacrement, et classe son propriétaire dans les savants incontestables.
Ainsi, dès l’Ecole Fondamentale, on se met en chasse du Livre; avant même de connaitre vraiment l’alphabet ni, à plus forte raison l’orthographe ni les étymologies indispensables à qui veut feuilleter efficacement ce monstre de mots.
Rares sont pourtant les diplômés d’Etudes Supérieures qui savent en Occident utiliser vraiment cet outil très utile, au point que les ordinateurs du monde entier affichent utilement un opus « DICTIONNAIRE»  dont les automatismes imparables dispensent l’utilisateur d’Internet de manipulations interminables du papier imprimé.

Il serait pourtant humiliant, et sans doute très préjudiciable au développement de la pittoresque et lucrative FRANCOPHONIE, d’alerter le solliciteur africain sur la nécessité d’apprendre beaucoup et de tout savoir avant de prétendre faire du fameux dictionnaire un ami exigeant.

Le signal d’un danger n’est jamais inutile aux libertés responsables de chacun.
Courage donc « toubabou»  pour bien vivre nos calendriers, et un peu de prudence « farafi»  dès que tu as enfin TON dictionnaire!

Et bienvenue au Mali, à Kela et à la Bibliothèque du Mandé: ici, très loin du Petit Larousse, on dit « Bibliothèque du Mandé»  MANDENKAW KA SEBE MARA YORO, comme « kalo»  dit en même temps la Lune et le Mois.

KelaMichel

RFI à KELA: Serge Daniel.

Dimanche 20 novembre 2011

Bibliothèque du Mandé etc...

Bibliothèque du Mandé etc...

Une -trop rapide- incursion amicale, ce Samedi, de Serge Daniel (l’homme de RFI pour la sous-région) en personne, pour découvrir la Bibliothèque du Mandé, connaître Mamadouba Kamissoko et faire dire à Michel quelques uns des « pourquoi»  de ses 12 ans de folie à Kela.

Pour parler doucement aussi du donsoba Koyouman Konate et de la règle qui fait la donsoya, sans secrets, depuis Kuru kan Fuga au XIII° siècle.

La diffusion, comme celle du sujet enregistré à l’Institut Français de Bamako pour l’exposition « DONSOS»  de la Biennale de Photographie, a bien été programmée début Décembre, dès la fin du remue-méninges parisien de RFI.Une forme de suite à la brillante notice de Serge, par laquelle RFI saluait en 2009 l’exposition du peintre Claude Viallat à Bamako.
LE REPORTAGE A KELA A ETE DIFFUSE LE MARDI 10 JANVIER 2012 AU PETIT MATIN, ET TRES ECOUTE.
Merci Monsieur Serge Daniel,
à bientôt et toujours bienvenu à Kela, avec ou sans micro.

KelaMichel