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QUE LA TERRE…

Lundi 4 juillet 2016

Mamadouba Kamissoko m’apprends avec retard, à la veille de la Fête Seli Fitini, le décès de Fanta Mahdi Koumba Diabate, une grande figure de Kela.
Représentant de la communauté des griots Diabate pour organiser, avec les Keita mansarens, la cérémonie capitale du Kamablon Ti à Kangaba chaque 7 ans, Fanta Mahdi Koumba portait une voix de sagesse et d’autorité dans les débats du village, et savait écouter.
Il manque certainement dans ces grandes occasions et nous lui rendons hommage ici.

Mamadouba, dont la santé s’est considérablement améliorée, persévère dans la continuité de notre Bibliothèque du Mandé.
Il a porté auprès de chaque autorité de la Jeliya et du village la vérité que cette Bibliothèque est voulue, depuis son origine, comme un bien commun à tout le village et un vecteur collectif de renommée: le respect que Mamadouba a gagné maintenant comme chef de famille porte ses avis au delà de la seule communauté des griots jusqu’à Kangaba auprès des autorités administratives de Mininjian et du Cercle.

Mamadouba connait, mieux que je n’ai su le dire, les paroles de vérité qui font l’avenir: qu’il en soit, encore une fois remercié.

Maintenant, avec le début des cultures de l’hivernage, le temps des fêtes est venu.

Je salue chacun de ceux et de celles qui vivent au village.

KelaMichel

PS: Mamadouba téléphone (OO223) 7943 53 78.

« QUE LA TERRE…» 

Jeudi 29 mars 2012

Yamudu Jini, au centre, accueil de Claude et Henriette Viallat

Yamudu Jini, au centre, accueil de Claude et Henriette Viallat

YAMUDU JINI, chef des griots de Kela (Kela jelikuntigi), est décédé Mercredi à Kela.

Nous l’avions salué une dernière fois à Sebenicoro-Bamako (où il était venu faire soigner, auprès de sa femme, une grosse maladie) quelques jours avant son retour à Kela: on le savait très malade, mais sa disparition nous frappe et laisse un grand vide à BREMAN LA.

YAMUDU avait accueilli Claude et Henriette Viallat au Blon (vestibule) de la Bibliothèque du Mandé en 2009, aux côtés de l’Hadj Demba Mahdi Diabate alors chef des griots (auquel il devait succéder peu après). Ce fut un grand moment d’émotion partagée dont quelques images sont sur ce site web; ce jour là, tête nue sans son célèbre chapeau peul dont nous plaisantions souvent, YAMUDU avait laissé un moment son sourire espiègle de « bandit chef»  pour dire, au nom de l’Hadj Demba Mahdi et de la communauté des griots, l’histoire de la Bibliothèque et l’importance de la visite inespérée de Claude et Henriette en laissant échapper quelques larmes…

Ces larmes sont les nôtres aujourd’hui, celles de son fils SEYDOU DIABATE qui va porter au Kamablon Ti la récitation de l’histoire du Mandé, kumatigi (porte-parole) Diabate auprès des Keita depuis la disparition de Lansine.
Les larmes aussi de la communauté des griots de Kela (Kela Jeliya) et, plus largement, celles de tout Kela (Kela Jamana): au delà, à Kangaba, à Bamako, aux Pays-Bas, au Japon, au Cameroun et en France, on gardera longtemps le souvenir de YAMUDU JINI.

QUARANTIEME JOUR: la célébration des funérailles de Yamudu Diabate est organisée pour le week-end du 28 Avril prochain, à Kela.

« Que la terre lui soit légère» 

KelaMichel

ALERTE MERCURE AU MANDE: MOBILISATION EFFICACE.

Mardi 13 mars 2012

Une sérieuse mobilisation a immédiatement suivi l’alerte « Comme le serpent…»  que nous lancions fin Novembre pour un contrôle strict de l’extraction de l’or dans la fleuve Niger au Mandé: il fallait stopper tout de suite l’utilisation massive du mercure.
Nous avons relaté les interventions au fur et à mesure, qui témoignaient d’une réelle volonté d’agir, tant au niveau de la population et des autorités traditionnelles qu’à celui des autorités de l’Etat Malien représenté par le Préfet Diabate dans le Cercle de Kangaba.

Une récente visite sur place nous a permis de confirmer la rapide modification des systèmes de production: les dragues utilisant le mercure font maintenant appel à des groupes de femmes (notamment dans la population somono du fleuve) pour laver le sable et trier l’or en paillettes « à la battée»  sans mercure.
Donc du travail pour la population, sans danger de pollution massive.

Le Préfet Diabaté est très actif sur ce problème: il va réunir à Kangaba, avec l’aide des maires et des chefs de village de la zone tous les propriétaires exploitants de dragues, pour une information sur les dangers du mercure, la réglementation de l’exploitation de l’or par dragage du fleuve et les contrôles et sanctions qui seront mis en place par les autorités.
Nul doute que les différents ministères concernés soient associés à cette action.

Merci à chacun d’avoir agi fort au Mandé et de persévérer attentivement pour le futur des enfants.
On peut espérer maintenant.

KelaMichel

AU SECOURS DU JOLIBA: MERCI.

Lundi 23 janvier 2012

Tout bouge très vite désormais, autour de notre alerte sur la pollution au mercure du Joliba.

1. On a vu 3 dragues démontées quitter le fleuve et le Mandé.
2. Mr KEITA de Kangaba, qui va y créer un Lycée, vit au Canada depuis 3O ans: informé, il a fait le voyage au Mandé et s’est fait accompagner de techniciens des Ministères à son passage à Bamako (photos, analyses de l’eau, visite au fleuve…): il a parlé à sa famille, aux mansarens et aux notables avec beaucoup de force, contre la mécanique de mort du mercure des dragues et convaincu les « grandes personnes»  d’agir très vite.
3. Le Gouvernement du Mali a missionné une équipe du Ministère des Finances pour contrôle général très pointilleux des exploitants de dragues sur le fleuve dans le Cercle de Kangaba. D’autres Ministères doivent probablement intervenir bientôt.

Nul doute que le Commandant DIABATE, Préfet du Cercle de Kangaba, soit un peu à l’initiative de certaines de ces actions qui peuvent éloigner définitivement la menace.
Merci donc, Monsieur le Préfet, et merci à chacun de ceux qui ont fait à leur mesure…

Nous devons préciser que toutes les dragues en activité n’utilisent pas le mercure: beaucoup d’exploitants malinkés utilisent leur drague à la manière de celle qui exploitait naguère devant Selin: le sable extrait par les godets est lavé « à la battée»  par des équipes de femmes ou de peuls (4 ou 5 personnes par drague) comme on exploitait l’or du Bouren depuis bien avant Sunjata… et sans aucun autre danger pour le pays que celui de la violence cupide.

On nous informe par ailleurs que le « serpent de dragues»  que nous avons dénoncé ne connait pas de frontière: en Guinée, en amont de Julafundo, de nombreuses dragues sont en place aussi: les contrôles nationaux et internationaux installés dans le cadre juridique du PARC NATIONAL DE GUINEE vont certainement veiller à bon ordre chez nos cousins malinkés du Joliba guinéen.
Car le Niger est un seul Fleuve, de la Guinée à son delta tristement célèbre du Nigeria.

KelaMichel