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Kela 18 Septembre 2OO4

Samedi 18 septembre 2004

1. Les éléphants (suite de l’histoire d’Août)

Comme le Service des Eaux et Forêts l’avaient annoncé, la route des éléphants est probablement ouverte, maintenant, des forêts de Côte d’Ivoire vers le Baoulé (Nord-Ouest de Bamako) à travers notre Mandé: celle dont se souviennent les anciens de nos villages et que le mâle, avancé en éclaireur sur notre rive gauche du Joliba-Niger début Août, avait entrepris de reconnaitre en avant-courrier du couple laissé en arrière et du troupeau entier qui l’attend sans doute dans la zone actuelle de station, à plusieurs centainesde kilomètres au Sud-Est.

L’éléphant porteur de la mémoire collective est revenu, ces jours-ci, de son avancée précise en éclaireur; pour retrouver, trace revisitée, ses deux congénères, sur l’autre rive à une dizaine de kilomètres en aval au Nord de Kela. Un tempsde repos,maintenant, pour»  notre»  trio qui rejoindra les terrains du troupeau originel dès que les pluies d’hivernage vont cesser. Aucune information vers les autorités officielles de l’Etat malien ne permet de penser que le va-et-viens apparemment aventureux n’ait provoqué ni dégâts ni désordres au long du parcours. On peut oublier les peurs…

La migration prudemment engagée cet Eté annonce, sans doute nous dit-on, la reprise régulière des traces par l’ensemble du troupeau , progressivement au fil des prochaines années: s’il en est ainsi à l’avenir, nul doute que cette promenade monumentale, pacifique mais certes un peu encombrante, amène du nouveau au Mandé et les regards de voyageurs intéressés par la permanence des premiers témoins de l’histoire du continent.

Les Bibendums Michelin qui disputent à Mickey Mouse les façades marchandes du Bamako traditionnel ne sont pas maîtres du terrain au Mandé: Babar est maintenant à Kela!

2. TV5-Afrique et Christian Tortel

Au printemps 2OO3,la visite surprise de Christian Tortel vers la Bibliothèque du Mandé nous avait offert la chance des caméras de AITV pour RFO. Une place importante était réservé à Kela dans ce « Mali, Terre de légendes»  où le réalisateur associait notre folie à celle du prestigieux écrivain malien de Sévaré (Yambo Ouologhem) et au mythe de Tombouctou dans les sables orgueilleux du Centre Ahmed Baba. Cette émission fut diffusé le 23 Octobre en Europe et nous avons intégré la part de mots, de musiques et d’images que Christian Tortel y offrait à Kela, immédiatement, sur notre site web nouveau-né.

La présentation du magazine dans plusieurs festivals, immédiatement après sa diffusion à l’antenne, attirait l’attention des gens de TV5-Afrique pour une diffusion par ici et amena jusqu’à Kela, dès les premiers jours de Décembre 2OO3, certain festivalier intrigué et conquis par notre « affaire»  exotique à travers le travail rigoureux des gens d’AITV.

Il n’est jamais simple d’aboutir aucune « négociation culturelle» , et la nouvelle d’une diffusion TV5-Afrique au mois de Septembre (cette année) témoigna que la qualité sincère n’est pas toujours un handicap pour conclure…et pour, quelquefois, trouver les raisons de poursuivre.

Nous n’avons pas les moyens (et encore moins l’ambition) de mobiliser le public malien, ni vers les écrans, ni vers les livres: ces voyages là sont celui de chacun à sa guise. Mais nous avons eu témoignage à Bamako que cette émission fut bien regardée, par les interpellations anonymes du nom de « Kela»  qui croisaient, cette semaine, la trace de Michel dans les rues de la capitale. En questionnement immédiat sur notre identité à l’émission de TV5.

En toute modestie, mais un vrai grand merci à Christian et à son équipe: on a vu leur travail au Mali.

3. Les amis de la Bibliothèque du Mandé

Notre association sera,fin Novembre, un bébé de 3 ans; c’est à dire un tout petit enfant… Merci à ceux qui lui ont trouvé de beaux yeux à la naissance, et merci à ceux qui ont décidé de l’accompagner à leur manière, dans ses premiers pas hésitants. On a bien pataugé tous ensemble, mais la Bibliothèque du Mandé existe maintenant à Kela, et on en parle un peu ailleurs (en bien ou en… moins bien…), comme d’un animal bizarre à l’image des rêves d’un enfant.

Si vos amis aiment les enfants autant que vous, offrez leur la chance de rêver de Kela avec nous: nous connaissons bien ce qui est à faire, et notre folie portera honnêtement quelques autres rêves, un peu plus loin.

Avec l’association « Les Amis de la Bibliothèque du Mandé» : vous et vos amis.

Bienvenue.

Les éléphants à Kela !

Lundi 2 août 2004

Bamako, Lundi 2 Août 2OO4.

LES ELEPHANTS A KELA ! Non, il ne s’agit ni d’une blague, ni d’une image d’Epinal pour dire l’Afrique! On a vu, à la fin de Juillet, 3 éléphants « rouges»  (’plus petits que les gros éléphants gris) tout à côté de kela, de l’autre coté du fleuve: sans doute (sources Direction des Eaux et Forêts) sur une route traditonnelle oubliée de l’homme, de Côte d’Ivoire où ils stationnent habituellement jusqu’au Baoulé (zone forestière au N-O de Bamako) où une ancienne migration les réunissait sans doute à d’autres provenances au temps de l’hivernage.

Quoi qu’il en soit, 1 puis 3 éléphants ont donc rejoint notre zone (villages de Figira et Fou) où la rumeur annonce quelques désordres non vérifiés. Il s’agit d’un mâle âgé et d’un couple. Le mâle-avant-courrier a traversé le Niger à 3-4 kms en aval de Kela, pour rejoindre notre rive gauche du fleuve, continuant sa route solitaire vers Deguela puis Narena vers le Nord (Kita, la forêt du Baoulé). Le service des Eaux et Forêtsn décrit son hypothèse: Des problèmes, sans doute alimentaires, en Côte d’Ivoire, ont provoqué cet exode limité des animaux, exploratoire d’un trajet ancien conservé en mémoire par le groupe actuel. Actuellement, le mâle solitaire est avancé en éclaireur vers l’endroit du Baoulé où stationnait jadis un groupe-hôte, laissant en station près du fleuve le couple qui l’(accompagne sur cette ancienne trace. Dans l’hypothèse probable de non-existence actuelle du groupe mémorisé au Baoulé, ou si ce groupe stationne aujourd’hui loin de son ancien territoire, le mâle avant-courrier»  déçu»  reviendra très exactement sur ses traces, rejoindre le couple en attente, pour un retour vers la base du troupeau dont ils sont issus. Au cas favorable de jonction avec le groupe défini en mémoire au Baoulé, le couple laissé en arrière traversera à son tour lle fleuve pour rejoindre le Baoulé!

Cette démarche peut annoncer la reprise, pour les années à venir, d’une ancienne migration qui placerait donc Kela sur « La Route des Elephants» … On peut savoir que le Mali, dans la région de Douentza, vers la frontière Burkinabe, compte actuellement plus de 6OO têtes de nos pachydermes, décomptées avec tous moyens modernes et traditionnels et protégés par l’Administration des Eaux et Forêts du Mali avec l’aide des Donsos (chasseurs de brousse traditionnels) des zones de transit ou de station. Souhaitons que ceux qui « visitent»  Kela cette année fassent route paisible et rétablissent, comme on peut rêver, la tradition mandingue d’une nature forte, puissante et nourricière en amenant plus tard, sur ce chemin, leurs éventuels congénères.

L’Avenir dira…