BIBENDUM ET BAMBOULA: PARLER FRANCAIS…
Samedi 29 octobre 2011
Bibendum et Bamboula ensemble, le « tenue» (militaire) de Yaya Coulibaly délivre à chacun son message de culture et de livres au coeur de la Bibliothèque du Mandé.
Non, nous ne saurions sans doute parler avec compétence des difficultés de la langue malinké, que 12 ans de fréquentation continue au village nous permettent seulement de « baragouiner» pour dire et comprendre un peu.
Il s’agit simplement d’alerter sur le confort apparent qu’offre au voyageur francophone l’effort que font nos amis maliens depuis l’enfance pour communiquer en Français: malgré l’officialisation un peu contrainte en langue officielle de la République du Mali, et l’enseignement dans cette langue de l’histoire du pays, de la mathématique et des sciences naturelles (oui!) aux enfants qui fréquentent l’Ecole Fondamentale, ce Français n’est pas leur langue: dans la famille et dans la vie quotidienne on parle et on entend parler malinké, bambara, peul ou songhai… et notre baobab s’appelle SIRA.
Ceux qu’on a moqués pour l’amusant langage « petit nègre» au temps du chocolat BANANIA et trop souvent encore aujourd’hui, utilisent la langue étrangère et l’enrichissent efficacement: ils nous imposent l’effort d’un vocabulaire nouveau dans « notre» langue.
Nos amis québécois ou belges tolèrent cette problématique souvent débattue avec eux…
L’illustration évidente de notre discours un peu prétentieux est partout sur les murs de Bamako où des « dessinateurs» (traduire: publicitaires amateurs) souvent très créatifs interprètent librement le BIBENDUM célèbre de MICHELIN, comprenne qui voudra: leurs panneaux artistiques disent tout ce qu’il faut pour résoudre au Mali les problèmes de pneumatiques et souvent beaucoup mieux que les logos officiels de la marque Michelin.
Le ronron d’une langue familière engage ainsi trop souvent les francophones dans les impasses d’une sémantique qu’ils ne font pas l’effort d’assimiler: ces travers sont inconnus aux anglophones, aux japonais et aux lusophones puisque leur langue n’est pas enseignée ici aux enfants.
Mais pour nous français qui savons (parait-il) le Français mieux que personne, ce confort de l’oreille mène à une paresse de l’esprit qui installe très souvent un système d’incompréhension mutuelle qui n’a rien de cocasse.
Nous avons personnellement connu ici trop de colères inutiles (et quelquefois dangereuses) à partir d’un mot français apparemment familier: mal interprétée de part et d’autre, la langue peut être un brouillard de mots qui impose traduction et grande attention à l’autre.
Au delà des bons sentiments et des sourires « dents blanches» partagés, celui qui vient doit se méfier du « petit nègre» s’il veut vraiment communiquer et construire.
A charge de réciprocité attentive, bien sûr…
KelaMichel