Sanou ni negefin…
Quelques jours à Kela, le programme des travaux d’hiver à la Bibliothèque après la Fête du 28 Novembre.
Les récoltes ne sont pas toutes rentrées et on travaille beaucoup pour couper et battre avant que les animaux ne causent trop de dégats à ce qui est encore sur pieds: les résultats sont très inégaux pour chacun, à cause des excès de l’eau: on peut voir encore inondés d’énormes champs de riz stériles qui ne donneront rien cette année…
Les têtes s’agitent beaucoup et les conversations du petit soir échauffent les coeurs et les rêves sur l’ouverture, début Novembre, d’un nouveau « placer» près de Kangaba (Dabale, 15 kms vers la montagne) dont chaque gramme d’or (sanou) annoncé devient kilos et milliards: on craint pour ses amis: le risque de les voir foncer là-bas en abandonnant tout, puis trop de souffrance et de déception. La jalousie aussi vers celui à qui la « chance» a souri au fond d’un trou, là-bas.
Nous avons, ces jours-ci, pu voir le site de fonte du fer natif (negefin) annoncé dans la montagne depuis plusieurs années et un peu secret.
On dit Jalakoroni: plusieurs bas-fourneaux intacts, des traces importantes du travail du fer (buttes de scories, bois brûlé…) et, tout autour une enceinte « tata» de près d’1 m de haut encore qui protège en zig-zag sur plus de 1OO mètres l’ensemble du site (et qques tombes, autels et traces domestiques). La trace certaine d’une importante activité de production de « fer noir» traditionnelle à partir des roches de minerai qui affleurent partout en surface: à étudier, à protéger, à montrer…
Ce site, un site voisin d’habitation ancienne (que nous n’avons pas vu), le Fleuve et les vestiges de Warakun (cf. rubrique sur notre site ici) constituent un ensemble important pour les visiteurs, les chercheurs et les malinkés de partout: espérons…
KelaMichel