8 décembre 2011
Ainsi se répète inlassablement la litanie de l’échec, la rengaine humiliante de l’impossible.
On peut certes hésiter sur les destins inaccessibles, accepter dans la peur un rêve de certitudes.
Il est toujours humain de douter du possible.
Mais nos amis africains ont construit ainsi un système d’échec impitoyable pour eux-mêmes.
La célébration collective du Triangle, fatal à son époque, des traites atlantiques a verrouillé de culpabilité et de complexes le dialogue essentiel.
L’éducation bâtie par les puissants a fait le reste.
Aujourd’hui fils des diables nous, étrangers, essayons de croire aux miracles de la compassion et de l’autre côté, en face, une certitude d’impossible nourrit les « grands enfants» autoproclamés des souffrances d’un ancêtre improbable.
Alors chaque bonne volonté nous assène en conclusion le définitif « Oui, mais nous…» présent dans toutes les têtes comme une excuse absolutoire devant l’inaccessible convenu et la certitude des africains qu’ils ne pourront jamais rien dans cette condamnation génétique.
L’intelligence ni la construction du monde moderne n’auraient pas leur place en Afrique…
Lorsque nos amis auront écarté ces litanies convenables pour ouvrir eux-mêmes des chemins au futur, lorsque leurs traditions de la force et de l’or qui justifient en miroir nos illusions occidentales laisseront enfin place à la réalité, ces gens-là sauront enfin qu’ils sont des hommes.
Car aujourd’hui aucune des évidentes réussites qui contredisent le dogme n’est acceptée en contredit: la chance seule expliquerait les atypiques pieds-de-nez au Destin de quelques insolents à tête noire, et le Dieu penchera ainsi, s’il veut, son regard sur l’interlocuteur résigné qui a choisi devant nous d’être incapable à vie.
Ce scandale commode offre de part et d’autre un confort avantageux, soigneusement entretenu par les rancunes d’usage.
L’humain ne trouve pas sa place dans ce système d’échec.
Ici pourtant le rire des enfants dit que tout est possible hors du carcan de la chance que les petits ignorent jusqu’à la puberté, et les jolies vieilles malignes partagent joyeusement avec eux le secret des certitudes existentielles qu’elles comprennent enfin.
La complicité de ceux-là efface délibérément tous les complexes et condamne les têtes baissées.
Mes amis, tout est possible pour vous, au village comme à Bamako.
Par vous, qui êtes nés ici.
KelaMichel
ON APPROCHE LE MANDE AVEC BEAUCOUP DE PATIENCE:LA BIBLIOTHEQUE DU MANDE, 12 ANS DEJA…
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6 décembre 2011
Comme annoncé par son fondateur Zoubeyrou Maïga, le n°2 de MALI HEBDO paru ce lundi fait une large place aux dangers que court le fleuve Niger du Mandé.
Manchette en première page et reproduction intégrale de notre alerte en page 7 consacrée par ailleurs au rapport annuel de la FAO (ONU) sur l’Eau et les Terres.
Une page d’alarme.
L’ensemble du numéro, parfaitement réalisé (typo, photos, graphisme, orthographe, équilibre des sujets), témoigne d’une équipe solide et très professionnelle: un vrai travail de journalisme, tel qu’on le pratique quelquefois ailleurs dans le monde.
Nul doute que l’avenir place MALI HEBDO en tête des organes d’information respectés du Mali et de la Sous-région.
Pour l’heure, merci à Zoubeyrou et à toute l’équipe d’avoir eu les premiers le courage de lancer l’alerte sur la lourde menace qui pèse aujourd’hui sur le Mandé.
Mais déjà ils ne sont plus seuls dans ce combat à nos côtés.
KelaMichel
Mots clefs: Eau, FAO, Mali, mali hebdo bamako, niger, ONU, Terres, zoubeyrou maïga
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1 décembre 2011
La parole de Sunjata a couru dans le temps toute l’Afrique de l’Ouest et jusqu’au Mandé d’aujourd’hui.
On célèbre la « charte» dite à Kuru Kan Fuga qui reprenait fermement, près de 5 siècles avant la première Déclaration des Droits de l’homme en Occident, la Règle très stricte des donsos.
Cette règle dit que la nature et l’homme sont un, réunis au DANKUN où ce qu’il faut faire est fait: la donsoya impose de respecter et de maintenir la vie partout et Kuru Kan Fuga répète l’impératif de protection sous toutes ses formes.
Sunjata a posé une autre règle forte, en code de société où chacun doit entendre qu’un homme seul ne peut quelquefois déranger même un grain de sable mais que chacun réuni à ceux qui veulent entreprendre (comme les abeilles, ou les fourmis mene-mene) triomphera à coup sûr des obstacles les plus solides.
Si le combat est juste.
Tout est possible, chaque malinké le sait.
La Bibliothèque du Mandé est notre dankun..
KelaMichel
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30 novembre 2011

I Koyouman, I donsoba, donsoya yere yere
Aujourd’hui, notre alerte sur la pollution du Niger fait très largement écho un peu partout
Après le salut attentif de Claude Viallat, la Fondation Chirac marque son intérêt et dit ses encouragements, etune étudiante japonaise qui connait Kela et sa Bibliotèque du Mandé annonce son arrivée début Janvier. D’autres encore malinkés, maliens et africains conscients: on nous informe déjà du Mandé, ce 1er Janvier 2012 (Bonne et Heureuse…) de l’incursion de plusieurs 4×4 « étrangers» interrogeant sur la route du Fleuve et cherchant discrètement les fameuses dragues.
Le nouvel hebdomadaire MALI HEBDO sera le premier medium à parler: il publie vendredi son n°2 (en vente partout) dans lequel Zoubey Maïga, le Rédacteur en Chef (ex Secrétaire Général d’AFRICABLE) associe carrément sur la même page « Comme le serpent du Wagadu…» et la publication du rapport annuel de la FAO sur l’Eau et la Terre!
L’une des chaînes de télévision les plus regardées au Mali et en Afrique de l’Ouest a déjà tourné le sujet, qui est en cours de montage avant prochaine diffusion.
Au Mandé même, le chef de famille des somonos (bateliers-maîtres du fleuve), Naman Sogore à Kodiou, nous a reçu longtemps et approuve l’action engagée.
Plusieurs personnalités fortes des Keita de Kangaba (dont Kamory Keita, l’ancien maire de Minindjan) sont en harmonie sur le problème.
Le Préfet Diabate, commandant le Cercle de Kangaba, nous a personnellement manifesté son ferme engagement, devant témoins…Les donsos, les peuls et les bozzos suivront sans doute, au côté des autorités de l’Agriculture et de la Santé.
Merci à tous ceux là, qui pensent que « ça vaut la peine» .
Et si les Jeli disaient vrai, qui affirment que seuls les mots accouchent de leur propre mère: le serpent des dragues ferait ainsi naître les mille têtes du nôtre…
MK
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