QUE LA TERRE…

4 juillet 2016

Mamadouba Kamissoko m’apprends avec retard, à la veille de la Fête Seli Fitini, le décès de Fanta Mahdi Koumba Diabate, une grande figure de Kela.
Représentant de la communauté des griots Diabate pour organiser, avec les Keita mansarens, la cérémonie capitale du Kamablon Ti à Kangaba chaque 7 ans, Fanta Mahdi Koumba portait une voix de sagesse et d’autorité dans les débats du village, et savait écouter.
Il manque certainement dans ces grandes occasions et nous lui rendons hommage ici.

Mamadouba, dont la santé s’est considérablement améliorée, persévère dans la continuité de notre Bibliothèque du Mandé.
Il a porté auprès de chaque autorité de la Jeliya et du village la vérité que cette Bibliothèque est voulue, depuis son origine, comme un bien commun à tout le village et un vecteur collectif de renommée: le respect que Mamadouba a gagné maintenant comme chef de famille porte ses avis au delà de la seule communauté des griots jusqu’à Kangaba auprès des autorités administratives de Mininjian et du Cercle.

Mamadouba connait, mieux que je n’ai su le dire, les paroles de vérité qui font l’avenir: qu’il en soit, encore une fois remercié.

Maintenant, avec le début des cultures de l’hivernage, le temps des fêtes est venu.

Je salue chacun de ceux et de celles qui vivent au village.

KelaMichel

PS: Mamadouba téléphone (OO223) 7943 53 78.

Salut à la grande famille Haïdara.

8 juin 2016

Nous avons toujours célébré, à notre manière, la place des griots Diabate de Kela dans la gouvernance du village et celle d’abord de l’Hadj Demba Madi Diabate, alors chef des griots, qui accompagna depuis l’origine notre action de Bibliothèque du Mandé.
La fonction officielle de la famille religieuse des Haïdara est, depuis longtemps, celle de la mosquée et,
dans la structure administrative moderne, la chefferie du village. Depuis le début du XX Siècle.
Ces deux familles, les plus importantes en nombre dans la population de Kela, partagent l’autorité dans un équilibre harmonieux de pouvoir et (on peut le regretter) quelquefois dans une indifférence réciproque.
Ce mois de Juin 2016 voit succéder, dans la structure traditionnelle, les « diamosis»  Haïdara à la priorité Diabate affirmée depuis plus de 3O ans: il ne s’agit ni de victoire ni de révolution, simplement un ordre nouveau qui s’installe harmonieusement avec l’accord de la communauté du village.
Nous saluons donc ces Haïdara qui nous ont discrètement accepté dans l’amitié constante des 4 chefs de village de leur famille que nous avons eu la chance de connaitre.

Une pensée amicale aujourd’hui à Sekou Haïdara, géant albinos au doux sourire, dont les avis mesurés aideront sans doute chacun désormais dans les décisions importantes comme dans les choix plus modestes de la vie quotidienne.

Nous ne doutons pas de l’efficace harmonie des relations entre les diamosis et les Diabate par le respect mutuel de deux hommes véridiques: Sekou Haïdara et Dieteneh Madi Diabate (chef des griots de Kela).
Leur présence maintient aujourd’hui la force de Kela au sein de la communauté malinké.

KelaMichel

KELA NEWS

27 avril 2016

Ce début d’après-midi, un appel téléphonique de Mamadouba Kamissoko pour m’informer qu’il a bien en mains notre modeste contribution d’assistance transmise par Western Union…
Cette fin de semaine sera plus douce.
Il dit aussi que Dieteneh Madi Diabate, le chef des griots de Kela, ami fidèle, nous salue.
Un peu d’émotion.

KelaMichel

KELA , UN VILLAGE ?

21 janvier 2016

L’égoïsme est moteur aveugle de certitudes.
Ainsi du « bienveillant»  qui, voisin d’Afrique ou étranger d’ailleurs, fait le voyage de Kela.
Car, dans l’illusion du premier jour, il ignore le malentendu, l’urgence de savoir que ce village est seulement un puzzle de familles qui, chacune à sa place depuis les premiers temps du Mandé, vit par l’équilibre attentif à l’autre.
Kela n’attend rien de celui qui vient, parce que chaque famille tient immuablement sa force de chaque voisin depuis toujours.
Kela n’est pas un village, c’est un Mot.

Chaque louange recue devant cette communauté permanente du verbe doit donc être écoutée très attentivement, mais la réponse est inutile.
L’étranger n’a jamais aucun accès efficace : Kela restera la propriété et la force de « ceux qui vivent là» , les intrusions affectueuses n’y changent rien.
Ici les griots Diabate, maîtres du Mot, décident toujours de tout.

Quelques jours, quelques mois ou quelques années font donc sourire au regard des siècles bâtis sur l’Histoire de Sunjata qui réduit tous les égoïsmes.
Le pacte du Mandé a fixé ici, au temps de Saint-Louis, la tâche éternelle de chaque famille; et la célébration du Kamablon, chaque 7 ans à Kangaba, n’introduira jamais aucun patronyme nouveau dans cette histoire.

Définitivement, l’Autre n’offre que des mains vides aux mots de bienvenue de ses nouveaux amis: peine perdue pour celui qui veut ajouter au système ses certitudes vocabulaires.

Notre Bibliothèque du Mandé pose ainsi ses propres limites et le respect du Mot.

KelaMichel