Les orages d’Eté laissent place aux pluies fines continues
Bamako 1 Aout 2OO4.
Les orages d’Eté laissent place aux pluies fines continues (style « crachin» ) qui amènent doucement beaucoup d’eau partout. Tout est semé à Kela. La route, encore praticable jusqu’à Bamako, a toutefois imposé un voyage de 5 heures de temps hier, pour rejoindre la capitale: souhaitons qu’un chantier sérieux et efficace intervienne sur le chemin, dès que les premiers jours secs de Novembre le rendront possible.
L’issue définitive du conflit Kela-Salamale de 2OO3, qui trouva en Avril une solution collective(cf. Kudukanfuga) doit intervenir ces jours prochains au plan judiciaire individuels, devant la Cour d’Assise siègeant à Bamako: nos prisonniers d’honneur devraient donc voir le terme de la -trop- longue période carcérale qu’ils ont courageusement supporté. chaque famille, dans les deux villages, attends le retour d’hommes libres, ceux qui se sont affrontés malheureusement par respect de leur communauté respective et qui n’ont jamais dérogé dans les 15 mois de prison subis… Bienvenue à Kela pour ceux qui vont rentrer à la maison!
La mise en place prudente du Comité de Développement de la Bibliothèque du Mandé se poursuit à Kela, d’une façon discrète, sincère et décidée.
Nous avons reçu encouragements et enthousiasme par mail de Sophie, rencontrée trop vite au soir du 14 juillet chez l’Ambassadeur de France à Bamako. L’annonce ègalement, de Paris, d’un nouveau regard australien sur la Bibliothèque du Mandé: il est presque l’heure d’afficher sur notre site la carte du mondeornée de petits drapeaux (là où sont ceux qui nous accompagnent, chacun à sa manière, dans l’aventure).
Le Livre d’Or de la Bibliothèque, que Michel « trimballe» partout avec lui depuis que l’ami relieur Deschamps le confectionna à Nimes pour nous, réunit peu à peu les signatures de ceux, blancs et noirs et c…, qui sont venus à Kela ou qui découvrent nos cases et leur trésor de livres: humour, ironie, émotion par le jeu des mots, et encouragement à continuer ensemble.
A coté du chemin écrit, et tout prèsde Kela au-delà du Fleuve (3 kms), sur les territoires de Badalabougou et de Warakun (la Tête de lion) le seul témoignage bâti, et plus que centenaire, du système de commerce ancien sur le Fleuve Niger-Joliba jusqu’à Bamako: on dit « le magasin de Warakun» , pour cet ensemble impressionnant (3,5O m de haut, murs de O,8O, bâti de plus de 5OO m2 subsistant) en surplomb du fleuve, grenier et fortin en même temps. Cet entrepôt, unique de Guinée à Bamako, recueillait et distribuait les grains de la région et stockait, sous surveillance armée, les marchandises amenées d’amont par le Fleuve: les pinasses du temps de Samory accostaient ici au XIX° siècle, chargaient et déchargeaient les approvisionnements convenus, et les bateliers trouvaient sur place dequoi organiser leur escale le temps nécessaire.
Cette structure, encore impressionnante à l’oeil aujourd’hui, connut déshérence et dégradation dès les premiers temps de l’installation coloniale et ne sera remplacée, le long des pistes nouvelles cette fois, que plusde 5O ans plus tard par les « Magasinsde la haute-Vallée» - et notamment ceux de Kangaba et de Fou pour notre Mandé- eux aussi déserts maintenant.
En tout cas, notre « fortin commercial» de Warakun, en terre crue conforté d’huile de karité comme on construisait en ce temps là, est aujourd’hui un motif sérieux d’escapade autour de Kela et l’idée de quelque recherche patiente pour Michel. Une preuve aussi que notre Mandé existait vraiment comme il faut, et organisé bien avant le temps des progrès imposés…
Mais ceci est une autre histoire (Rudyard Kipling)…
Bonjour de Kela pour vous.