Les éléphants à Kela !

Bamako, Lundi 2 Août 2OO4.

LES ELEPHANTS A KELA ! Non, il ne s’agit ni d’une blague, ni d’une image d’Epinal pour dire l’Afrique! On a vu, à la fin de Juillet, 3 éléphants « rouges»  (’plus petits que les gros éléphants gris) tout à côté de kela, de l’autre coté du fleuve: sans doute (sources Direction des Eaux et Forêts) sur une route traditonnelle oubliée de l’homme, de Côte d’Ivoire où ils stationnent habituellement jusqu’au Baoulé (zone forestière au N-O de Bamako) où une ancienne migration les réunissait sans doute à d’autres provenances au temps de l’hivernage.

Quoi qu’il en soit, 1 puis 3 éléphants ont donc rejoint notre zone (villages de Figira et Fou) où la rumeur annonce quelques désordres non vérifiés. Il s’agit d’un mâle âgé et d’un couple. Le mâle-avant-courrier a traversé le Niger à 3-4 kms en aval de Kela, pour rejoindre notre rive gauche du fleuve, continuant sa route solitaire vers Deguela puis Narena vers le Nord (Kita, la forêt du Baoulé). Le service des Eaux et Forêtsn décrit son hypothèse: Des problèmes, sans doute alimentaires, en Côte d’Ivoire, ont provoqué cet exode limité des animaux, exploratoire d’un trajet ancien conservé en mémoire par le groupe actuel. Actuellement, le mâle solitaire est avancé en éclaireur vers l’endroit du Baoulé où stationnait jadis un groupe-hôte, laissant en station près du fleuve le couple qui l’(accompagne sur cette ancienne trace. Dans l’hypothèse probable de non-existence actuelle du groupe mémorisé au Baoulé, ou si ce groupe stationne aujourd’hui loin de son ancien territoire, le mâle avant-courrier»  déçu»  reviendra très exactement sur ses traces, rejoindre le couple en attente, pour un retour vers la base du troupeau dont ils sont issus. Au cas favorable de jonction avec le groupe défini en mémoire au Baoulé, le couple laissé en arrière traversera à son tour lle fleuve pour rejoindre le Baoulé!

Cette démarche peut annoncer la reprise, pour les années à venir, d’une ancienne migration qui placerait donc Kela sur « La Route des Elephants» … On peut savoir que le Mali, dans la région de Douentza, vers la frontière Burkinabe, compte actuellement plus de 6OO têtes de nos pachydermes, décomptées avec tous moyens modernes et traditionnels et protégés par l’Administration des Eaux et Forêts du Mali avec l’aide des Donsos (chasseurs de brousse traditionnels) des zones de transit ou de station. Souhaitons que ceux qui « visitent»  Kela cette année fassent route paisible et rétablissent, comme on peut rêver, la tradition mandingue d’une nature forte, puissante et nourricière en amenant plus tard, sur ce chemin, leurs éventuels congénères.

L’Avenir dira…

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