Les compromis de Ramadan

Souhaitons d’abord une joyeuse fin de Ramadan à chacun des habitants de « notre»  village de Kela, aux amis Keita de Kangaba et aux quelques uns qui, depuis Bamako, ont accompagné l’aventure de la Bibliothèque dans ses heureuses ou moins favorables péripéties depuis l’an 2000.
Pour le Mali, si fort quand il le veut, cette fête est assombrie, une fois encore, par les graves « anecdotes»  de l’agression jihadiste dans les contrées du Nord et maintenant par celles qui frappent régulièrement Bamako même.
Notre illusion occidentale d’un ramadan de pardon et de paix serait donc un leurre par le compromis de naïvetés inexcusables: non, nous ne voulons pas vivre ce système de trahisons imbéciles qui condamnerait l’amitié sincère que nous avons connue, nous ne savons pas non plus renier la force des moments sincères vécus ensemble.
Quel que soit le futur matériel de la Bibliothèque du Mandé, le souvenir lucide des moments construits au pied du baobab Sokouba Jian de Kela reste essentiel pour chacun de nous. Les accidents de vie de chacun
excusent d’avance la dislocation, un jour sans doute, des murs de brique crue et des toits de paille que la confiance aura un long temps protégés.
Ici, trop loin en France, je salue donc cette fin de Ramadan comme un espoir pour chacun de nous Blancs ou Noirs, dans le souvenir d’abord de Koyouman Konate, mon « patron»  au donso ton de Kela, modèle pour tous ceux qui l’ont un peu connu.

KelaMichel

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