MISSION D’ETUDE « WARAKUN» 

QUELQUES IMAGES ET QUELQUES MOTS SUR CE QUE VOUS ALLEZ DECOUVRIR AVEC MAMADOUBA………..TOUJOURS LA BIBLIOTHEQUE DU MANDE, UNE AUTRE FACON D’AGIR.

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On ne peut dire à tout vent les secrets du Mandé, et l’histoire a chargé certains lieux de trop de souffrances pour qu’on ait vraiment le droit d’ouvrir ces portes-la.

Tel est le monument impressionnant de Warakun, juste au-delà du fleuve, en face de Kela: tout près du hameau de Badalabougou des Traore et des Keita.
La matérialité de cette construction doit être protégée de toute urgence pour que le visiteur puisse admirer longtemps le remarquable travail de terre et de « miel»  des constructeurs du temps passé: le site mérite la visite, à l’égal du TATA de Sikasso ou du fort de Kayes, à l’égal aussi de l’Île de Gorée sur les côtes du Sénégal ou du site de migration récemment classé par l’UNESCO dans les Iles du Cap Vert…

Le dossier documentaire ci-dessous a été déposé en instance auprès de la Direction Nationale du Patrimoine pour mise en place des procédures maliennes d’Etude et de classement éventuel.

un détail de linteau en bois dur, l'accès étroit et difficile par une berge très escarpée, des murs presque cyclopéens...
un détail de linteau en bois dur, l’accès étroit et difficile par une berge très escarpée, des murs presque cyclopéens…et le fameux Mamadouba Kamissoko.

Mais il s’agit, surtout, de respecter l’Histoire de ceux dont les ancêtres, un jour, ont fait le Mandé que nous aimons.

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CI-DESSOUS L’ETAT ACTUEL DE LA RECHERCHE SOMMAIREMENT DOCUMENTEE DE CE PROGRAMME:

»  WARAKUN
Patrimoine historique bâti : Mandé, Région de Koulikoro, Hameau de Badalabougou (face Kela, Cercle de kangaba).

PRESENTATION

Nous avons relevé l’existence, au bord du Niger, à 1,5 kms du village de Kela (commune de Minindjan, cercle de Kangaba), d’importants vestiges bâtis. A proximité immédiate du village de Badalabougou, de l’autre côté du fleuve.

Ce site est connu de la population sous dénomination de « MAGASINS DE WARAKUN ».

L’importance du bâti ancien existant et la structure de la construction même ont retenu notre attention.

Il semble toutefois que l’importance du site dans la tradition locale soit protégée et impose une étude prudente.

Nous n’aborderons donc, dans un premier temps, que la problématique liée à la structure matérielle de l’existant et celle liée à sa situation particulière et aux conditions matérielles d’accès : ces éléments purement matériels permettent d’établir des hypothèses suffisantes pour envisager une étude scientifique.

SITUATION ET ACCES

A moins de 100 mètres des berges du fleuve, à 3OO mètres environ du village de Badalabougou, le bâti existant est bien visible depuis le fleuve.

Le site est accessible en véhicule, depuis Bamako par la route bitumée de SELINGUE puis la piste par FOU. Il est accessible également par l’autre rive, route de KANGABA-KELA puis piste jusqu’au fleuve (1,5 kms) puis traversée du fleuve en pirogue.

TOPOGRAPHIE

Le site couvre environ 2 hectares, libres d’habitations hors le village de Badalabougou à 300 mètres environ.

Soit :

1.         Un terrain (apparemment cultivé) libre d’arbres sauf la présence de 2 baobabs adultes,  pour environ 1,5 hectares : traces d’implantation d’anciennes habitations groupées (vestiges en sous-sol ?)

2.        Un ensemble important de vestiges bâtis en élévation, implantés en « L régulier ».

NOTA: L’accès au fleuve est plus difficile que pour les zones voisines immédiates, car les berges sont particulièrement abruptes au droit des constructions (PHOTOS).

DESCRIPTION DU BATI EXISTANT.

Le bâti en élévation est un ensemble de 4 cases, implantées en L régulier soit 2 cases en front côté fleuve accolées de 2 autres cases identiques en alignement perpendiculaire au fleuve : cette disposition évoque un programme originel (inachevé ?) de 6 cases alignées 2 par 2.

La construction est en banco.

La hauteur des bâtis est régulièrement de 3,50 mètres environ, à mettre en regard des hauteurs habituelles de 2/2,50 mètres.

L’épaisseur régulière des murs est de +- 1,00 mètres, très supérieures au O,20/O,40 habituels.

Le diamètre de chaque bâtiment est supérieur à 5,00 mètres.

L’appareil fait apparaître 3 ordres de briques, superposés en léger retrait, sur une fondation en briques de banco en débord. Le soubassement est très marqué en angle droit au niveau du sol.

L’accès à chaque bâtiment  est limité à une porte étroite, de hauteur inférieure à 1,50 mètres (quelques linteaux de bois visibles). De petits percements en pieds, sans doute pour l’écoulement de fluides ( ?).

Certains bâtiments comportent une séparation intérieure bâtie en croix, délimitant 4 cellules (apparemment sans intercommunication).

Une végétation considérable (arbres de section supérieur à 0,60 mètres) au cœur des bâtis indique la désaffection ancienne (environ 100 ans?).

Investigation sommaire et interprétation :

Les caractères du bâti existant indiquent une affectation à des « marchandises » de valeur.

Nos interlocuteurs sur place -Fajimba Keita, chef du village de Badalabougou- (et famille de forgerons en forêt proche- conservant la dénomination WARAKUN- apparemment issue du site même) documentent avec réticence un chantier de longue durée mobilisant plusieurs centaines de personnes et un matériau renforcé de « miel de terre » à la construction : l’épaisseur et la hauteur du bâti confirme.

Le volume des constructions implique des marchandises volumineuses : il ne semble s’agir ni de produits de culture, ni de minerais…

Un accès réduit par d’étroites portes basses rend difficile le transport à dos d’homme…

On peut interpréter la « marchandise » évoquée par nos interlocuteurs comme auto-mobile : matériel humain ?

Certains éléments topographiques peuvent appuyer cette hypothèse.

ELEMENTS TOPOGRAPHIQUES

La proximité du fleuve est liée aux contraintes de transport : probablement des pirogues descendant le fleuve vers SOTUBA-BAMAKO.

Les bâtiments sont pourtant identifiables à vue depuis le fleuve, mais l’implantation du site implique un accès difficile par le fleuve (berges abruptes).

De gros blocs de pierre présents sur la berge en quantité ont pu servir à établir, à l’époque de service, une aire d’accostage( ?).

L’accès au fleuve a été creusé dans la roche abrupte, pour un passage étroit et incompatible avec des exigences de portage.

L’ensemble de ces éléments topographiques semble étayer la thèse d’un transport de « marchandise » auto-mobile.

EVALUATION HISTORIQUE

Nos informateurs indiquent l’existence ancienne d’une population importante sur le site (les traces de village ?), abandonnant la place après de violents combats.

On évoque le temps de Mamby Keita (fin du XIX° siècle), l’opposition Keita-Traore sur des rivalités mystiques et matrimoniales (ces 2 familles sont aujourd’hui réunies présentes en harmonie au village proche de Badalabougou).

Les villages de Danga, Selin et le hameau forestier de Warakun notamment seraient des survivances de ce « déplacement ».

La mission envisagée ne doit pas publier l’étude de ces éléments « historiques» , car ils peuvent mettre en cause des facteurs importants de la mystique malinke.

ETAT

Un site très défendu et occupant une population importante, des constructions lourdes, un accès nécessaire au fleuve proche  : mais l’ensemble est inadapté au tranfèrement de charges à dos d’homme : la « marchandise doit se déplacer jusqu’au fleuve par ses propres moyens.

Nous émettons l’hypothèse d’un ensemble construit et défendu pour accueillir « en attente de déplacement » une population de captifs : le passage sur demande de convoyeurs établis en amont du site (actuelle Guinée ?) pour acheminer la « marchandise » par le fleuve jusqu’à Sotuba où elle est prise en charge par les marchands traditionnels pour continuer son voyage africain vers le Nord.

CONCLUSION

La consultation de compétences extérieures à notre zone malinke (Mali et France) semble confirmer les caractères du commerce évoqué et l’intérêt du site pour y engager une mission d’étude.

Cette mission serait limitée, comme recommandé infra, à l’étude physique du bâti existant et des éléments liés.

Son objet serait (d’infirmer ou) de confirmer la destination à usage de traite intérieure, et donc le caractère patrimonial de ce site.

Le concours du Ministère de la Culture de la République du Mali et la participation de la Direction Nationale du Patrimoine sont essentiels.

Bamako, 24 Juillet 2009

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L’association Afrique Patrimoine, créée par notre ami Tristan Routier en 2010 à la suite des actions d’animation de la recherche sur le « couteau» , que nous documentons sur le site, a récemment intégré le site de « WARAKUN»  à son programme d’action.

INFORMATION 1 DECEMBRE 2011: QUELQUES PHOTOGRAPHIES DU SITE DE WARAKUN AUJOURD’HUI, et la démarche annoncée par Mme Mour N’Diaye (déléguée générale de lla Région de Koulikoro pour la Culture) d’une prochaine inscription à la liste du Patrimoine National Malien, après étude archéologique et inventaire matériel…

Mais pour accéder au site de WARAKUN ou à celui des bas-fourneaux (métallurgie traditionnelle du fer) de DIALACORONI (cf.site), l’assistance de Mamadouba Kamissoko  (00223/79435378) est impérative pour respecter les règles du Mandé.

L’AVENTURE TRANQUILLE
AVEC MAMADOUBA, VOUS POURREZ VIVRE, EN TOUTE SECURITE, UNE JOURNEE INOUBLIABLE D’AVENTURE: de Kela jusqu’au Fleuve en charrette à âne, puis en pirogue sur le fleuve (depuis Namina, arrêt au village de somonos – bateliers – de Kodiou, visite du site de WARAKUN et déjeuner d’hôte à Badalabougou chez les nobles Keita, retour en charette à âne vers le « petit soir» ). ong>

ATTENTION: par respect pour vous et pour les populations, ce programme ne peut être assuré pour des groupes de plus de 8 personnes.

Merci de joindre ensuite vos efforts et vos connaissances aux nôtres pour avancer un peu l’Histoire de cette Afrique.