KELA , UN VILLAGE ?

L’égoïsme est moteur aveugle de certitudes.
Ainsi du « bienveillant»  qui, voisin d’Afrique ou étranger d’ailleurs, fait le voyage de Kela.
Car, dans l’illusion du premier jour, il ignore le malentendu, l’urgence de savoir que ce village est seulement un puzzle de familles qui, chacune à sa place depuis les premiers temps du Mandé, vit par l’équilibre attentif à l’autre.
Kela n’attend rien de celui qui vient, parce que chaque famille tient immuablement sa force de chaque voisin depuis toujours.
Kela n’est pas un village, c’est un Mot.

Chaque louange recue devant cette communauté permanente du verbe doit donc être écoutée très attentivement, mais la réponse est inutile.
L’étranger n’a jamais aucun accès efficace : Kela restera la propriété et la force de « ceux qui vivent là» , les intrusions affectueuses n’y changent rien.
Ici les griots Diabate, maîtres du Mot, décident toujours de tout.

Quelques jours, quelques mois ou quelques années font donc sourire au regard des siècles bâtis sur l’Histoire de Sunjata qui réduit tous les égoïsmes.
Le pacte du Mandé a fixé ici, au temps de Saint-Louis, la tâche éternelle de chaque famille; et la célébration du Kamablon, chaque 7 ans à Kangaba, n’introduira jamais aucun patronyme nouveau dans cette histoire.

Définitivement, l’Autre n’offre que des mains vides aux mots de bienvenue de ses nouveaux amis: peine perdue pour celui qui veut ajouter au système ses certitudes vocabulaires.

Notre Bibliothèque du Mandé pose ainsi ses propres limites et le respect du Mot.

KelaMichel

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