DE BRIQUES ET DE PAILLE
La Bibliothèque est maintenant presque une vieille dame en brousse du Mandé. Or, si vous connaissez nos villages, vous savez qu’ici les vieilles dames qui ont travaillé dur toute une vie sont jolies et espiègles, et sensibles aux sourires qu’elles nous renvoient avec humour: leur secret est dans ce miracle de la brousse malinké qui efface l’âge, moment venu.
Lacine Diarra s’occupe en ce moment de « notre vieille dame» , avec les amis kéliens de toujours autour des livres et prêts à proposer les solution aux problèmes.
Il a pris en mains toute une équipe solide et compétente (à laquelle se réunissent les élèves du Collège et de l’ecole fondamentale attentifs à la leçon de vie de Yaya coulibaly et de sa statue) pour le grand chantier nécessaire de réfection du toit du vestibule-blon de laBibliothèque du Mandé.
Ce n’est pas une petite affaire car il faut couper, à près de 10 kms de Kela, quantité de bonne paille. Ensuite tresser en « paillassons» , dégager l’ancienne couverture pour contrôler et consolider, après dépôt au sol, la structure porteuse de bambou (affaire de grands érudits), placer les spirales comme il faut en chenille vers le sommet; confectionner et placer un « croisillon» de corde sous la voûte après avoir porté le tout en poids jusqu’au sommet des murs. Enfin, tresser un épi faîtier propre et digne qui dira aux passants que cette cour est honorable.
Nous allons à Kela cette semaine pour les derniers moments du chantier: l’occasion aussi de vérifier encore que tout est bien en place autour des livres: hangars de lecture et de thés, les nouveaux bancs, les bougainvillées vieux maintenant de 5 ans qui mettent du rouge aux joues de notre vieille dame…
Nous avons pu sourire, à notre dernière visite, des murs sans failles et des sanitaires commodes, le travail des Kamissoko nos voisins.
Bienvenue à Kela.
Michel