Archive pour la catégorie ‘BRAVO BAMAKO’

Comme le Serpent …

Mardi 15 novembre 2011

K.K.

CE TEXTE A ETE INTEGRALEMENT PUBLIE, DEBUT DECEMBRE, PAR MALI HEBDO.

Au pays de Koyouman Konate…

Le fleuve Niger est le sang du Mandé, du Mali et d’une grande partie de l’Afrique de l’Ouest, ainsi proclamé par ceux qui sont nés là et par de nombreuses conférences « internationales»  rutilantes de bonne volonté.
On étudie donc à grands frais le problème d’une pollution de l’Eau qui fait vivre: les eaux de lessive de Bamako ou la prolifération des sacs plastiques qui étouffent les caïmans sous les yeux des bailleurs de fonds sont ainsi courageusement dénoncées…

Autour de notre village, là où le Niger s’appelle Joliba, on connait depuis toujours l’Eau du Fleuve comme un véritable médicament à puiser librement par bidons entiers pour soigner les femmes enceintes et les bébés et tenter de prolonger encore un peu la vie des vieillards qu’on respecte. Certains ont pourtant remarqué que des étrangers qui travaillent sur le fleuve depuis cette année, font venir de loin à grands frais l’eau de forage qu’ils boivent: surtout pas une goutte d’eau du Joliba, pourquoi?

Peut-être parce que depuis le début de l’année 2011, le serpent continu de leurs dragues puissantes(plus de 4O engins mécanisés) est venu au Mandé, qui creuse le lit du Fleuve de la frontière de Guinée (Joulafondo) à Bancoumana 60 kms en aval: on exploite l’or, on pollue le Fleuve au mercure.
Un groupe coréen a lancé le premier 5 grosses dragues à proximité de Kangaba, les autres ont suivi discrètement…
L’eau du Fleuve doit-elle donc devenir un poison silencieux pour les poissons, les plantes, les animaux et les habitants du Mandé?
Non, la vénération du Serpent ni celle de l’or ne doivent mener ainsi l’homme à sa Mort.

Certains « informent»  sans rire qu’il s’agit seulement de nettoyer le lit trop ensablé du Fleuve, d’autres indiquent que c’est « le bruit des moteurs»  qui a fait fuir les poissons et les pêcheurs-bozzos ( cette année ils ont quitté la zone avec près de 2 mois d’avance ) d’autres encore, à propos de lavage au mercure des sables aurifères, croient pouvoir affirmer que les produits employés par le Grand Serpent sur le Fleuve n’ont rien de commun avec ce poison et ne présentent aucun danger…

Bonnes nouvelles, car sinon la contamination proliférante va pourrir tout le pays.

Est-il vraiment utile, pour l’Histoire, de savoir si le Grand Serpent Amoureux des dragues du Mandé est le fils du Bida du Wagadu ou plus probablement l’avatar africain du serpent Khâ de Rudyard Kipling qui entraine en silence ses proies dans un sommeil fatal?

Nous, nous ne savons rien. Inviter quelques uns des nouveaux bateliers de l’or à un festin de poissons pêchés tout près de leur engin permettrait peut-être d’interprèter une abstinence trop argumentée?

Mais c’est d’abord l’affaire des savants (en Français « ceux qui savent» ) du Mali et du monde entier de connaitre…
C’est aussi l’affaire aussi des ONG et de leurs prochains colloques de nous parler.
Les « chefs de terre» , les somonos et les notables, l’association N’ko et la presse multimedia sont informés…

Pour le droit de chacun des enfants , et de ses descendants pour 1000 ans, de vivre en sûreté au bord de son Fleuve, au Mandé..

Donsoko, il est temps.

KelaMichel

Une Afrique dilettante: ouvrir des fenêtres.

Mardi 23 juin 2009

Le point commun d’évidence qui fait vivre ensemble la musique, le livre et les arts de la forme (peinture, sculpture) est peut-être, très simplement, la vie.

Au delà des objectifs linéaires en forme d’autoroute vers quelque parking à penser trop connu, le dilettantisme a sans doute, ainsi, sa place sur chaque continent. Et tout particulièrement en Afrique. Telle est la démarche initiée naguère autour de la Bibliothèque du Mandé de Kela et dont les développements éclatent doucement: une façon de penser, d’imaginer et de faire que nous avons titrée désormais BRAVO BAMAKO.

Ainsi un rêve de jumelage entre la Bibliothèque des Manuscrits de Djenné et celle du Mandé à Kela, l’exposition « géante»  de Claude Viallat à Bamako en Février-Mars 2009, l’inventaire historique des sites de Warakun et de Djalacoroni : dilettantisme….

Mais il suffit de rêver d’abord de fortes amitiés et d’un peu de travail et d’ignorer toujours les priorités de culture qui placent les couleurs et les continents dans un système obsolète de hiérarchies; le sentiment aussi que rien, jamais, n’est complètement inutile ni vraiment impossible.

Et Kela ? le Festival 2009 fut un très grand succès et l’amorce d’un avenir solide pour découvrir le Mandé d’une autre manière, les succès de Moriba Diabate et de Boureman « N’ko den»  Diabate un peu partout en Afrique et au-delà, le campement FAMA qui permet de vivre Kela dans les règles d’une hospitalité prudente, le développement du Collège et de l’Ecole Fondamentale désormais fortement structurés pour tous les enfants du village, l’énergie féroce de Lancine Diarra autour de la Bibliothèque du Mandé et l’attention permanente des associations du N’ko et des réunions de femmes autour d’Assetou Kouyate témoignent que Kela est vivant d’un catalogue d’initiatives à hauteur de son histoire.

Le dilettantisme, n’est-ce-pas simplement vivre comme on se réunit ici autour du plat: à pleines dents ?

Bienvenue.

KelaMichel

Un « fameux couteau» : 10 ans de patience pour 1000 ans d’histoire?

Lundi 23 mars 2009
un morceau de mystère et de pouvoir: komo?

un morceau de mystère et de pouvoir: komo?

Tristan Routier et AFRIQUE PATRIMOINE ont sû motiver à Paris les travaux d’équipes scientifiques éminentes réunies autour d’une lame de sabre africain (le « fameux couteau» ) que nous avions acquise d’un ami peul ici à Bamako en 2002.

Nos recherches d’amateur, patientes mais assez peu méthodiques, et l’indifférence des érudits consultés sans relâche jusqu’en France, n’avaient encore ouvert aucun chemin vraiment digne des approches de la science: depuis Avril 2008, la route s’est ouverte au travail des équipes attentives du Louvre, de l’Université Paris-Sorbonne, de chercheurs belges, anglais ou  africains qui, chacun pour sa spécialité reconnue (métallurgie d’Afrique de l’ouest, instruments royaux de pouvoir, histoire es signes de croyance…) ont placé cet objet au premier plan d’intérêt.

Nous avons ouvert sur le site une rubrique illustrée consacrée à ce chantier d’Histoire.

Lorsque le travail d’étude connaitra son terme provisoire, nous offrirons cet objet remarquable au musée national le plus concerné en Afrique de l’Ouest: sa place est là.

Merci déjà à chacun de ceux qui offrent à notre patience obstinée le cadeau énorme de leur érudition ou plus simplement le sourire attentif de leur curiosité.

KelaMichel

LE PETIT TORO…

Mardi 3 mars 2009
Dans notre poche, ce petit toro noir, jusqu'à Kela.

Dans notre poche, ce petit toro noir, jusqu'à Kela.

Le travail de Claude Viallat est un miroir à facettes, qui réflète la même réalité avec les mêmes exigences. Ainsi, dans le même temps où le travail de peindre harassait la forme « quelconque»  que le hasard lui avait offert dans l’Eté 1966, les toros et les tauromachies qui étaient dans sa vie depuis l’adolescence sont dessinés et peints sans relâche sur le papier où sur des supports où le vécu a laissé les marques de la vie.

Parallèlement Claude, l’homme qui marche sans relâche, ramassant tous les bois flottés et les cordages fatigués par mers et marées, bricola des équilibres subtils souvent très proches des noeuds que la mystique impose ici à nos fétiches: les afriques de Claude Viallat, là-bas au Grand Sud de l’europe…

Le grand succès que nos amis maliens ont construit cette année à force de coeur, autour du travail de Claude Viallat, nous pousse vers le projet fou évoqué naguère à Bamako*: bricoler rigoureusement une exposition-miroir qui affronterait (apprivoiserait) deux mondes, celui des « tauromachies»  de Claude Viallat et celui, multiforme à travers nos brousses, des représentations des cultes et des mythes du taureau en Afrique Occidentale.

Des collections publiques et privées d’un peu partout dans le Monde, des compétences de toutes couleurs et beaucoup de travail et de passion: voyager ensuite les principales capitales au Sud du Sahara etc… jusqu’au musée parisien du Quai Branly, peut-être.

L’affaire n’est pas simple, et nous avons besoin de vous.

*FEVRIER 2012/ CE PROJET, AU DELA DE NOS SEULES FORCES SANS DOUTE, N’A PAS ETE REALISE. 

Michel Kuentz