Archive pour la catégorie ‘Actualités’

KURUKAN FUGA: RESPECT.

Mercredi 18 janvier 2012

La Charte des Chasseurs du Mande, souvent évoquée, est sans doute bien antérieure à l’installation du mansa Sunjata Keita au XIII° siècle.

La construction d’une morale publique au Mandé fut reprise et développée en système de Droit Public lors de l’assemblée de Kurukan Fuga et fait référence partout jusqu’à nos jours.
KURKAN FUGA, c’est ainsi la réunion de Kangaba où, en rappel des règles immémoriales de la DONSOYA, Sunjata réunit tous ses alliés victorieux de Sumaworo Kante à la bataille de Kirina pour fixer l’équilibre de la société malinké: griots, forgerons, nobles, marabouts…
Chacun son nom de famille(JAMU) pour une place précise dans la société.
Cet équilibre est encore très actif aujourd’hui.

ATTENTION DERNIERE MINUTE
Une grande réunion des DONSOS du Mandé, du Mali et de la Guinée, vient de se rassembler à Kela: un moment fort pour ceux que le Mandé intrigue ou fascine, la vérité des paroles, de la musique des soras (griots des donsos) et des danses qui disent ensemble les noms et la geste des illustres donsos des temps passés.

Nous reproduisons ici d’abord LA CHARTE DES CHASSEURS, en soutien à l’alerte engagée pour la protection du fleuve Niger dans sa haute-vallée malinké, la retranscription du MANDEN KALIKAN établie par le linguiste français Gérard Galtier, en accord avec Youssouf Tata Cisse.
Cette version recueillie autour de Kangaba (Kela? Kirina?) et publiée en 2003, utilise une graphie dite par G.G. « trans-mandingue» …

Ainsi l’article 4 de la Charte établit clairement le devoir de garde et de protection des terres et des hommes, et justifie l’effort impératif de chacun au Mandé pour sauvegarder hommes, animaux et plantes du Mandé contre la folie archaïque de l’or qui menace aujourd’hui le Fleuve.

TEXTE EN MANINKAKAN
transcription en Français

Donsolu ko:
Ko bèè k’i jaan to i faso la;
Ko n’i no a mèn ko faso, n’o ye jamana di,
Ko mogolu ko don,
Ko ni mogo banna jamana wo jamana ko kan,
Ko o jamana wo dugukolo yyèrè be nyanafin.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent:
Que chacun veille sur la terre de ses pères.
Par patrie, pays, ou terre des pères,
Il faut entendre aussi et surtout les hommes:
Car tout pays, toute terre qui verrait les
Hommes disparaitre de sa surface
Connaitrait le déclin et la désolation.

L’ARTICLE 42 DE LA CHARTE DE KURUKAN FUGA (Charte du Mandé) établie sous l’autorité de Sunjataévoquait aussi, à date reconnue vers 1236, le respect dû à la brousse (c’est à dire la Nature sous toutes ses formes vivantes) et le devoir pour chacun de protéger et de défendre « notre bien le plus précieux» : rien de vivant sans le Fleuve…

Maintenant, il faut vite alerter nos frères malinkés de Guinée sur les risques que le mercure a installé aussi chez eux et propage en aval sur le fleuve au Mali: les dragues qui sont nombreuses en amont de Julafundo à utiliser le mercure (et non celles qui lavent l’or « à la battée» ) doivent également sortir du fleuve, comme cela est engagé au Mali. C’est le même fleuve vivant en Guinée et au Mali, et la Convention Internationale qui règlemente le Parc National de Guinée doit y être strictement appliquée.

Oui, vivant sous toutes ses formes, le Fleuve est le sang et le bien le plus précieux des malinkés.

KelaMichel

LE MALI ECOUTE RADIO FRANCE INTERNATIONAL.

Samedi 14 janvier 2012

On sait que Serge Daniel fit le voyage de Kela, pour connaitre notre village et la Bibliothèque du Mandé.

Promesse lancée à l’exposition Claude Viallat en 2009, où nous approchions ce pesonnage de micro pour la première fois… promesse tenue.
Les grèves de France ont retardé la diffusion RFI de la chronique enregistrée attentivement dans notre case d’africain…

On nous appelle maintenant du Mali (Bamako, Kela, segou, kaaba…) pour dire qu’on a entendu notre voix sur RFI le mardi 1O au petit matin, qu’on est content d’avoir écouté un peu de Kela et que je dois être fier de l’attention que Serge Daniel porte à nos aventures.
L’écoute de Serge est effectivement assez flatteuse pour le Mandé, et dit un peu plus fort l’avenir de ceux qui sont nés là: tout à Kela n’est pas Bibliothèque du Mandé, cette simple réalité nous interdit évidemment la moindre vanité.

Mais nos amis maliens écoutent le raffut de Radio France International qui parle d’eux… Merci Serge.
Ecouter le monde qui est à notre écoute: essentiel.

KelaMichel

BYE BYE, CHEETAH !

Jeudi 5 janvier 2012

La guenon (chimpanzé femelle) qui accompagnait TARZAN dans tous ses exploits cinématographiques est morte cette semaine, à plus de 8O ans dit-on.

CHEETAH fit ainsi figure humaine pour tous ceux qui suivaient le fameux héros de E.Rice Burroughs né dans la brousse, et joua un rôle important dans l’imaginaire anglo-saxon pour encourager la protection de la faune africaine, et tout particulièrement celles des grands singes.
Avant que les Bonobos ne volent la vedette aux Oran- Outangs et aux gorilles.

Nos singes rouges (baraouleni) du Mandé font aussi partie des animaux familiers dans chaque village, mais la corde qui les retient appelle souvent la mort dans le rire des enfants: les enfants… car cette viande (dangereuse) est appétissante pour tous ceux qui vont aux champs avec un fusil.
Les bords du fleuve Niger ont pourtant réservé un moment à leur baignade discrète, mais les petits bara ouleni sont ainsi trop souvent réduits (à Kela même…) à trophées de marmite, trop loin sans doute loin des vénérations américaines de la compagne affectueuse de Tarzan.

Cheetah, Jane? L’Occident et l’Afrique de Tarzan, un peu chez nous.

KelaMichel

ALERTE NIGER: Une catastrophe pour le Périmètre de Cultures Irriguées de Kangaba?

Vendredi 23 décembre 2011

Créé et développé depuis quelques années au bord du Fleuve, à proximité immédiate de Kangaba, un important périmètre de culture irriguée sur plusieurs dizaines d’hectares a mobilisé les investisseurs privés avec l’assistance des services publics du Cercle de Kangaba et de l’Etat malien.

La dynamique créée par cet important investissement est évidente, et confortée par l’ouverture cette année de la route bitumée Kangaba-Bamako qui va faciliter l’acheminement des produits agricoles de la zone vers la Capitale et au-delà.

Les risques de pollution massive et de contamination par pollution du Fleuve peuvent compromettre les développements et l’existence même de ce programme (difficulté à vendre des produits agricoles suspects de contamination, interdiction à la vente…) et ruiner les importants investissements publics et privés engagés sur le Périmètre.
De réels espoirs sont ainsi menacés, tant au plan économique qu’au plan humain…

Les initiateurs et les exploitants de ce Périmètre Irrigué de Kangaba sont directement concernés par les graves questions que pose l’exploitation massive des sables aurifères du Haut-Niger.

On nous annonce pourtant (janvier 2012) que ces mêmes investisseurs célébrés sont aussi les premiers investisseurs des sables aurifères du Joliba: alors, peut-on se couper soi-même les jambes, et porter la mort autour de soi en finançant de nombreuses machines au nom de l’Or?

A chacun de faire tout le possible pour éviter d’être frappé par la catastrophe lucidement engagée par l’avidité de quelques fous.

KelaMichel