Archive pour la catégorie ‘Actualités’

Kuru Kan Fuga et les Grandes Pêches

Mardi 27 avril 2010

Ce dernier dimanche d’Avril, un grand rassemblement des Keita et des Kone de Deguela s’est tenu sur la plaine de KurukanFuga proche de Kangaba, à l’occasion des célébrations annuelles de Minindjan Tiga Kone et de Bemba Kanda Keita et de leurs tombeaux jumeaux près du Fleuve.

Kurukan Fuga: L’endroit même où le peuple mandé fut codifié par Sunjata Keita après la victoire de Kirina sur Sumaworo Kante en 1235-37. Le site de Kurukan Fuga et le Kama Blon (Case Sacrée des malinkés) de Kangaba sont inscrits, d’ailleurs, aux procédures de classement « Patrimoine Mondial»  de l’UNESCO depuis cette année…

Plusieurs milliers de personnes et tous les notables mandés, et, comme de coutume, les griots Diabate de Kela qui ont porté la parole de l’Histoire: les artistes musiciens seront à Kela toute cette semaine pour continuer ce grand moment.

Les grandes pêches des marigots mandés sont annoncées pour la fin du mois de Mai.

KELA NEWS.

Vendredi 16 avril 2010

-Le « commandant»  Nare Madi Haïdara, chef du village de Kela depuis 1 an à peine, est décédé dans les premiers jours d’Avril: c’était un homme exigeant et intègre, respecté de tous et grand ami de l’Hadj Damba Madi Diabate (chef des griots de Kela décédé voici 1 an: cf. visite Claude Viallat).

Pour l’anecdote, il avait personnellement offert, en Juillet 2000, une part de paille et de briques pour la construction de notre case au village qui débutait l’aventure de la Bibliothèque du Mandé.

Les funérailles officielles réuniront à Kela en Mai tous ceux qui l’ont connu et les représentants des autorités.

-Les  pêches collectives traditionnelles des grands marigots de Kankan, Niugu et Joly vont animer le mois de Mai, comme chaque année: à voir absolument si vous êtes au Mali.

KelaMichel.

Une fin d’hiver un peu chaude

Mardi 16 mars 2010

Jusqu’à 45°C à Bamako, ce début de Mars; et sans doute plus haut encore au coeur du Pays Dogon où nous avons fait une incursion de quelques jours, pour découvrir quelques villages et leurs habitants courageux (kundu, Ireli, Begnimato…). Djenné dans la poussière et une visite à Monsieur Yaro, le directeur de la Bibliothèque des Manuscrits qui exploite déjà les nouveaux matériels informatiques fournis par l’Angleterre à l’initiative de Sophie (Hotel Djenne Djeno).

Une semaine aussi à Kela, et la fraîcheur du fleuve tout proche. Une visite à Warakun et aux bas-fourneaux du site de Djalakoroni, un salut rapide à quelques anciens et le brouhaha des enfants dans la cour de la Bibliothèque transformée pour quelques jours en « campement»  pour la famille.

Le Printemps sera le temps d’autres initiatives là-bas, après la couverture des 3 cases renouvellée en Janvier: de petits chantiers suivent d’autres petits chantiers… depuis plus de 10 ans maintenant.

Monsieur Diarra et Mamadouba Kamissoko attendent le courage de ceux qui vont faire, à leur tour, le voyage « initiatique»  jusqu’à Kela.

BIZARRE…

Mercredi 10 février 2010

Le rythme des saisons n’est plus tout à fait le même.

Au Mandé, le temps des pluies a sensiblement allongé l’hivernage d’Eté et modifie vraiment les dates agricoles: un peu trop d’eau cette année sur certaines zones où les résultats de récolte furent médiocres, et de très beaux rendements pour d’autres, par le hasard (ou la science) des choix de date et de variété de culture.

Ce début d’année est très chaud, avec des températures quelquefois au-delà de 40°C au fort du jour et, en même temps, une première pluie (micrométrique mais réelle) avant la fin de janvier: les vieux sont « étonnés»  et les enfants surveillent déjà les premières mangues!

La route jusqu’à Kela avance vite depuis Bamako, les ouvrages d’art sont presque achevés comme la quasi-totalité des sous-couches (gravier et latérite) avant pose du goudron. Pari gagné, merci: pour les trajets, on peut maintenant compter 120-150 mns pour les 100 kms depuis ou jusqu’à Bamako. Chacun peut commencer à préparer sa « chance»  de commerce ou de service dans les nouvelles conditions que cette route installe pour chaque village. Souhaitons que les initiatives solides ne soient pas seulement étrangères à celles  de nos amis du Mandé qui auront le courage de faire…

Il est plus facile de construire une route que de changer les hommes. Le premier travail sera sans doute celui d’effacer les blessures du goudron aux constructions en bordure de route dans chaque village, et de reconforter patiemment une nouvelle ligne d’arbres en place de celle qui avait été plantée « au temps colon» . C’est un Mali nouveau qui avance, en brousse lointaine comme dans les quartiers de la capitale.

Il faut dès aujourd’hui apprendre la force véritable des téléphones cellulaires et des motos, au delà de la simple fierté naïve du nouveau propriétaire, pour que ces instruments deviennent vraiment utiles pour l’avenir de chacun.

Connaitre aussi, partout et en brousse du Mandé, que la force du Livre et de l’Ecole n’est pas seulement un plaisir de fou.

Inch Allah!