Bouna et Damba: depuis le début, la force de l’amitié.
Le grand bonheur des regards clairs, hier soir et ce matin encore, pour la visite à Damba Sagna puis à l’Hadj Bouna Boukhary Diouara qui accueillaient ma fille Sabine pour son séjour au Mali avec la même simplicité sincère et forte que celle de notre première rencontre au Printemps 2000.
Si la Bibliothèque du Mandé, qu’ils accompagnent attentivement, a pris de la force dans les chaos, ces deux la m’ont dit les dangers chaque fois et le grand bonheur des moments passés ensemble.
Bouna connait Kela, puisqu’il publia, encore étudiant, la version authentique des griots de Kela de notre Geste de Sunjata et négocia calmement à l’époque la levée des sanctions que Kela dût prendre à l’égard des indélicatesses de l’une des intervenantes dans cette aventure exigeante. Plus tard, Directeur de la Culture du Mali, il fit authentifier le « couteau» de Tiramakan chez nos Diawara: le respect et l’amitié… La mosquée de Djenné, le site des falaises de Bandiagara, la Cité sainte de Tombouctou lui doivent aussi « un peu» des interventions majeures de l’UNESCO.
Damba Sagna de Koniakari, fils de captif d’une famille de chef de la Casamance, connait le Mali mieux que beaucoup de savants prétendus: il identifia les « terres» bambara avec grande compétence d’antiquaire et nous sommes honoré de le connaitre. Son accueil est à l’image de l’homme, et ses intransigeantes positions morales (nous sommes, dit-il, le seul à mériter , avec son ami américain Miller, le titre d’ami) lui autorisent toutes les délicatesses de coeur.
Saluons ces deux-la comme nous saluons le Mandé: avec grand respect.
L’un et l’autre , désormais, donnent l’essentiel de leur temps aux contraintes des charges qu’ils ont accepté dans leur mosquée respective et à celle des visites annoncées de ceux qui voyagent à Bamako depuis le village où sont nés jadis Bouna et Damba.
Michel