HISTORIQUE
Kela est un hasard, au coeur de l’histoire du Mali. Et le centre de la musique et de la langue mandingues.
C’est aujourd’hui l’un des quelques villages d’Afrique de l’Ouest qui ont le droit de perpétuer le récit de l’épopée de l’empereur Soundjata Keita, qui créa l’Empire du Mali au 13eme siecle (le temps chez nous de Saint Louis) et codifia des règles de société aujourd’hui encore bien vivantes.
C’est aussi un village de cultivateurs et d’éleveurs où l’on a chaque jour besoin de tout.
Kela nous accueillit dès le début de l’été 2000, et les griots Diabaté, qui portent la parole, sont à l’origine de notre programme de livres là-bas.
Ensuite, et nous pouvons connaitre aujourd’hui que ce fut déterminant, notre présence quasi-permanente au fur et à mesure que naissaient les idées nouvelles a permis de construire une forme de pari discuté (et accepté peu à peu), comme nulle part ailleurs dit-on…
Quelques uns qui nous saluèrent prudemment l’Eté 2000 sont aujourd’hui disparus: tous furent un jour nos amis.
Le programme de la « Bibliothèque du Mandé» est de créer et de faire vivre une simple bibliothèque de livres, à Kela d’abord , et plus tard ailleurs où sont installées depuis longtemps de fortes communautés mandingues (Mali, Burkina, Sénégal, Gambie.. ). Tout ce qui est fait, amené, construit dans cette démarche atypique est désormais offert à la communauté des habitants de Kela et confié à sa gestion depuis le Printemps 2007: une vraie cour de famille, 7 cases et le bolon (vestibule) pour accueillir et saluer, pour réunir les enfants et les visiteurs, pour témoigner qu’il est possible de faire.
En langue malinké, Bibliothèque du Mandé se dit « Mandenkaw ka sebe mara yoro« : c’est son vrai nom.
On peut dire aujourd’hui que notre folie fut un peu raisonnable contre les mots et les sourires de ceux qui savent tout: depuis maintenant plus de 10 ans, la Bibliothèque existe sans accident trop lourd pour des livres souvent irremplaçables et hors même de notre présence depuis que Monsieur Diarra (000223/78812600) veille au grain et accueille les visiteurs au-delà de sa charge de professeur enthousiaste du Collège de Kela.
Le résultat? Simplement un gros caillou posé en brousse du Mandé, une façon d’Académie du Baobab à l’usage de qui veut.
Un clin d’oeil donc au rêve de l’écrivain français Roger Vailland: » Ce que je cherche maintenant? simplement un gros caillou à casser.» Les dernières lignes ou presque de ses « CARNETS INTIMES» que tout honnête homme doit avoir lu… à la Bibliothèque du Mandé.
La chance d’un voyage à Djenné début Avril 2009, nous offre l’idée d’un pas de plus en 2010, l’essai d’une forme de collaboration active avec la remarquable Bibliothèque des Manuscrits de cette ville: bravo et merci à Monsieur Yaro, le jeune et très exigeant bibliothècaire qui sut nous accueillir là-bas.
La Bibliothèque du Mandé est, très simplement, une incitation à faire toujours un peu plus à Kela, au Mandé ou au Mali: ainsi découvrir peu à peu les sites archéologiques de Warakun (au bord du Fleuve) et les étonnants bas-fourneaux où l’on fondait le fer natif à Djalacoroni (entre Kela et Kangaba) à l’écart des curiosités étrangères.
Chaque petit pas est énorme à sa façon.
KELA MICHEL
