DANS UN VILLAGE MALINKE…

D'abord "échanger" autour du thé
 
 

Avant tout « poser»  le thé et apprendre le temps…
 
 

Kela est un hasard, au coeur de l’histoire du Mali et le centre reconnu de la musique et de la langue mandingues.
C’est aussi le préalable efficace d’un court séjour chez les griots Diabate avant de poursuivre, peut-être, votre découverte du Mali…
Désormais la Bibliothèque du Mandé est au coeur du village un outil de plus pour qui veut, un espace de calme un peu protégé, l’occasion d’apprendre ou de se distraire.

Rien d'autre...

Rien d'autre...

 
SEPTEMBRE 2015.

DEPUIS NOTRE DEPART EN FRANCE , DEBUT 2013, LA BIBLIOTHEQUE DU MANDE VIT « A L’AFRICAINE» 
PAR LE SEUL ATTACHEMENT PASSIONNE DE QUELQUES UNS DE NOS AMIS DE KELA.
A LEUR RYTHME ET SELON LEURS MOYENS, MAIS SURTOUT PAR LA VOLONTE DE FAIRE QUI NOUS A ANIMES.

SI CETTE ENTREPRISE UN PEU FOLLE PREND MAINTENANT SA PLACE AFRICAINE, ELLE A BESOIN DE TOUTES LES BONNES VOLONTES: VOTRE AMITIE ET VOTRE SOUTIEN SONT PRECIEUX..
 

 

Kela est aussi depuis très longtemps l’un des quelques villages d’Afrique de l’Ouest qui ont le droit de perpétuer le récit de l’épopée de l’empereur Soundjata Keita, qui créa l’Empire du Mali au 13eme siecle (le temps chez nous de Saint Louis) et codifia des règles de société aujourd’hui encore bien vivantes.
C’est aussi un village de cultivateurs et d’éleveurs où l’on a chaque jour besoin de tout.

Kela nous accueillit donc dès le début de l’été 2000, et les griots Diabaté, qui portent la parole, sont à l’origine de notre programme de livres là-bas.
Déjà 12 ans que nous dépassons les craintes et les doutes, sous le regard de ceux qui affirmaient au premier jour, en France et au Mali, que « RIEN NEST POSSIBLE A KELA« : ils avaient tort, mais ce n’était pas une petite affaire tout de même… l
Ensuite, et nous pouvons connaitre aujourd’hui que ce fut déterminant, notre présence quasi-permanente au fur et à mesure que naissaient les idées nouvelles a permis de construire une forme de pari discuté (et accepté peu à peu), comme nulle part ailleurs dit-on.

Quelques uns qui nous saluèrent prudemment l’Eté 2000 sont aujourd’hui disparus: tous furent un jour nos amis.
Mais d’autres, toujours discrets de leurs pouvoirs, accompagnent désormais le rêve attentivement.

Merci donc aux les africains de GTMH-Mali autour de Saïdou Ba, à INEO-AO et Frédéric, à François-Henri Pinault et les gens de CFAO en France et au Mali, à l’érudit Bouna Boukhary Diouara aujourd’hui dans son hermitage, et à Boubacar Diakite et Saïdou Dolo, à Christian Tortel camera au poing pour AITV-RFO, et à la curieuse Isabelle Rannou venue reporter pour EPOK, et à chaque journaliste attentif de Radio Mandé à Kangaba, de RFI, de Radio France Bleue ou de Midi Libre et merci à Claude et Henriette Viallat qui acceptèrent de nous rejoindre en brousse quelques jours, les artisans de Bamako et les passionnés du Marché de N’golonina, des nîmois et des japonais et quelques espagnols aussi et plusieurs de nos amis italiens et ceux des USA.
Tant d’autres, pour un regard ou un sourire…

Et merci à Koyouman Konate, notre Maître Chasseur, à l’Hadj Demba Madi Diabate des premiers jours, à Konj Keita, à Dieteneh Madi Diabate et à sa femme Binta, tous notables de Kela.

Le programme de la « Bibliothèque du Mandé»  est aujourd’hui de créer et de faire vivre une simple bibliothèque de livres, à Kela d’abord , et plus tard peut-être ailleurs où sont installées depuis longtemps de fortes communautés mandingues (Mali, Burkina, Sénégal, Gambie.. ).
Pour l’immédiat, le « jumelage»  à construire avec la Bibliothèque des Manuscrits de Djenné et celle de la Fondation Sosso à Segou.

Tout ce qui est fait, amené, construit dans cette démarche atypique est désormais offert à la communauté des habitants de Kela et confié à sa gestion depuis le Printemps 2007: une vraie cour de famille, 7 cases et le bolon (vestibule) pour accueillir et saluer, pour réunir les enfants et les visiteurs, pour témoigner qu’il est possible de faire.
Puis la statue hors-norme de Yaya Coulibaly (sauvée à Bamako de 30 ans d’abandons) est venue là, dont la force plaît tant aux femmes et qui veut montrer (livre en main) que l’avenir des jeunes d’Afrique est dans l’Etude: une morale monumentale initiée par Yaya au début des années 8O: I Coulibaly, I dansoko! Le géant casqué que tu avais choisi de sculpter à l’époque est bien vivant et quelquefois honoré…

En langue malinké, Bibliothèque du Mandé se dit « Mandenkaw ka sebe mara yoro« : c’est son vrai nom.

On peut dire aujourd’hui que notre folie fut un peu raisonnable contre les mots et les sourires de ceux qui savent tout: depuis maintenant plus de 10 ans, la Bibliothèque existe sans accident trop lourd pour des livres souvent irremplaçables et hors même de notre présence constante.
Le résultat?  Simplement un gros caillou posé en brousse du Mandé, une façon d’Académie du Baobab à l’usage de qui veut.

Et la Bibliothèque est aussi notre clin d’oeil  fidèle à Roger Vailland: »  Ce que je cherche maintenant? simplement un gros caillou à casser.»   Les dernières lignes ou presque de ses « CARNETS INTIMES»  que tout honnête homme doit avoir lu à la Bibliothèque du Mandé, notre « caillou»  depuis l’an 2000. Et une explication, peut-être, à quelques uns des « pourquoi?»  posés trop souvent à ceux qui ont pourtant construit l’aventure avec nous…

La chance d’un voyage à Djenné début Avril 2009, nous offrit l’idée d’un pas de plus, l’essai d’une forme de collaboration active avec la remarquable Bibliothèque des Manuscrits de cette ville: bravo et merci à Monsieur Yaro, le jeune et très exigeant bibliothècaire qui sut nous accueillir  là-bas.
Segou en Septembre 2011 pour retrouver Si Mohamed Sosso et la Fondation-Bibliothèque Aguibou Sosso qui formeront bientôt, sans doute, le troisième sommet de connaissance d’un triangle malien à ouvrir aux chercheurs du monde entier…

La Bibliothèque du Mandé est aussi une incitation à faire toujours un peu plus à Kela, au Mandé ou au Mali: ainsi documenter peu à peu les sites archéologiques de Warakun (au bord du Fleuve) et les étonnants bas-fourneaux où l’on fondait le fer natif à Djalacoroni (entre Kela et Kangaba) peut-être trop préservés des curiosités étrangères jusqu’aujourd’hui par quelque « secret» . On parle d’une inscription au Patrimoine National du MALI…

Pourquoi une bibliothèque en brousse du Mandé? Simplement pour rester là, pour faire ensemble un peu, le mieux possible, avec le souci raisonnable de vivre attentif aux autres. Mais sans jamais surtout s’oublier soi-même pour conserver la force du pas nécessaire.

Car ici chaque petit pas est énorme à sa façon.

Venez marcher avec nous.

KelaMichel