Archive pour février 2012

SOUNDIATA FILS DU MANDE: Un livre à lire absolument.

Mercredi 15 février 2012

Un intellectuel béninois, bien connu sur les ondes d’Afrique, nous avait alerté: utilisant les notes d’étude non publiées du savant AMADOU DIADIE, une approche originale de l’histoire du Mandé était publiée.

L’auteur BOUBOU DOUCOURE a donc présenté son livre la semaine dernière à l’Institut Français de Bamako.
Le titre SOUNDIATA FILS DU MANDE est publié très proprement par les Editions Baudelaire (Lyon,France) et on peut le trouver partout pour 13,50 euros…

Il faut l’acheter très vite, le lire calmement et le relire plus tard: c’est un ouvrage à conserver longtemps et à faire partager à chacun de nos amis curieux du Mali.

Plus que la simple chronologie de la geste de Sunjata (d’ailleurs rigoureuse sous la plume de Mr Doucouré), ce livre offre au lecteur une ambiance de Mandé, en forme de récit un peu romancé à la manière des griots.
Le style clair porte un vocabulaire contrôlé et donne toute sa force à chaque exposé passionnant d’un épisode: ainsi Boubou Doucouré expose-t-il les devoirs sociaux, les hésitations affectives et le choix courageux et noble de FAKOLY DOUMBIA obligé à « trahir»  (pour l’honneur) son oncle Sumaworo Kante pour rejoindre Sunjata qu’il aidera à triompher en lui apportant ses secrets avant la bataille décisive de Kirina en 1235.

On se faufile ainsi de palabre en palabre et de femme en femme depuis avant la naissance de l’empereur du Mandé jusqu’à la réunion de Kurukanfuga.
C’est ainsi que, depuis Yambo Ouologhem et Filidabo Sissoko, la littérature malienne trace un chemin original.

Michel Kuentz

Vocabulaire: Hop ! Un « flacon»  de mercure…

Lundi 13 février 2012

Allez! A la bonne vôtre…
Qu’importe le flacon, pourvu qu’on aie l’ivresse: un coup de « flacon»  et hop!
Stop ne plaisantons pas, car « on ne blague pas»  avec le mercure.

Nous avons déjà disserté ici sur les torsions vocabulaires du Français d’Afrique qui, en enrichissant peu à peu cette langue, doivent inciter à une alerte constante le visiteur francophone au Mali.
Cette fantasia vocabulaire n’est pourtant pas le seul fait des joyeuses initiatives du continent: ainsi à propos du mercure dont les dangers pour les populations du Mandé ont provoqué notre alerte récente « Comme le serpent…» .

L’Espagne est leader mondial de l’industrie et du commerce de mercure.

En documentant cet aspect, nous apprenons que les fûts de plus de 35 kgs qui conditionnent ce terrifiant métal et permettent sa diffusion jusqu’au Mandé sont spécifiquement baptisés « flacons»  par les francophones.

Suivant le Petit Larousse, un flacon est pourtant une petite bouteille qui contient une petite quantité d’un produit (poudre ou liquide, ou comprimés pharmaceutiques, ou alcool bien sûr) et on peut s’étonner qu’un container de 35 kgs de produit dangereux soit ainsi benoîtement baptisé « flacon» .
Ainsi un document de transit, de commerce ou d’importation décrivant une charge de 100 flacons de mercure évoquera-t-il un simple carton à main pour le public alors qu’il annonce 3,5 tonnes d’un produit dangereux réglementé.

Cette forme d’invention vocabulaire est-elle vraiment innocente? En tous cas, la « blague»  ne peut vraiment faire rire que ceux qui vivent très loin du Haut-Niger, très loin du Mandé et des dragues criminelles que nous dénonçons.

Ou bien, quelques « flacons»  de plus ou de moins ?…Quelques vies de plus ou de moins.
Sans grande importance n’est-ce-pas?

KelaMichel