Archive pour mai 2010

L’affaire du Kama Blon: le komo est venu de la Guinée…

Samedi 29 mai 2010

Depuis près d’un an, on recherchait les « objets»  importants du Kama Blon, disparus mystérieusement depuis leur dépôt provisoire et secret dans une famille Keita de Kangaba: beaucoup de bruit, beaucoup de questions inquiètes et peine perdue malgré les recherches très actives de la Brigade de Kangaba pendant de longs mois.

Les autorités traditionnelles ont donc décidé d’appeler des « hommes du Koma» , malinkés de Guinée, dont la grande puissance et une redoutable pratique du rite bien connu pouvaient seules donner une solution à cette situation insupportable.

Le KOMO est donc venu à Kangaba et on a annoncé sa sortie dans la ville la nuit de jeudi dernier: résultat immédiat puisque le voleur recherché (dont le nom reste pour quelque temps protégé) a déposé, le matin même, les objets volés, à l’endroit précis où ils avaient disparu. Le bâton du komo a donc fait proprement son travail et , à cette occasion, certain Kouyate du village (dont la curiosité sacrilège à voir le komo la fameuse nuit l’avait gravement mis en faute) fût dénoncé comme PEUL par le fêtiche qui lui attribuait ainsi son ascendance véritable.

Les « sorties»  nocturnes du Komo sont rares aujourd’hui, depuis que l’Islam a porté sa marque sur le Mandé, mais leur efficacité (démontrée publiquement cette semaine encore) n’est contestée par personne dans la crainte justifiée d’une mort annoncée pour celui qui doute: cette fois encore, la cérémonie septennale du Kama Blon Ti, prévue au Printemps 2011, pourra donc se dérouler dans toutes ses formes et les griots de Kela chanteront tête haute la Geste de Sunjata et les gloires des Keita mansarens ses descendants légitimes.

Rendez-vous pris.

Le temps des pêches collectives

Samedi 29 mai 2010

On a « pêché»  pour la deuxième fois ,jeudi, le marigot de Djoli près de Kela. Jusque là, un peu de colère au retour des pêches collectives des marigots cette année: bien avant la date fixée sous autorité des Camara, des villageois de la zone et même quelques « somonos»  (bateliers) très organisés avaient mené des incursions interdites dans nos marigots, détournant ainsi une propriété collective à laquelle chacun est très attaché depuis longtemps. La gendarmerie de Kangaba a même procédé publiquement à quelques arrestations.

Ainsi, au moment des grandes réunions où l’on chasse le poisson tous ensemble, beaucoup de tristesse pour la plupart qui revenaient bredouille de la longue journée qui apporte d’ordinaire la joie des ventres pleins. La deuxième pêche de Djoli fût un peu meilleure, et quelques uns sont rentrés fièrement au village: Mamadou Ba Kamissoko, dents dehors, ramenait 2 énormes poissons pour plus de 10 kgs et confirmait ainsi ce qu’on sait des « secrets des Kamissoko»  dans leurs relations de pêche.

On annonce la pêche du dernier marigot, celui de Nugu, qui est l’occasion de cé» lébrations propitiatoires importantes à Kangaba: c’est le dernier marigot qui sera pêché cette année et il faut souhaiter que les incursions nocturnes des voisins indélicats (et presque sacrilèges) aient épargné les gros poissons que donne, d’habitude, ce marigot là.