Archive pour mars 2009

Bouna et Damba: depuis le début, la force de l’amitié.

Lundi 16 mars 2009

Le grand bonheur des regards clairs, hier soir et ce matin encore, pour la visite à Damba Sagna puis à l’Hadj Bouna Boukhary Diouara qui accueillaient ma fille Sabine pour son séjour au Mali avec la même simplicité sincère et forte que celle de notre première rencontre au Printemps 2000.

Si la Bibliothèque du Mandé, qu’ils accompagnent attentivement, a pris de la force dans les chaos, ces deux la m’ont dit les dangers chaque fois et le grand bonheur des moments passés ensemble.

Bouna connait Kela, puisqu’il publia, encore étudiant, la version authentique des griots de Kela de notre Geste de Sunjata et négocia calmement à l’époque la levée des sanctions que Kela dût prendre à l’égard des indélicatesses de l’une des intervenantes dans cette aventure exigeante. Plus tard, Directeur de la Culture du Mali, il fit authentifier le « couteau»  de Tiramakan chez nos Diawara: le respect et l’amitié… La mosquée de Djenné, le site des falaises de Bandiagara, la Cité sainte de Tombouctou lui doivent aussi « un peu»  des interventions majeures de l’UNESCO.

Damba Sagna de Koniakari, fils de captif d’une famille de chef de la Casamance, connait le Mali mieux que beaucoup de savants prétendus: il identifia les « terres»  bambara avec grande compétence d’antiquaire et nous sommes honoré de le connaitre. Son accueil est à l’image de l’homme, et ses intransigeantes positions morales (nous sommes, dit-il, le seul à mériter , avec son ami américain Miller, le titre d’ami) lui autorisent  toutes les délicatesses de  coeur.

Saluons ces deux-la comme nous saluons le Mandé: avec grand respect.

L’un et l’autre , désormais, donnent l’essentiel de leur temps aux contraintes des charges qu’ils ont accepté dans leur mosquée respective et à celle des visites annoncées de ceux qui voyagent à Bamako depuis le village où sont nés jadis Bouna et Damba.

Michel

VIALLAT: ON DECROCHE. A SUIVRE…

Mercredi 4 mars 2009
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Le mieux possible…

Les jardins du Musée National du Mali, et le rideau d’eau en cascades qui accueille dès l’entrée le visiteur de l’exposition Claude Viallat, la climatisation contrôlée des salles très lumineuses où sont accrochées les bâches peintes…

Et voilà! Ce Dimanche 15 Mars 2009, le beau cirque de l’exposition des toiles de Claude Viallat va quitter l’Afrique et Bamako: les malles sont prêtes et les équipes africaines qui ont accroché pour les inaugurations de Février avec Claude vont refaire à l’envers, avec un peu de nostalgie sans doute, le chemin de cette aventure.

Claude et Henriette ont appelé de Nîmes ce soir (retour de l’exposition « ILS ONT VU MATISSE»  à Cateau-Cambrésis, où le travail de Claude Viallat est associé pour un temps à celui de ses pairs du monde entier, Jackson Pollock et Sam Francis des Etats-unis, Simon Hantaï dont le travail peut évoquer celui des « noués»  de nos teinturières maliennes, les affiches arrachées de Raymon Hains et d’autres de même « maille» …) pour nous demander de dire un peu d’amitié à chacun de ceux-là.

Mais tout n’est pas fini, ici au Mali, puisque la toile que Claude a laissé à Samuel Sidibe le soin de sélectionner, dès le premier soir au Quartier d’Orange, est un cadeau de coeur à tous les maliens, offert discrètement en merci à chacun de nous.

Le Mali a donné une diatigia d’exception quelques jours,  à Claude et Henriette (merci à Damory Kouyate, merci à Kela), comme nulle part ailleurs: la valeur importante de ce qui est offert aujourd’hui au Musée National est donc bien au-delà d’une estimation de quelques millions de CFA.

Claude et son travail sont d’ailleurs simplement présents à Kela depuis 2004, à la Bibliothèque du Mandé.

Et en 2010-2011, Bamako, comme d’autres capitales de la Sous-Région, accueillera sans doute l’énorme barnum de l’exposition « Viallat tauromachies» : voyez notre article BRAVO BAMAKO.

A tout de suite donc, et merci à chacun. Nous avons fait ensemble l’impossible, et plutôt bien n’est-ce-pas ?

Michel Kuentz

Portes ouvertes VIALLAT à Kela

Portes ouvertes VIALLAT à Kela

MANDENKAW KA SEBE MARA YORO

Mercredi 4 mars 2009

Les francophones disent « Bibliothèque du Mandé» , les anglophones « Manden Library»  et nous ignorons les mots chinois pour dire les livres qui sont à Kela.

Ce qui est sûr, c’est que nos enfants de Kela, et tous ceux qui vivent les réalités du Mali au Mandé, à Bamako ou plus loin vers la Gambie aussi, préfèrent parler dans leur langue et connaissent  nos livres comme MANDENKAW KA SEBE MARA YORO.

La discussion sémantique est toujours ouverte, puisque SEBE signifie l’acte traditionnel d’écrire et donc, depuis les temps anciens jusqu’aujourd’hui, les sommes manuscrites qui font ailleurs la gloire du Centre Ahmed Baba à Tombouctou (Timbuctu) ou celle des magnifiques collections des bibliothèques privées de Mauritanie: faut-il dire GAFE mara yoro, c’est-à-dire indiquer la référence à l’imprimé qui ne vint que beaucoup plus tard dans nos contrées ? Nous avions posé le débat  et toutes les réponses furent catégoriques: sans bien même évoquer l’âge canonique de certains des volumes qui font la richesse aujourd’hui de la Bibliothèque de Kela (et qui datent ces imprimés d’un temps où le manuscrit seul permettait ici de dire), on nous confirma que le terme seul de SEBE était adéquat.

Voyageur, MANDENKAW KA SEBE MARA YORO est  le nom de la BIBLIOTHEQUE DU MANDE.

KelaMichel

TELE BINANI (en français: « sacrifice»  du 40° jour): 14 AVRIL.

Mardi 3 mars 2009
Mandenkaw ka sebe blon à Kela le 15 avril: l'hadj Damba Madi s'évade déjà et Yamudu en pleurs salue longuement Claude et Henriette de paroles lourdes;

Mandenkaw ka sebe blon à Kela le 15 Février: l'hadj Damba Madi s'évade déjà et Yamudu en pleurs salue longuement Claude et Henriette de paroles lourdes;

L’hadj Dambamadi Diabate, Kela Jelikuntigi (chef des griots de Kela), est mort aujourd’hui Mardi 3 Mars 2009 à 18 h.

J’ai porté son nom, comme pseudonyme malien, pendant plusieurs années.

A notre première visite à Kela les enfants nous avaient, en effet, mené à sa porte: il devenait ainsi mon hôte et mon protecteur au village, et l’histoire de la Bibliothèque du Mandé est construite à partir de là.

Le fils de Kela Bala me conseilla plus tard d’annoncer « KelaMichel»  aux étrangers et partout, lorsque la présence quasi-permanente d’un « blanc»  à Kela devint une réalité.

L’hadj DambaMadi Diabate, Kela Jelikuntigi, recevait ses derniers visiteurs de marque le 15 Avril dernier, et pour la première fois dans le vestibule-blon de la Bibliothèque du Mandé à ma demande: Claude Viallat, sa femme Henriette et Loïc Bénétière, pour leur premier voyage au Mali et leur premier salut à Kela… L’émotion de ce long moment de mots inconnus fut, très simplement, à la mesure humaine du respect partagé.

Le nom de l’Hadj DembaMadi Diabate sera toujours connu et salué partout: la charge est désormais sur les épaules de son successeur Yamudu Diabate, dont le fils Seydou est kumatigi (porte-parole) de Kela aux cérémonies du Kamablon Ti, chaque 7 ans, depuis la disparition de notre ami Sine.

Le « sacrifice»  des funérailles sera célébré à Kela le Mardi 14 Avril prochain, en présence des autorités de l’Etat malien, des chefs traditionnels et de la représentation diplomatique au Mali.

KelaMichel