Archive pour mars 2009

LIVRE D’OR.

Mardi 31 mars 2009

Simplement, beaucoup de travail dans l'ombre: Musée National du Mali.

Simplement, beaucoup de travail dans l'ombre: Musée National du Mali.

L’exposition Claude Viallat au Musée National du Mali était ouverte au public tous les jours

(sauf Lundi) depuis l’inauguration ministérielle jusqu’au 15 Mars dernier: aucun visiteur ne trouva porte close, et l’accueil des services était à hauteur du lieu et de l’évènement.

Les documents réalisés grâce au budget de la Convention Mali-France de Juillet 2007 furent maintenus à libre disposition de chaque visiteur, bien visibles sur une table d’accueil et renouvellés bien avant toute défaillance. Ainsi les visites de groupes organisées à cette occasion (Lycées, Collèges, CNAMM Bala Fasseke, INA, Société Civile) recurent-elles le meilleur accueil.

Un Livre d’Or était là pour accueillir les remarques et les suggestions, comme il se doit: plus de 100 mentions manuscrites témoignent d’un flot continu de regards attentifs, dont l’Administration du Musée a sans doute tenu un compte quotidien pour sans doute beaucoup plus de 1000 visiteurs, outre les 500-700 invités présents à l’inauguration.

Témoignage d’un succès dû (ce n’est pas une surprise lorsqu’on connait la redoutable activité du Musée National) à chacun de ceux qui s’impliquèrent chaque jour à la présentation impeccable du lieu et au sourire de l’accueil: la direction et le personnel du Bar-restaurant du Musée ont contribué à leur manière, et nul doute que plus d’un visiteur exotique en conserve longtemps très loin le souvenir.

L’exposition Claude Viallat fut une ouverture exceptionnelle sur les Cultures du monde, et la capacité du Musée National du Mali dans cette démarche de regard sans exclusives est saluée un peu partout comme il se doit: un espace impeccable toujours en mouvement grâce au travail des équipes remarquables que Samuel Sidibe a su réunir autour de lui, à hauteur d’ambition de l’Afrique et du Mali.

Le calicot qui saluait l’évènement en façade de l’exposition a été gracieusement offert à la Bibliothèque du Mandé à Kela où il témoignera longtemps, sur un mât de 10 mètres au centre de la cour, d’un beau moment partagé.

Merci à chacun d’autres aventures à construire ensemble.

Michel Kuentz

Un « fameux couteau» : 6 ans de patience.

Lundi 23 mars 2009
un morceau de mystère et de pouvoir: komo?

un morceau de mystère et de pouvoir: komo?

Tristan suit à Paris, depuis Avril 2008, les travaux d’équipes éminentes réunies autour d’une lame de sabre africain (le « fameux couteau» ) que nous avions acquise à petit prix d’un ami peul ici à Bamako en 2002.

Nos recherches d’amateur, patientes mais assez peu méthodiques, et l’indifférence des érudits consultés sans relâche jusqu’en France, n’avaient encore ouvert aucun chemin vraiment digne des approches de la science: depuis Avril 2008, la route s’est ouverte au travail des équipes attentives du Louvre, de l’Université Paris-Sorbonne, de chercheurs belges, anglais ou  africains qui, chacun pour sa spécialité reconnue (métallurgie d’Afrique de l’ouest, instruments royaux de pouvoir, histoire es signes de croyance…) ont placé cet objet au premier plan d’intérêt.

Aujourd’hui se joignent à cette recherche une équipe de l’Université anglaise de Cambridge  et l’éminent Professeur Jean Boulègue (qui a courtoisement accepté de sortir de sa retraite…): le couteau, bientôt rigoureusement documenté, rejoindra les collections du Musée National du Mali comme promis jadis à Samuel Sidibe.

C’est sa place, et l’ensemble des documents de recherche réunis patiemment autour de cette pièce va former au coeur du Mali un corpus efficace pour d’autres recherches.

Nous avons ouvert sur le site une rubrique illustrée consacrée à ce chantier d’Histoire.

Merci déjà à chacun de ceux qui offrent à notre patience obstinée le cadeau énorme de leur érudition.

KelaMichel

DONNER ET RECEVOIR

Samedi 21 mars 2009
Tout au fond, à droite, la marque définitive d'une amitié.

Tout au fond, à droite, la marque définitive d'une amitié.

On peut aujourd’hui dévoiler le secret, bien gardé jusqu’au décrochage des expositions de  Claude Viallat à Bamako: Claude a laissé à Samuel, dès le soir du premier vernissage (Quartier d’Orange), le choix de l’une des toiles présentées, en cadeau de respect et d’amitié pour le Mali et les maliens: d’homme à homme, sans tapage ni démonstration, et Samuel décidait à son goût.

De très grands pays, où Claude fût invité, n’ont pas eu cette chance: le Mali méritait mieux que tous.

La toile rouge et jaune, au fond du hall, à droite à côté des 2 pièces « cape de torero»  et « parasol» , va donc être au Mali, au Musée National de Samuel, pour toujours comme une trace de ces moments où chacun voulût offrir plus encore qu’il recevait.

Ainsi désormais l’essentiel, simple geste d’amitié autour du Musée National et de ceux qui le font, est là pour très longtemps.

Et Claude Viallat et sa femme Henriette ont emporté avec eux, à coeur défendant, tout ce qu’on ne peut connaitre des maliens lorsqu’on les regarde de trop haut…

 

Michel

DES BIBLIOTHEQUES, DJENNE ET KELA.

Samedi 21 mars 2009

Le voyage en Afrique, au Mali et au Mandé pour la première fois, de ma fille Sabine qui a voyagé un peu partout déjà mais qui ne connaissait d’ici que mes photos et mes élucubrations vocabulaires, l’occasion de l’accompagner vers Djenné (pour moi bien loin de Kela et inconnu) et Segou;

Djenné étonnant de simplicité, l’élégance des hommes droits: une bibliothèque de manuscrits en devenir, impressionnante de richesses patientes et respectées, entre les mains attentives du bibliothècaire Aboubacar Yaro ( tél. 7942 59 28) qui en fera certainement, avec l’autorité du conseil de notables jennekes et des ulemas, un rendez-vous essentiel des amoureux de « sources»  manuscrites et d’histoire: des reliures somptueuses et des couvertures d’usage, des textes importants pour les érudits ou les historiens de l’histoire de Dieu… Djenné est riche, et peut-être au delà des célébrations internationales de ce que présente Timbuctu au Centre Ahmed Baba.

Un salut à « Ba»  Cisse, le maire de Djenné, qui nous accueillit un moment comme amis de son frère Samba et qui nous compte aussi maintenant parmi les siens. Le bijoutier Toure (79135342), près de la Poste, l’érudit Bara Diallo, le petit campement où l’on mange bien, (près de la Poste aussi)) et les djennekés dans les ruelles…

Segou, pour un moment au bord du fleuve chez Michel Fleury (BAJIDA LA- www.bajidala.com) où l’art est partout, dans une architecture de terre rouge, de jardins et de fleurs: on parle de Claude Viallat, dont il connait le travail, et de l’exposition de Bamako qu’il a vue.

Nos adresses et les contacts à disposition de ceux qui savent voyager, et le campement CIWARA dans la quartier Dar salam de Segou (Ibrahim Kone dit TITI 76321147).

Les potiers, le fleuve en couleurs: Segou à notre manière, qu’il faut voir. 

Au retour, un rendez-vous trop pressé avec un visiteur français de Fontaines (près Châlons) qui emmène avec lui, vers la France, le livre de Claude Viallat (exemplaire unique) édité par Jean Yves Lacroix, que nous avions présenté dans les vitrines du Musée National.

Cet amateur calme et décidé de l’Art Contemporain dans le monde, avait repéré chez Michel Fleury à Segou la même toile qui retint notre attention: Michel Fleury n’est pas vendeur de cette pièce, mais nous avons mission de lui demander le contact avec cet artiste malien… L’ami venu de Fontaines ne pût voir à Bamako tout l’exposition Claude Viallat: comme on nous l’a trop souvent signalé, il trouva porte close aux Quartiers d’orange fermés en semaine (quel gâchis!), après s’être régalé de ce qu’il vit au Musée National du Mali.

(Nous  adressons à A.G les photographies de tout ce qui fût exposé à Kela et à Bamako, et rendez-vous est pris chez Claude à Nîmes et avec Jean-Yves à Paris autour des livres.)

 

Michel Kuentz