
la Force Noire lit...
20 JANVIER 2009
Depuis plus d’un an, le silence et la Bibliothèque du Mandé peut-être disparue? Non, simple accident de notre inexpérience pour activer ce site et donner des nouvelles: donc solliciter Micaêl pourtant très occupé à faire de DUNUN l’image de rigueur, de technique et de beau qu’il lança dans l’aventure mondiale des webmasters au moment où nous rêvions l’Afrique.
Une fois encore, il a offert son temps et ses compétences (regardez le site FLASH d’origine et les commentaires des webmasters d’un peu partout qui s’en sont énervés…) pour que nous ayons les moyens techniques de dire. Merci.
A Kela, la Bibliothèque du Mandé est là. Et vivante des soins de Lansine Diarra, le maître du Collège qui laisse ses livres et la poésie pour guider ceux qui viennent et pour nous alerter des incidents inévitables.
Un nouveau chef de village vient d’être installé: Naré Madi Haidara « Commandant» , il a « fait l’Indochine» et c’est un homme doux, ferme et très respecté. Vous verrez sa photo au côté de la statue que nous avons « volée» à Bamako où elle était un peu célèbre dans son abandon définitif: en ciment et grillage, 150 kilos pour plus de 2 mètres, cet ancien (et très noir) combattant africain de la II° guerre mondiale fut créé en 1982 par le célèbre (aujourd’hui) marionnettiste malien Yaya Coulibaly puis abandonnée dans un terrain vague au centre de la capitale où des générations d’élèves du Lycée voisin furent ses familiers. On nous a raconté cette vieille dame qui trouvait chaque jour notre soldat sur sa route vers le Marché: « Eh, les enfants! Qui est donc ce gros type impoli qui ne me rend jamais les salutations de politesse?» …
Livre en mains, celui-là ne porte ni fusil ni couteau, car telle fut l’idée de Yaya pour montrer à sa manière que l’avenir de l’Afrique et de sa jeunesse n’était pas, malgré les uniformes alors promenés partout, dans la grâce des Kalashnikov mais bien dans les secrets de la connaissance, de l’instruction et des livres. Message transmis, Yaya, et merci: ta statue est dans la cour de la Bibliothèque du Mandé, pour longtemps écoutée.
Notre affiche de l’exposition Viallat, pour ceux qui savent regarder, est placée sous sa garde.
Nous attendons maintenant à Kela les marionnettes de Yaya Coulibaly comme il a promis.
Pour le « commandant» , dont le temps de chefferie sera important sans doute pour nous tous, il faut dire que quelques bottes de paille du toit de notre première case (au temps d’hivernage de l’an 2000 où tout était rare au village) sont un cadeau qu’il nous fît: un peu par amitié fidèle, à vrai dire, pour son ami Hadj Demba Madi Diabate le chef des griots et notre hôte-logeur. Cette amitié (dont une photo de l’Eté 2000 témoigne dans l’album de ce site web) est là et nous fait espérer des actes forts pour le village où les deux amis, ensemble « au pouvoir» désormais, formeront des projets tels qu’au temps de Kela Bala… Ni Allah So Na.
En tout cas, toujours bienvenue à Kela: aucune pierre n’est inutile.
Michel