Archive pour janvier 2009

DE BRIQUES ET DE PAILLE

Lundi 26 janvier 2009

La Bibliothèque est maintenant presque une vieille dame en brousse du Mandé. Or, si vous connaissez nos villages, vous savez qu’ici les vieilles dames qui ont travaillé dur toute une vie sont jolies et espiègles, et sensibles aux sourires qu’elles nous renvoient avec humour: leur secret est dans ce miracle de la brousse malinké qui efface l’âge, moment venu.

Lacine Diarra s’occupe en ce moment de « notre vieille dame» , avec les amis kéliens de toujours autour des livres et prêts à proposer les solution aux problèmes.

Il a pris en mains toute une équipe solide et compétente (à laquelle se réunissent les élèves du Collège et de l’ecole fondamentale attentifs à la leçon de vie de Yaya coulibaly et de sa statue) pour le grand chantier nécessaire de réfection du toit du vestibule-blon de laBibliothèque du Mandé.

Ce n’est pas une petite affaire car il faut couper, à près de 10 kms de Kela, quantité de bonne paille. Ensuite tresser en « paillassons» , dégager l’ancienne couverture pour contrôler et consolider, après dépôt au sol, la structure porteuse de bambou (affaire de grands érudits), placer les spirales comme il faut en chenille vers le sommet; confectionner et placer un « croisillon»  de corde sous la voûte après avoir porté le tout en poids jusqu’au sommet des murs. Enfin, tresser un épi faîtier propre et digne qui dira aux passants que cette cour est honorable.

Nous allons à Kela cette semaine pour les derniers moments du chantier: l’occasion aussi de vérifier encore que tout est bien en place autour des livres: hangars de lecture et de thés, les nouveaux bancs, les bougainvillées vieux maintenant de 5 ans qui mettent du rouge aux joues de notre vieille dame…

Nous avons pu sourire, à notre dernière visite, des murs sans failles et des sanitaires commodes, le travail des Kamissoko nos voisins.

Bienvenue à Kela.

Michel

VIALLAT: DES COULEURS, LES DATES ET DES MOTS

Samedi 24 janvier 2009

affiche-viallat-bamako

 LE DOCUMENT D’AFFICHE QUE NOUS AVONS DIFFUSE : UNE IMAGE DU VELUM DE CLAUDE, A KELA DEPUIS 2004, ICI  ETALE PRES DU PUIT DE LA BIBLIOTHEQUE POUR ENTRETIEN.

L’accès à la double exposition Claude Viallat est libre et gratuit toute la durée de cette manifestation: au MUSEE NATIONAL DU MALI  tous les jours sauf Lundi, et au Quartier d’Orange seulement les vendredis, samedis et dimanches…

Nous remercions S.E. Reveyrand de Menthon, l’ambassadeur de France à Bamako, qui sut comprendre notre demande d’ouverture des Quartiers d’Orange au delà des week-end, et à la disponibilité des équipes africaines du lieu: sans effet.

Tous ensemble pourtant, la belle aventure malienne que nous voulions offrir à Claude et à nos amis de toutes couleurs. Un cadeau à partager, dans l’esprit de ce court poême de Claude daté d’avril 2005 (reproduit dans l’ouvrage de Pierre Wat):

                                       Peu à peu/Pas à pas/Ce qui ne s’envisageait pas/Ce qui n’était pas concevable/Ce qui semblait improbable/L’inattendu/L’inconvenu/L’impensable/Agit et se met en place/Il n’est que de tendre la main/et être spectateur.

Bismillahi!

MK

EN VRAC…

Jeudi 22 janvier 2009

Bamako-Kela

Quelques résultats, quelques projets pour les temps qui viennent:

1. Une lame de sabre découverte à Bamako en 2002, et que nous souhaitons réunie, après étude savante, aux fonds patrimoniaux du Musée National du Mali. Un groupe d’étudiants et de spécialistes universitaires de l’Afrique (et notamment métallurgie et instruments de pouvoir) a pris en charge cette étude, au printemps 2008 à Paris. Une première publication universitaire présentait en Sorbonne, au mois de juillet, l’état des recherches. Actuellement des travaux d’analyse spectographique et une étude savante des figures gravées de cette lame sont engagés. Nous publierons bientôt sur le site quelques photos et le texte de présentation de l’état actuel des études, et, au fur et à mesure del’avancement, les résultats d’analyse et les questions.

2. Le « magasin»  de Warakun est une importante construction ancienne de banco, visible tout à côté de Kela, de l’autre côté du fleuve: sans trahir de secrets, car l’histoire du lieu n’est pas toujours à dire aux étrangers, il est important de sauver le bâti visible: des murs de plus d’1 mètre d’épaisseur, des bâtiments hauts de près de 4 m: datation précise incertaine, mais plus que centenaire: ces bâtiments constituent sans doute un témoignage historique au Mandé aussi monumental que les vestiges du « tata»  de Sikasso célèbre au Wassolo. Quelques autres photos seront bientôt sur ce site pour compléter celle que nous avions prudemment publiée en queue du dossier « photos»  du site depuis quelques temps. Et la rubrique ouverte en répertoire « Un monument mystérieux…).

Un sida (baobab) signe l'endroit, là où furent jadis les villages connus...

Un sida (baobab) signe l'endroit, là où furent jadis les villages connus...

MERCI A TRISTAN ROUTIER ET A CEUX QUI, AUTOUR DE LUI A PARIS ET ICI, PEUVENT FAIRE AVANCER SÛREMENT CES HISTOIRES.

Michel Kuentz

PS. A propos de « couteau» , on sait que celui de Tiramakan Traoré (le Joinville de Sunjata au 13° Siècle) est identifié chez les Diawara de Kela. La caisse de verre qui le protégeait à l’initiative ancienne de Bouna Boukhary Diouara n’a pas résisté au temps; mais Samuel Sidibe (Directeur général du Musée National du Mali) a bien voulu, en septembre 2008, se préoccuper de notre requête pour une nouvelle protection: si Dieu veut, et si les Diawara engagent l’effort supportable de sécuriser et de peindre la case où est posé ce « couteau»  historique, une nouvelle caisse de verre devrait être installée bientôt par le Musée National, pour l’honneur de Kela et des Diawara. Ni Allah So Na!

CLAUDE VIALLAT EN QUELQUES LIVRES

Jeudi 22 janvier 2009

Bamako-Kela

Pour prolonger l’exposition de Bamako 2009…

Voici quelques titres sur Claude Viallat et sur son travail, consultables à la Bibliothèque du Mandé à Kela.  La plupart est enrichie d’un dessin original *de Claude, qui marque sa dédicace et  son amitié le jour où il nous les a offerts. Certains de ces ouvrages font donc quelquefois le voyage à Bamako, chez moi, où ils sont également à votre disposition.

CLAUDE VIALLAT  Oeuvres/Ecrits/Entretiens*, par Pierre Wat. Paris, Ed.Hazan 2007. in 4° cartonnage toile sous jaquette illustrée. 150 pp. Il s’agit d’une approche très complète, avec index bibliographique, biographie etc…

CLAUDE VIALLAT: UN BEL ETE* (Collectif). Roche-la-Molière, Ed. IAC (Bernard Ceysson)2007. in 4° caetonnage sous jaquette illustrée.114 pp. Cet ouvrage dirigé par Bernard Ceysson présente les grandes expositions de Claude dans l’Eté 2006: l’occasion de découvrir certaines pièces monumentales, réalisées sur commande comme celle de l’installation du Pont du Gard… Les illustrations photographiques sont très respectueuses de la démarche de mise en place, très souvent avec l’assistance fidèle et compétente de Bernard Ceysson.

CLAUDE VIALLAT, par Claude Minière. Fall éditions et Claude Minière 1999. in 8° couverture rempliée illustrée.94 pp. L’historien et critique d’art Claude Minière accompagne le travail de Claude depuis ses débuts: il s’agit ici d’une étude rigoureuse de l’acte de peindre et du caractère novateur de la démarche de Claude Viallat.

CLAUDE VIALLAT ET LE LIVRE, Médiathèque de Perpignan.Catalogue de l’exposition de 2004 à Perpignan. in 8° carré, couverture illustrée, 45 pp. Bibliographie, livres illustrés par C.V, catalogues d’exposition, filmographie, sélection de bibliographie générale. Comme tout catalogue d’exposition, celui ci n’est pas exhaustif mais permet d’approcher l’ampleur des travaux publiés sur l’oeuvre de Claude Viallat et d’apprécier le choix des textes d’auteur qu’il a accepté d’illustrer.( Anecdotiquement, la Ville de Nîmes a remis en cadeau au Président Sarkozy lors de sa visite en Janvier 2009, l’ouvrage illustré par Claude sur les textes de Bernard Noêl: tiré à 5O exemplaires, chacun unique puisque peint à la main par C.V, ce très élégant livre d’artistes a été édité en 2007 à Nîmes, par les Editions La Palourde du courageux libraire Jean-Yves Lacroix.)

CLAUDE VIALLAT: Peintures tauromachiques. Ville de Nîmes, catalogue d’exposition à l’ecole des Beaux-Arts, 2008. in 4° couverture remplée illustrée, 74 pp. En parallèle à l’histoire continue de la « forme»  qui identifie son travail dans le monde entier, Claude Viallat dessine et peint sans relâche les images de corridas et de « courses libres»  (sans mise à mort, Sud de la France), sur les supports les plus variés. Ce travail, que l’artiste n’isole jamais de celui de sa « forme» , peut être mis en rapport avec sa passion continue pour les combats de l’homme et du taureau (toro) qui font une partie de sa vie depuis l’enfance, et avec sa collection importante de pièces populaires sur le sujet qui constitue l’essentiel du fonds du Musée Taurin de Nîmes. La Ville de Nîmes présentait à l’occasion de la Feria de Toros de Pentecôte 2007 toutes les facettes du travail inlassable de Claude, d’où ce catalogue important qui offre l’occasion rare d’approcher un travail impeccable de l’oeil et du trait.

CLAUDE VIALLAT In Pulchri Studio*. Textes de John Sillevis et Yves Michaud. Catalogue d’exposition. In Pulchri Studio, La Haye, 1987. in 4° à système, sous couverture calque illustrée. 16 pp. Un bel objet, mais la langue néerlandaise n’est pas accessible à tous… Un hasard de bouquiniste nous offrit à Paris l’opportunité de recueillir ce témoignage d’une étape, que Claude a enrichi amicalement du dessein d’un toro à notre attention.

CETTE PIECE RARE, TEMOIGNAGE D’UN TEMPS CONTINU DE CREATION, SERA OFFERTE PAR LA BIBLIOTHEQUE DU MANDE DE KELA  A SON EXCELLENCE MONSIEUR LE MINISTRE DE LA CULTURE DU MALI A L’OCCASION DE LA REMISE OFFICIELLE DE LA TOILE OFFERTE PAR CLAUDE VIALLAT AU MUSEE NATIONAL.

Dernière minute: nous retrouvons la courte mais très ambitieuse étude de Christian Skimao, méthodique sur l’analyse du travail de Claude et qui dit comment les démarches « primitives»  de l’art sont entrées dans sa vie à l’occasion d’un ancien (déjà) voyage aux USA: à travers les musées américains… Nul doute que quelques « blancs»  curieux de tout découvrent à Bamako le travail de Claude, en miroir de ses propres émotions américaines sur les artisans-artistes de notre continent!