Archive pour mai 2005

KURUKANFUGA et KUDUKANFUGA

Mercredi 11 mai 2005

Kangaba/Kela

Le temps des grandes pêches collectives, a amené à Kela, cette semaine, le photographe Mahmadou Konate-originaire de Kela et installé à Bamako- avant son départ pour la France où il va participer en Juin au photo-workshop de Joucas.
Peu de poisson, encore une fois, même si ces rassemblements amènent de loin des amis qui se retrouvent à cette occasion: on peut craindre la disparition, avec le temps, des vrais motifs (la pêche collective pour manger) de ces très anciennes traditions…

Vendredi prochain, la geste de Soundiata sera la cause d’une grosse manifestation (sas doute plusieurs milliers de malinkes) sur le champ où furent édictés, au XIII° Siècle, les articles de la charte orale qui règle l’essentiel de l’identité malinké aujourd’hui.
Un débat récent oppose, pour désigner le lieu, tout proche de Kangaba, les tenants de KuRukanfuga ‘qui évoque clairière et montagne) à ceux- plus modernes et très acharnés à cette nouvelle authenticité- de KuDukanfuga (qui dit qu’on s’est assis là au temps du retour pour parler)…
Le fait de simple permanence dans la vie d’un lieu lié directement aux origines du Mandé dépasse sans doute
toutes les querelles»  byzantines»  qui établiraient vainement un prestige quelconque de tel contemporain.
Souhaitons que Vendredi soit un jour d’authentique solidarité pour le Mandé tout entier.
Au -delà des mots. Une porte monumentale commémorative, bien visible depuis la route, marque désormais au voyageur la place de ce site remarquable.

Kela, un « campement»  pour les voyageurs.

Mercredi 4 mai 2005

Bko, le 4 Mai.

Retour à kela pour 5 semaines, avant le voyage en France mi-juin. cette année, plusieurs mois hors d’Afrique, sans doute jusqu’après la saison des pluies « hivernage» , donc vers début Novembre: le temps de réactiver quelques amitiés et, souhaitons-le, de structurer dans la durée l’association des Amis. Un homme seul ne peut rien…

La bonne nouvelle d’un « campement»  de 6 cases installé à Kela par le jeune Breman Diabate, tailleur à Bamako et qui crée ave ses seules forces ce programme ambitieux. Tout sera opérationnel en fin d’année, et ce que nous avons vu du chantier permet de connaitre que la date sera tenue.

Voilà.
Michel est à Kela jusqu’à mi-juin.

KELA (en désordre)

Lundi 2 mai 2005

Bamako, 2 Mai 2005.

L’agréable surprise d’un nouveau séjour à Kela de Simon Toulou, universitaire camerounais en résidence à Genève, qui occupa discrètement (et en grande efficacité) son séjour au village -le premier- au Printemps 2OO4. Préparation, développement et soutenance d’une thèse de Doctorat sur (si nous avons bien compris cette aventure savante) les modes informels de préhension des connaissances: à Kela l’enquête promène Simon des griots historiens qui transmettent à l’élève choisi en répétant ce qu’ils savent au cercle fermé des chasseurs « donso»  qui connaissent un peu mieux chaque jour Nature et recettes de médecines traditionnelles, et jusqu’au bout de tous les domaines d’apprentissage des sociétés rurales malinké.
Du courage, du respect, et beaucoup de rigueur.

On a installé cérémonieusement, hier Dimanche 1 Mai 2OO5, le nouveau « donsoba»  -chef des chasseurs- de Kela,
Lansanouba Traoré successeur, donc, de notre ami disparu Koyouman Konaté. Le père de Lansanouba fut aussi, dans la génération de Koyouman, un « donso»  très réputé au Mandé et plus loin: de Bamako même, et de nombreux villages du Mandé, on était venu « installer»  Lansanouba ce Dimanche, et la fête, très scrupuleusement structurée, dura 24 heures pleines depuis Samedi.

La première grande pêche collective a mené, cette semaine, tous les courageux et courageuses (et surtout ceux qui connaissent…) au marigot de Djoli, dont notre album-photo sur ce site présente quelques images au temps de notre découverte de tout au Printemps 2OOO.
Lundi prochain, ce sera le tour de Cancan (le marigot du tragique conflit Kela-Salamale), puis Nougou et Caleba: ces 4 marigots forment le cadre de chaque saison, un peu avant l’hivernage, et leur taille respectable a installé l tradition de 2 interventions de pêche pour chaque. Malgré les milliers de personnes qui pataugent là à chaque fructueuse exploration.

Un ami Diabate, notre voisin immédiat au pied du baobab Sokouba Jian, se marie Mardi en grande fête et impose à Michel le remords du voyage impérieux de quelques jours à Bamako.
La vie…