Archive pour août 2004

Un voyage un peu difficile

Mercredi 25 août 2004

Bamako 25 Aout

Un voyage un peu difficile -un peu plus de 5 heures pour 1OO kms- cette fois, pour venir hier de kela jusqu’à la capitale: la route est impraticable sur une partie , en raison des gros orages de l’Eté et du caractère partiel des travaux réalisés au Printemps. donc un détour de 3O kms par SIBY, qui nous a permis de connaitre que le grand chantier qui doit relier Bamako-Siby-la Guinée sur 4 voies bitumées est encore assez loin d’une réalisation définitive. Cette situation relativise les problèmes de communication, que nous avons déjà évoqués, par la route Kela-Kangaba_Bankoumna-Bamako, celle de « notre»  Mandé dont on espère que la mise en état sera bientôt aussi l’objet d’un grand chantier.
les pluies d’hivernage sont venues comme il faut pour le riz -présent et cultivé ‘au Mandé depuis plus de 35OO ans d’après les historiens occidentaux-, le maîs, le mil et l’arachide dont c’est la saison: on récoltera tout ça à Kela, si Dieu veut, à partir d’Octobre. Pour l’heure, après les travaux de désherbage du maïs, quelque temps de repos est nécessaire à tous…

LA BIBLIOTHEQUE DU MANDE, CE SAMEDI ET CE DIMANCHE, à l’honneur sur la chaîne TV5_Afrique qui va diffuser le travail remarquable du réalisateur Christian Tortel -MALI, TERRE DE LEGENDE-, où notre bibliothèque occupe une place importante.
Visible dans toute l’Afrique, le 27 Aout à 3h21 TU et le 28 Aout à 11h27 et 23h04 TU.

Visite nécessaire, aujourd’hui, à ceux de nos amis qui, participants du conflit armé qui opposa Kela et Salamale au printemps 2OO3, viennent dètre condamnés lourdement par la Cour d’Assise du Mali : ils sont incarcérés à la Prison Centrale de Bamako, et chacun espère, dans les 2 villages, un transfert compréhensif à la prison de Kangaba plus proche des familles. Dans l’attente de procédures éventuelles d’Appel et, surtout, d’un accueil favorable des demandes de grâce présidentielle qui seront déposées à l’occasion de la Fête Nationale du 22 Septembre devant le Président du Mali Ahmadou Toumani Touré. L’apaisement et le pardon que le Mandé avait organisés lors du symposium de Kangaba au Printemps…On peut comprendre qu’une issue positive mette un terme à cette très douloureuse affaire,où l’ignorance et l’incompréhension menèrent des hommes sincères à l’écart des règles nécessaires du Droit malien.

Les livres que les Amis de la Biblithèque du Mandé ont posé au fond des cases de Kela sont aussi, partout dans le monde, des fenêtres minuscules vers une autre forme d’avenir partout.

Les éléphants à Kela !

Lundi 2 août 2004

Bamako, Lundi 2 Août 2OO4.

LES ELEPHANTS A KELA ! Non, il ne s’agit ni d’une blague, ni d’une image d’Epinal pour dire l’Afrique! On a vu, à la fin de Juillet, 3 éléphants « rouges»  (’plus petits que les gros éléphants gris) tout à côté de kela, de l’autre coté du fleuve: sans doute (sources Direction des Eaux et Forêts) sur une route traditonnelle oubliée de l’homme, de Côte d’Ivoire où ils stationnent habituellement jusqu’au Baoulé (zone forestière au N-O de Bamako) où une ancienne migration les réunissait sans doute à d’autres provenances au temps de l’hivernage.

Quoi qu’il en soit, 1 puis 3 éléphants ont donc rejoint notre zone (villages de Figira et Fou) où la rumeur annonce quelques désordres non vérifiés. Il s’agit d’un mâle âgé et d’un couple. Le mâle-avant-courrier a traversé le Niger à 3-4 kms en aval de Kela, pour rejoindre notre rive gauche du fleuve, continuant sa route solitaire vers Deguela puis Narena vers le Nord (Kita, la forêt du Baoulé). Le service des Eaux et Forêtsn décrit son hypothèse: Des problèmes, sans doute alimentaires, en Côte d’Ivoire, ont provoqué cet exode limité des animaux, exploratoire d’un trajet ancien conservé en mémoire par le groupe actuel. Actuellement, le mâle solitaire est avancé en éclaireur vers l’endroit du Baoulé où stationnait jadis un groupe-hôte, laissant en station près du fleuve le couple qui l’(accompagne sur cette ancienne trace. Dans l’hypothèse probable de non-existence actuelle du groupe mémorisé au Baoulé, ou si ce groupe stationne aujourd’hui loin de son ancien territoire, le mâle avant-courrier»  déçu»  reviendra très exactement sur ses traces, rejoindre le couple en attente, pour un retour vers la base du troupeau dont ils sont issus. Au cas favorable de jonction avec le groupe défini en mémoire au Baoulé, le couple laissé en arrière traversera à son tour lle fleuve pour rejoindre le Baoulé!

Cette démarche peut annoncer la reprise, pour les années à venir, d’une ancienne migration qui placerait donc Kela sur « La Route des Elephants» … On peut savoir que le Mali, dans la région de Douentza, vers la frontière Burkinabe, compte actuellement plus de 6OO têtes de nos pachydermes, décomptées avec tous moyens modernes et traditionnels et protégés par l’Administration des Eaux et Forêts du Mali avec l’aide des Donsos (chasseurs de brousse traditionnels) des zones de transit ou de station. Souhaitons que ceux qui « visitent»  Kela cette année fassent route paisible et rétablissent, comme on peut rêver, la tradition mandingue d’une nature forte, puissante et nourricière en amenant plus tard, sur ce chemin, leurs éventuels congénères.

L’Avenir dira…

Les orages d’Eté laissent place aux pluies fines continues

Dimanche 1 août 2004

Bamako 1 Aout 2OO4.

Les orages d’Eté laissent place aux pluies fines continues (style « crachin» ) qui amènent doucement beaucoup d’eau partout. Tout est semé à Kela. La route, encore praticable jusqu’à Bamako, a toutefois imposé un voyage de 5 heures de temps hier, pour rejoindre la capitale: souhaitons qu’un chantier sérieux et efficace intervienne sur le chemin, dès que les premiers jours secs de Novembre le rendront possible.
L’issue définitive du conflit Kela-Salamale de 2OO3, qui trouva en Avril une solution collective(cf. Kudukanfuga) doit intervenir ces jours prochains au plan judiciaire individuels, devant la Cour d’Assise siègeant à Bamako: nos prisonniers d’honneur devraient donc voir le terme de la -trop- longue période carcérale qu’ils ont courageusement supporté. chaque famille, dans les deux villages, attends le retour d’hommes libres, ceux qui se sont affrontés malheureusement par respect de leur communauté respective et qui n’ont jamais dérogé dans les 15 mois de prison subis… Bienvenue à Kela pour ceux qui vont rentrer à la maison!

La mise en place prudente du Comité de Développement de la Bibliothèque du Mandé se poursuit à Kela, d’une façon discrète, sincère et décidée.

Nous avons reçu encouragements et enthousiasme par mail de Sophie, rencontrée trop vite au soir du 14 juillet chez l’Ambassadeur de France à Bamako. L’annonce ègalement, de Paris, d’un nouveau regard australien sur la Bibliothèque du Mandé: il est presque l’heure d’afficher sur notre site la carte du mondeornée de petits drapeaux (là où sont ceux qui nous accompagnent, chacun à sa manière, dans l’aventure).
Le Livre d’Or de la Bibliothèque, que Michel « trimballe»  partout avec lui depuis que l’ami relieur Deschamps le confectionna à Nimes pour nous, réunit peu à peu les signatures de ceux, blancs et noirs et c…, qui sont venus à Kela ou qui découvrent nos cases et leur trésor de livres: humour, ironie, émotion par le jeu des mots, et encouragement à continuer ensemble.

A coté du chemin écrit, et tout prèsde Kela au-delà du Fleuve (3 kms), sur les territoires de Badalabougou et de Warakun (la Tête de lion) le seul témoignage bâti, et plus que centenaire, du système de commerce ancien sur le Fleuve Niger-Joliba jusqu’à Bamako: on dit « le magasin de Warakun» , pour cet ensemble impressionnant (3,5O m de haut, murs de O,8O, bâti de plus de 5OO m2 subsistant) en surplomb du fleuve, grenier et fortin en même temps. Cet entrepôt, unique de Guinée à Bamako, recueillait et distribuait les grains de la région et stockait, sous surveillance armée, les marchandises amenées d’amont par le Fleuve: les pinasses du temps de Samory accostaient ici au XIX° siècle, chargaient et déchargeaient les approvisionnements convenus, et les bateliers trouvaient sur place dequoi organiser leur escale le temps nécessaire.
Cette structure, encore impressionnante à l’oeil aujourd’hui, connut déshérence et dégradation dès les premiers temps de l’installation coloniale et ne sera remplacée, le long des pistes nouvelles cette fois, que plusde 5O ans plus tard par les « Magasinsde la haute-Vallée» - et notamment ceux de Kangaba et de Fou pour notre Mandé- eux aussi déserts maintenant.
En tout cas, notre « fortin commercial» de Warakun, en terre crue conforté d’huile de karité comme on construisait en ce temps là, est aujourd’hui un motif sérieux d’escapade autour de Kela et l’idée de quelque recherche patiente pour Michel. Une preuve aussi que notre Mandé existait vraiment comme il faut, et organisé bien avant le temps des progrès imposés…
Mais ceci est une autre histoire (Rudyard Kipling)…

Bonjour de Kela pour vous.