Archive pour avril 2004

Au moment de voyager en France

Mardi 20 avril 2004

Bamako, 2O Avril 2OO4.

Au moment de voyager en France quelques jours jusqu’au 17 Mai, pour faire de nouvelles forces et avancer vers la fin de cette année, on quitte Kela et le KamablonTi de Kangaba qui s’est terminé ce vendredi 17 Avril, dans quelques bousculades habituelles au lever du toit de la Case Sacrée des malinkés.

Une célébration très intime pour un village fort et les Keita mansarens qui en sont l’âme depuis l’installation de Bemba Kanda: rien d’une fête ni d’un spectacle, et les étrangers sont vraiment étrangers partout à ce moment là. Tout s’ouvre -apparemment- le vendredi qui suit le récit nocturne des griots Diabate de Kela et où, devant le Monde rassemblé, on monte le toit de la Case Sacrée comme chaque 7 ans. En fait, avant la ruée un peu dangereuse de ceux qui, tout le monde, veulent toucher les murs pour protéger leur vie pour longtemps, les autorités et les cineastes sont venus et montreront des images: l’essentiel est ailleurs et nous n’y sommes pas…

Beaucoup de visites cet Avril à la Bibliothèque du Mandé, d’Afrique, d’ailleurs et de partout: d’abord celle de Nicole Seurat, notre sémillante Directrice du centre Culturel Français de Bamako -celle-là même qui brava enfin la route épouvantable qui mène des Ambassades de la Capitale vers notre Mandé- qui amène son sourire aux cases ds griots musiciens près de chez nous, accompagnée d’Eric Lacascade (Directeur du Centre dramatique national de Normandie et étonnant créateur du courageux PLATONOV du Festival d’Avignon 2003) et de sa famille: ils consacraient à la Bibliothèque du Mandé (et à Kela qui les salua magnifiquement en paroles et en musiques au blon de l’Hdj Mamadi Diabate-le Chef des griots- entre deux longues palabres amicales autour des livres de Michel: on promet des plus-tard de nouvelles visites et de séjours ici, avec la femme et les 2 filles d’Eric qui l’accompagnent aujourd’hui…

Boubacar Diakite, ami de Kela et de Michel depuis la première découverte de l’Eté 2OOO (celui-la était à Gao depuis un an) arrive improviste, accompagné des frères Bouthillier, canadiens quinquagénaires et bonhommes dont la culture est vécue simplement dans une attention continue aux choses et aux gens: ils sont baptisés Konate par un Diabate intelligent, qui a compris que les règles, hors celle majeure de l’amitié sincère, ne sont que des détails. L’aîné, Pierre (Koyouman Konate) vit en France, en Bretagne, où il étudie deopuis plus de 1O ans les contes et légendes. Familiarité africaine des musiques et des mots, trames universelles de ce qui raconte la vie…

On voit arriver, un soir, Orlando Alonso-Benito, universitaire espagnol africain depuis plus de 10 ans, un des premiers amis aussi dans le fameux Eté 2000 et jamais revenu jusqu’aujourd’hui. D’Abidjan en troubles jusqu’à Kela, pour une semaine seulement (mais ce n’est pas rien) et le hasard de revoir à la Bibliothèque Konj Keita, notre ancien Directeur de Kela, qui n’avait rien vu du nouveau construit de nos cases depuis presque’un an… le plaisir des nouvelles infimes, le bonheur des sourires et de signes simples entre ceux qui sont là et ceux qui viennent: la Bibliothèque du Mandé est vivante ce temps de Printemps.

On peut dire qu’on l’a fait, maintenant…

Jacques Varma, le Préfet de Kangaba , notre ami, construit pour Juin une grande conférence très pratique, qui va réunir tout ce que le Mali compte de courage et de force, pour regarder l’avenir du Mandé à travers les problèmes de Terre, d’eau, de cultures et construire une meilleure sécurité aux enfants. Cet étonnant fonctionnaire, aussi atypique que notre Bibliothèque du Mandé, ne lâchera le morceau que « mission remplie» : on a quelquefois la chance et l’honneur de rencontrer quelque part des hommes.

La route a commencé son chantier d’entretien: espérons qu’il viendra au bout, jusqu’en Guinée, pour mettre Bamako à 1OO kilomètres VRAIS de Kela, des kilomètres qu’on ne comptera plus en heures au temps de l’hivernage qui vient.

Les premières pluies sont là.

Tout va bien au Mandé.

Kela 2 avril 2004

Vendredi 2 avril 2004

Paces de liberté dont on a besoin ici aussi, et tout est possible en coopération avec les autorités maliennes et les partenaires publics et privés compétents qui nous accompagnent. Ainsi, au temps de Fevrier ou nous attendions à Kela Nadine et son fils Philippe de France, l’intervention compétente, disponible et très humaine de Monsieur Sissoko, Directeur de l’Hopital de Kangaba, a permis de situer les suites de la dotation LABOREX-MALI au « dispensaire»  de Kela (Décembre 2002) et d’imaginer les suites possibles pour notre village.

Quelques noms, quelques maliens… Ainsi Jacques VARMA, Préfet Commandant le Cercle de Kangaba et donc représentant les administrations centrales de la République du Mali…Le jeune Kélien Moussa Dante, dessinateur et plasticien de 12 ans qui décora le vestibule « blon»  de la Bibliothèque du Mandé, maintenant accompagné dans son futur par Marie-Odile à Bamako, Marc et Beatrice à Lausanne et la discrète et talentueuse céramiste Nicole (de Massillargues-Attuech): bonne chance à ce petit bonhomme courageux et talentueux déjà, dont le nom, sans doute, portera celui du Mali très loin…Les SOMONOS du fleuve Joliba-Niger, près de chez nous à Namina, Kodiou ou Selen, qui nous ont fait (avec Seydou le dogon et nos trois amies marseillaises en stage à l’IFM Kangaba à l’époque) quelques kilomètres de fleuve tout près et le « magasin»  du fort de Badalabougou: les SOGORE sont au fleuve malinké ce que nos donsos sont à la brousse, c’est à dire vraiment la vie ensemble des hommes, de l’eau, de la terre, de l’air et du feu…

Beaucoup de visites, et nous palabrons un peu « typographie» , papier, reliure et Mallarmé avec ceux qui viennent, en hommage ert amitié de ceux qui, un peu partout, vivent le livre avec compétence et simplicité, rigueur et passion: salut à la Bibliothèque de l’Arsenal, à Jean-Do Mellot de la BNF, à celles de notre Carré d’Art de Nimes. Salut au travail de Jean-Yves Lacroix (La Palourde librairie à Nimes) et de ses « mercenaires»  parisiens pour vivre Raoul Haussmann, Claude Viallat, les « bois»  africains, tout… et un peu de surréalisme pointilleux.

Notre brousse est simple, puisqu’ils sont à Kela, aux portes de la Bibliothèque du Mandé, un peu chaque jour avec nous tous.