Il est temps de rentrer – N’est-ce pas?
Vendredi 21 novembre 2003Il est temps de rentrer – N’est-ce pas?- puisque la vie continue là-bas, autour d’une étrange bibliothèque ébauchée.
Kela et nous: pas de choix.
La farandole des certitudes ne fabrique jamais rien nulle part, même si un peu d’orgueil et certains regars déjà affirment maintenant que cette affaire n’est pas (absolument pas inutile. Mais on doit se contenter des aleas en afrique comme ailleurs: de très petites choses se fabriquent ainsi chaque jour.
Dans ces limites inconfortables du possible où, naguère j’ai eu le culot de vous entrainer avec moi, cetains prétendent ici et là-bas que nous construisons ensemble, à notre manière, un futur minuscule qui sera sans doute un jour le bonheur fragile de quelques uns. Ce minuscule suffit souvent le futur. Car l’éventualité de telle échéance durable justifie ce qui se fait à peu près aux bornes incertaines de cultures qui semblent s’affronter toujours à force de mots. Ainsi la guerre dérisoire qu’on prétend celle de la voix nègre et de l’Alphabet blanc n’a-t-elle plus sa place en brousse du Mandé; dans les règles, en tous cas, de ce que nous avons entrepris à Kela par le sceau des griots qui ont choisi, dans une affirmation décidée, de nourrir nos idées de force authentique.
Certains ici amis dans notre association annoncent qu’ils viennent, cette année, toucher notre rêve commun, là-bas au bout de tout: Il me faut donc d’abord remercier chacun de vous d’avoir engagé, un jour, ce voyage avec moi à tous hasard.
Parce que chacun de nous aura longtemps besoin de vous.
Michel Kuentz