KELA NEWS

27 avril 2016

Ce début d’après-midi, un appel téléphonique de Mamadouba Kamissoko pour m’informer qu’il a bien en mains notre modeste contribution d’assistance transmise par Western Union…
Cette fin de semaine sera plus douce.
Il dit aussi que Dieteneh Madi Diabate, le chef des griots de Kela, ami fidèle, nous salue.
Un peu d’émotion.

KelaMichel

L’amitié et le respect.

21 avril 2016

Certains évènements peuvent entrainer quelquefois aux malaises de l’amalgame celui qui n’a pas de mémoire.

Ainsi, cette semaine, les tragédies (militaires français et humanitaires de la Croix Rouge) du Nord du Mali créent les conditions malheureuses de jugements catégoriques et dangereux: ainsi oublier ce qui fait vivre et qui justifie l’amitié réelle et réciproque entre les Maliens et les Français.

Les informations que nous recevons de Kela posent malgré tout la vérité bâtie entre nous et le village depuis plus de quinze ans, celle de l’amitié sincère et de la mémoire respectueuse ensemble.

Mamadouba Kamissoko, fidèle de la Bibliothèque du Mandé et, en notre absence, actif à sa mesure pour maintenir ce que nous avons construit là pour tout le village, vient de subir à Kangaba une lourde opération suivie, maintenant, d’une longue convalescence à domicile.
Plus de deux mois sans activité, insupportable si l’on connait le dynamisme permanent Mamadouba,Grand Griot malinké par sa naissance et par ses règles de vie.
Nous souhaitons à notre ami un prompt et complet rétablissement, car sa femme Naïma et ses trois enfants ont besoin de lui: notre aide matérielle est acquise mais trop modeste… Mamadouba peut heureusement compter sur l’amitié respectueuse de nombreux vrais amis, à Kela, à Kangaba et au-delà.

Ce moment est aussi pourtant celui de l’ agression honteuse d’un petit clan de griots Diabate (celui de KANINFINA pour qui est familier) du village, qui a tenté de mettre à profit notre absence et la maladie de Mamadouba.
Ceux-la, loin du respect qu’ils doivent à notre passé commun pour la Bibliothèque du Mandé, tentent de s’approprier par la force le bien commun du village: ils prétendent honteusement avoir fait la Bibliothèque seuls depuis le début, sans aucun avantage ni aucune rémunération de leur travail.
Leur mensonge est une offense au nom même des Diabate, connu au Mandé comme porteur de vérité: un griot Diabate ne doit jamais mentir…

Pour l’honneur, ceux présents autour de Mamadouba Kamissoko lors de notre appel téléphonique ont tenu à manifester personnellement leur soutien pour maintenir ensemble ce patrimoine moderne du village.

L’avenir de la Biliothèque du Mandé sera ce qu’ils vont en faire , dans le respect de leur nom et des règles.
Je n’ai que mon amitié et notre respect à leur offrir désormais en échange.

KelaMichel

KEITA OU KEITA?

1 avril 2016

On confirme l’arrestation de Souleymane Keita, leader criminel du groupe islamiste Ançardine, à la frontière mauritanienne.

Certains traditionalistes incertains de l’histoire du Mandé associent systématiquement le patronyme KEITA à la lignée de Sunjata Keita, fondateur de l’Empire du Mandé au XIII° siècle.
On connait pourtant le débat mené par les griots Diabate de Kela sur la généalogie de Modibo Keita, premier président du Mali après l’Indépendance: les généalogistes avaient alors cherché en vain la trace d’une descendance directe de Sunjata dans les ancêtres de Modibo..
Seuls quelques « vrais»  Keita peuvent légitimement revendiquer avec fierté et honneur Sunjata comme ancêtre authentique.
Nous ignorons la position des griots Diabate de Kela sur la « lignée»  de Souleymane Keita, mais ce serait un vrai déshonneur pour le Mandé et pour l’histoire moderne du Mali si nos amis, traditionalistes incontestés en Afrique de l’Ouest, venaient attester une généalogie honorable.
Certains qui portent aujourd’hui le nom de Keita ne sont, le plus souvent, que descendants d’anciens esclaves des authentiques Keita mansarens.

L’histoire du Mandé est affaire de vérité.
KelaMichel

KELA , UN VILLAGE ?

21 janvier 2016

L’égoïsme est moteur aveugle de certitudes.
Ainsi du « bienveillant»  qui, voisin d’Afrique ou étranger d’ailleurs, fait le voyage de Kela.
Car, dans l’illusion du premier jour, il ignore le malentendu, l’urgence de savoir que ce village est seulement un puzzle de familles qui, chacune à sa place depuis les premiers temps du Mandé, vit par l’équilibre attentif à l’autre.
Kela n’attend rien de celui qui vient, parce que chaque famille tient immuablement sa force de chaque voisin depuis toujours.
Kela n’est pas un village, c’est un Mot.

Chaque louange recue devant cette communauté permanente du verbe doit donc être écoutée très attentivement, mais la réponse est inutile.
L’étranger n’a jamais aucun accès efficace : Kela restera la propriété et la force de « ceux qui vivent là» , les intrusions affectueuses n’y changent rien.
Ici les griots Diabate, maîtres du Mot, décident toujours de tout.

Quelques jours, quelques mois ou quelques années font donc sourire au regard des siècles bâtis sur l’Histoire de Sunjata qui réduit tous les égoïsmes.
Le pacte du Mandé a fixé ici, au temps de Saint-Louis, la tâche éternelle de chaque famille; et la célébration du Kamablon, chaque 7 ans à Kangaba, n’introduira jamais aucun patronyme nouveau dans cette histoire.

Définitivement, l’Autre n’offre que des mains vides aux mots de bienvenue de ses nouveaux amis: peine perdue pour celui qui veut ajouter au système ses certitudes vocabulaires.

Notre Bibliothèque du Mandé pose ainsi ses propres limites et le respect du Mot.

KelaMichel

Comme le Serpent …

15 novembre 2011

K.K.

CE TEXTE A ETE INTEGRALEMENT PUBLIE, DEBUT DECEMBRE, PAR MALI HEBDO.

Au pays de Koyouman Konate…

Le fleuve Niger est le sang du Mandé, du Mali et d’une grande partie de l’Afrique de l’Ouest, ainsi proclamé par ceux qui sont nés là et par de nombreuses conférences « internationales»  rutilantes de bonne volonté.
On étudie donc à grands frais le problème d’une pollution de l’Eau qui fait vivre: les eaux de lessive de Bamako ou la prolifération des sacs plastiques qui étouffent les caïmans sous les yeux des bailleurs de fonds sont ainsi courageusement dénoncées…

Autour de notre village, là où le Niger s’appelle Joliba, on connait depuis toujours l’Eau du Fleuve comme un véritable médicament à puiser librement par bidons entiers pour soigner les femmes enceintes et les bébés et tenter de prolonger encore un peu la vie des vieillards qu’on respecte. Certains ont pourtant remarqué que des étrangers qui travaillent sur le fleuve depuis cette année, font venir de loin à grands frais l’eau de forage qu’ils boivent: surtout pas une goutte d’eau du Joliba, pourquoi?

Peut-être parce que depuis le début de l’année 2011, le serpent continu de leurs dragues puissantes(plus de 4O engins mécanisés) est venu au Mandé, qui creuse le lit du Fleuve de la frontière de Guinée (Joulafondo) à Bancoumana 60 kms en aval: on exploite l’or, on pollue le Fleuve au mercure.
Un groupe coréen a lancé le premier 5 grosses dragues à proximité de Kangaba, les autres ont suivi discrètement…
L’eau du Fleuve doit-elle donc devenir un poison silencieux pour les poissons, les plantes, les animaux et les habitants du Mandé?
Non, la vénération du Serpent ni celle de l’or ne doivent mener ainsi l’homme à sa Mort.

Certains « informent»  sans rire qu’il s’agit seulement de nettoyer le lit trop ensablé du Fleuve, d’autres indiquent que c’est « le bruit des moteurs»  qui a fait fuir les poissons et les pêcheurs-bozzos ( cette année ils ont quitté la zone avec près de 2 mois d’avance ) d’autres encore, à propos de lavage au mercure des sables aurifères, croient pouvoir affirmer que les produits employés par le Grand Serpent sur le Fleuve n’ont rien de commun avec ce poison et ne présentent aucun danger…

Bonnes nouvelles, car sinon la contamination proliférante va pourrir tout le pays.

Est-il vraiment utile, pour l’Histoire, de savoir si le Grand Serpent Amoureux des dragues du Mandé est le fils du Bida du Wagadu ou plus probablement l’avatar africain du serpent Khâ de Rudyard Kipling qui entraine en silence ses proies dans un sommeil fatal?

Nous, nous ne savons rien. Inviter quelques uns des nouveaux bateliers de l’or à un festin de poissons pêchés tout près de leur engin permettrait peut-être d’interprèter une abstinence trop argumentée?

Mais c’est d’abord l’affaire des savants (en Français « ceux qui savent» ) du Mali et du monde entier de connaitre…
C’est aussi l’affaire aussi des ONG et de leurs prochains colloques de nous parler.
Les « chefs de terre» , les somonos et les notables, l’association N’ko et la presse multimedia sont informés…

Pour le droit de chacun des enfants , et de ses descendants pour 1000 ans, de vivre en sûreté au bord de son Fleuve, au Mandé..

Donsoko, il est temps.

KelaMichel

Oui Michel. Mais nous, les africains…

8 décembre 2011

Ainsi se répète inlassablement la litanie de l’échec, la rengaine humiliante de l’impossible.
On peut certes hésiter sur les destins inaccessibles, accepter dans la peur un rêve de certitudes.
Il est toujours humain de douter du possible.

Mais nos amis africains ont construit ainsi un système d’échec impitoyable pour eux-mêmes.
La célébration collective du Triangle, fatal à son époque, des traites atlantiques a verrouillé de culpabilité et de complexes le dialogue essentiel.
L’éducation bâtie par les puissants a fait le reste.

Aujourd’hui fils des diables nous, étrangers, essayons de croire aux miracles de la compassion et de l’autre côté, en face, une certitude d’impossible nourrit les « grands enfants»  autoproclamés des souffrances d’un ancêtre improbable.
Alors chaque bonne volonté nous assène en conclusion le définitif « Oui, mais nous…»  présent dans toutes les têtes comme une excuse absolutoire devant l’inaccessible convenu et la certitude des africains qu’ils ne pourront jamais rien dans cette condamnation génétique.
L’intelligence ni la construction du monde moderne n’auraient pas leur place en Afrique…

Lorsque nos amis auront écarté ces litanies convenables pour ouvrir eux-mêmes des chemins au futur, lorsque leurs traditions de la force et de l’or qui justifient en miroir nos illusions occidentales laisseront enfin place à la réalité, ces gens-là sauront enfin qu’ils sont des hommes.
Car aujourd’hui aucune des évidentes réussites qui contrarient le dogme n’est acceptée en contredit: la chance seule expliquerait les atypiques pieds-de-nez au Destin de quelques insolents à tête noire, et le Dieu penchera ainsi, s’il veut, son regard sur l’interlocuteur résigné qui a choisi devant nous d’être incapable à vie.
Ce scandale commode offre de part et d’autre un confort avantageux, soigneusement entretenu par les rancunes d’usage.

L’humain ne trouve pas sa place dans ce système d’échec.

Ici pourtant le rire des enfants dit que tout est possible hors du carcan de la chance que les petits ignorent jusqu’à la puberté, et les jolies vieilles malignes partagent joyeusement avec eux le secret des certitudes existentielles qu’elles comprennent enfin.
La complicité de ceux-là efface délibérément tous les complexes et condamne les têtes baissées.

Mes amis, tout est possible pour vous, au village comme à Bamako.

Par vous, qui êtes nés ici.

KelaMichel
ON APPROCHE LE MANDE AVEC BEAUCOUP DE PATIENCE:LA BIBLIOTHEQUE DU MANDE, 12 ANS DEJA…

KURUKAN FUGA: RESPECT.

18 janvier 2012

La Charte des Chasseurs du Mande, souvent évoquée, est sans doute bien antérieure à l’installation du mansa Sunjata Keita au XIII° siècle.

La construction d’une morale publique au Mandé fut reprise et développée en système de Droit Public lors de l’assemblée de Kurukan Fuga et fait référence partout jusqu’à nos jours.
KURKAN FUGA, c’est ainsi la réunion de Kangaba où, en rappel des règles immémoriales de la DONSOYA, Sunjata réunit tous ses alliés victorieux de Sumaworo Kante à la bataille de Kirina pour fixer l’équilibre de la société malinké: griots, forgerons, nobles, marabouts…
Chacun son nom de famille(JAMU) pour une place précise dans la société.
Cet équilibre est encore très actif aujourd’hui.

Nous reproduisons ici d’abord laCHARTE DES CHASSEURS, en soutien à l’alerte engagée pour la protection du fleuve Niger dans sa haute-vallée malinké. Cette retranscription du MANDEN KALIKANa été établie par le linguiste français Gérard Galtier, en accord avec Youssouf Tata Cisse.
Cette version recueillie autour de Kangaba (Kela? Kirina?) et publiée en 2003, utilise une graphie dite par G.G. « trans-mandingue» …

Ainsi l’article 4 de la Charte établit clairement le devoir de garde et de protection des terres et des hommes, et justifie l’effort impératif de chacun au Mandé pour sauvegarder hommes, animaux et plantes du Mandé contre la folie archaïque de l’or qui menace aujourd’hui le Fleuve.

TEXTE EN MANINKAKAN
transcription en Français

Donsolu ko:
Ko bèè k’i jaan to i faso la;
Ko n’i no a mèn ko faso, n’o ye jamana di,
Ko mogolu ko don,
Ko ni mogo banna jamana wo jamana ko kan,
Ko o jamana wo dugukolo yyèrè be nyanafin.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent:
Que chacun veille sur la terre de ses pères.
Par patrie, pays, ou terre des pères,
Il faut entendre aussi et surtout les hommes:
Car tout pays, toute terre qui verrait les
Hommes disparaitre de sa surface
Connaitrait le déclin et la désolation.

L’ARTICLE 42 DE LA CHARTE DE KURUKAN FUGA (Charte du Mandé) établie sous l’autorité de Sunjata évoquait aussi, à date reconnue vers 1236, le respect dû à la brousse (c’est à dire la Nature sous toutes ses formes vivantes) et le devoir pour chacun de protéger et de défendre « notre bien le plus précieux» : rien de vivant sans le Fleuve…

Maintenant, il faut vite alerter nos frères malinkés de Guinée sur les risques que le mercure a installé aussi chez eux et propage en aval sur le fleuve au Mali: les dragues qui sont nombreuses en amont de Julafundo à utiliser le mercure (et non celles qui lavent l’or « à la battée» ) doivent également sortir du fleuve, comme cela est engagé au Mali. C’est le même fleuve vivant en Guinée et au Mali, et la Convention Internationale qui règlemente le Parc National de Guinée doit y être strictement appliquée.

Oui, vivant sous toutes ses formes, le Fleuve est le sang et le bien le plus précieux des malinkés.

KelaMichel

Au clair de la Lune…Calendriers et dictionnaire.

28 janvier 2012

On sait comment chaque malien est attentif à la rigoureuse précision de SON heure: « Quinze heure et dix-sept minutes précisément» …par exemple: aucune contestation n’est admise.La justification de cette minutie règlerait l’heure de prier si l’on ignorait la très large plage de tolérance acceptée après l’appel du muezzin.
Il s’agit plus vraisemblablement d’une simple question de prestige personnel, régulièrement battue en brèche par le chaos -nous connaissons aussi en Occident- de rendez-vous systématiquement très approximatifs.

Au delà des simples manies minutées par nos amis africains, la vénération pour le calendrier (qui fait l’objet d’une chasse effrénée chaque Janvier) et le prestige dont on pare ici le dictionnaire marquent la vie quotidienne et les ambitions vocabulaires d’une opacité spectaculaire.

Ici la Lune (kalo) construit le Temps qui, ailleurs, suit le Soleil (tele).

Le calendrier d’abord, ou plutôt « les»  calendriers puisque la même affiche cartonnée associe dans son redoutable panthéon le comput musulman et le calendrier grégorien qu’elle juxtapose assez joyeusement: les mois et les jours de la vie quotidienne s’enchevêtrent donc systématiquement de « farafin kalo»  à « toubabou kalo» , et celui qui vous programme impérativement le 17 du mois prochain n’indique pas toujours le comput de référence.
Cet instrument majestueux, qui doit règler le temps qui vient et organiser un peu le vivre-ensemble, installe ainsi pour chacun un questionnement souvent problématique: mais toujours celui qui n’a pas gagné SON calendrier en début d’année se sentirait sans doute humilié s’il devait avouer la faute qui l’accable pour 12 mois désormais…

Chaque jour, d’ailleurs, l’apparition de la lune engage « le Blanc»  dans une grande confusion, puisque AUJOURD’HUI (bi) traditionnel débute dès le coucher du soleil: donc à l’heure du repas du soir (après la prière fitiri) on annonce « ce matin»  pour la matinée qui viendra au lever du soleil!
Et le DEMAIN (sini) renvoie dès lors à notre après-demain… Ne vous énervez donc pas d’un rendez-vous d’artisan que vous attendrez par erreur au lever du soleil.

Pour le dictionnaire, il suffit de dire qu’il est vénéré comme le Saint-Sacrement, et classe son propriétaire dans les savants incontestables.
Ainsi, dès l’Ecole Fondamentale, on se met en chasse du Livre; avant même de connaitre vraiment l’alphabet ni, à plus forte raison l’orthographe ni les étymologies indispensables à qui veut feuilleter efficacement ce monstre de mots.
Rares sont pourtant les diplômés d’Etudes Supérieures qui savent en Occident utiliser vraiment cet outil très utile, au point que les ordinateurs du monde entier affichent utilement un opus « DICTIONNAIRE»  dont les automatismes imparables dispensent l’utilisateur d’Internet de manipulations interminables du papier imprimé.

Il serait humiliant, et sans doute très préjudiciable au développement de la pittoresque et lucrative FRANCOPHONIE, d’alerter le solliciteur africain sur la nécessité d’apprendre beaucoup et de tout savoir avant de prétendre faire du fameux dictionnaire un ami exigeant.

Le signal d’un danger n’est pourtant jamais inutile aux libertés responsables de chacun.
Courage donc « toubabou»  pour bien vivre nos calendriers, et un peu de prudence « farafi»  dès que tu as enfin TON dictionnaire!

Et bienvenue au Mali, à Kela et à la Bibliothèque du Mandé: ici, très loin du Petit Larousse, on dit « Bibliothèque du Mandé»  MANDENKAW KA SEBE MARA YORO, comme « kalo»  dit en même temps la Lune et le Mois.

KelaMichel

Mandenkaw ka sebe mara yoro: la bibliothèque tam-tam…

30 janvier 2012

On peut s’étonner que le livre semble souvent très loin des articles que nous publions ici: chacun des sujets simplement évoqués est pourtant un bébé de la Bibliothèque du Mandé à Kela.

Car une bibliothèque, partout, est une porte ouverte sur la vie, toujours bien au-delà des images traditionnelles de Culture et de Connaissance.
Le vrai nom de la Bibliothèque du Mandé est malinké, et on dit MANDENKAW KA SEBE MARA YORO.
Cette simple affirmation, et la décision originelle de faire de cette bibliothèque un medium pour dire et écouter le Mandé, posent clairement la démarche engagée depuis l’an 2000.

Les livres sont à Kela, venus de partout et qui traitent des sujets les plus divers dans toutes les langues.
Kela est au centre du Mandé depuis plus de 1000 ans sans doute et les griots ont porté leur connaissance du Mandé et de son Histoire très loin. Leur place est donc au centre du jeu, pour les récits du passé comme pour ce qui fabrique chaque jour l’Histoire de demain.
La bibliothèque est là pour appuyer cette fonction sociale essentielle, sans aucune fausse pudeur mais toujours dans le respect des hommes et des enfants qui sont nés là.

Ainsi, peu à peu, malinké de loin, on approche KELAMALI.COM depuis les USA, le CANADA, l’EUROPE ou la CHINE, pour connaitre plus vite les nouvelles du village, obtenir un contact perdu avec la famille au Mandé, agir si possible: un KEITA du Canada appuya ainsi fortement, à sa manière très efficace, l’action que nous avons engagée fin Novembre pour chasser le MERCURE mortel de notre Fleuve…

Loin de nous l’idée de prendre une place ou de déranger l’ordre qui fait la force du Mandé.

Notre TAM-TAM (disons TABALE) est simplement au service de tous.

KelaMichel

ALERTE MERCURE AU MANDE: MOBILISATION EFFICACE.

13 mars 2012

Une sérieuse mobilisation a immédiatement suivi l’alerte « Comme le serpent…»  que nous lancions fin Novembre pour un contrôle strict de l’extraction de l’or dans la fleuve Niger au Mandé: il fallait stopper tout de suite l’utilisation massive du mercure.
Nous avons relaté les interventions au fur et à mesure, qui témoignaient d’une réelle volonté d’agir, tant au niveau de la population et des autorités traditionnelles qu’à celui des autorités de l’Etat Malien représenté par le Préfet Diabate dans le Cercle de Kangaba.

Une récente visite sur place nous a permis de confirmer la rapide modification des systèmes de production: les dragues utilisant le mercure font maintenant appel à des groupes de femmes (notamment dans la population somono du fleuve) pour laver le sable et trier l’or en paillettes « à la battée»  sans mercure.
Donc du travail pour la population, sans danger de pollution massive.

Le Préfet Diabaté est très actif sur ce problème: il va réunir à Kangaba, avec l’aide des maires et des chefs de village de la zone tous les propriétaires exploitants de dragues, pour une information sur les dangers du mercure, la réglementation de l’exploitation de l’or par dragage du fleuve et les contrôles et sanctions qui seront mis en place par les autorités.
Nul doute que les différents ministères concernés soient associés à cette action.

Merci à chacun d’avoir agi fort au Mandé et de persévérer attentivement pour le futur des enfants.
On peut espérer maintenant.

KelaMichel

Le chef des griots

5 juillet 2013

Issa Diabate, Chef des Griots de Kela (jelikuntigi) à la suite de Demba Mahdi Diabate et de Yamudu Diabate, est décédé ce Vendredi 5 Juillet 2013.
Mamadou Ba Kamissoko nous informe par téléphone.
Malgré une santé très fragile depuis sa désignation naturelle il y a peu, Issa Koroba a pu assurer la continuité avec l’aide de ses « fils»  Dieteneh Fanta Mahdi Diabate, Taïrou Diabate et Modibo Diabate.
On célèbrera son décès dans 4O jours, comme d’usage. Ensuite sera déterminé son successeur d’âge, qui devra accepter la lourde charge de représenter officiellement la communauté des griots de Kela.

KelaMichel

PEUT-ETRE ENCORE UN PEU…

3 janvier 2015

Ce message de voeux pour la nouvelle année 2015 atteindra peut être ceux d’Afrique, de France et d’ailleurs qui
essayent de savoir ce que devient notre Bibliothèque du Mandé à Kela.
Depuis la France, je ne dispose guère de moyens sûrs pour connaitre les réalités du moment: il semble que l’aventure débutée en 2001 continue… à condition de l’amitié de MamadouBa Kamissoko, du profeseur Seydou Diarra et de notre ami Gorgi, les 3 fidèles de Kela.
Si vous avez l’occasion d’un voyage au village, ils sauront vous accueillir, vous guider et vous protéger.
Bonne chance et courage!
KelaMichel

France: 0033 662908770

Mamadouba et Naima Kamissoko

12 octobre 2015

Mamadouba, le fils de Mansa Kamissoko, a un deuxième fils. Il sera baptisé à Kela le week-end du 19 Octobre prochain.
Felicitations à Mamadouba, à sa femme Naima et à tous ceux de kamissoko-la.
KelaMichel

Dieteneh Madi Diabate, jelikuntigi.

30 octobre 2015

Dieteneh Madi Diabate est l’actuel chef des griots (jelikuntigi) de Kela.

On connait l’importance de cette place, bien au-delà du village et au-delà même du Mandé, car les griots de Kela ont une autorité déterminante en Afrique de l’Ouest depuis des siècles et le jelikuntigi (Dieteneh Madi aujourd’hui) est leur porte-parole décisif.
Avant même son pélerinage à la Mecque puis sa désignation comme chef des griots, celui-la était déjà un membre respecté de la communauté de Kela et l’un des donsos (membre de la confrérie des Chasseurs) les plus écoutés.

C’est mon ami personnel : nous sommes de la même classe d’âge, celle du Fer (NEGASI) et la femme griotte de Dieteneh, Binta Kouyate, m’a la première « chanté»  avec respect et affection.
La présence de ce couple a guidé mon travail à Kela dès l’origine.

Pour chacune de ces raisons, il faut vous faire accompagner chez eux et les saluer de ma part, dès votre arrivée au village, vous trouverez ainsi très naturellement votre place: pour l’anecdote, les sobriquets de Dieteneh Madi sont « SAN TAN DOUROU»  (âgé de 15 ans, par référence à son caractère et à sa séduction de jeune homme) et « VIEUX PROPRE»  à cause de son éternelle élégance.

La réalité de Kela sera toujours éclairée sincèrement par ceux-là.

Bienvenue au village.
KelaMichel

Massetou Diabate

16 novembre 2015

Nous apprenons le deces à Kela de Massetou Diabate, la mère du Maître chasseur Balafitini et de Modibo Diabate le porte parole écouté de la jeune génération.
Pour chacun de nos amis, leurs enfants, leur famille et pour la communauté des griots de Kela, nos pensées fidèles et amicales.
Ce décès qui touche nos amis frappe le Mande bien au delà des limites de notre village.
KELAMICHEL

Une nouvelle année…

1 janvier 2016

Pour chacun à Kela et au Mandé, que 2016 débute dans la douceur.
Heureuse année nouvelle, dans la force retrouvée du Mali, pour les Diabate, les Kamissoko, les Diawara, les Konate et les Haïdara de notre village.
Pour tous les élèves du Collège de Lacine Diarra aussi.

Michel